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Macro-économie / Taux / récolte / Assurance / France

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Une assurance récolte loin de tourner à plein régime / La lourdeur administrative tricolore n’y serait pas étrangère

Pourtant largement subventionnée, l’assurance récolte est aujourd’hui assez peu souscrite en France. Il est dès lors difficile de penser que la seule variable monétaire est capable de changer la situation.
Récolte en France. Photo by Jean-Christophe VERHAEGEN / AFP
Récolte en France. Photo by Jean-Christophe VERHAEGEN / AFP

Une assurance qui n’est pas faite pour tout le monde, loin de là. Un constat partagé par trois chercheurs, dans un billet publié sur le site de la Banque de France, dans lequel ils arguent que les assurances récoltes bénéficient bien aux agriculteurs mais ce de façon très hétérogène. Les données qu’ils ont collectées démontrant que "les exploitations de plus grande taille et les exploitations diversifiées tirent notamment des bénéfices beaucoup plus faibles, voire négatifs, de leurs souscriptions".

Pourtant ce ne sont pas ces acteurs qui ont le moins recours à ce mécanisme, bien au contraire puisqu’il est identifié une " sélection ‘contraire’ où, dans la plupart des cas, les agriculteurs qui bénéficieraient le plus de l'assurance ont tendance à s'assurer le moins". Ce pan du secteur agricole serait composé tant de petites exploitations diversifiées que d’autres qui ne souscrivent pas pour des raisons telles que des barrières non financières.

 

Cœur du problème

 

Mettre davantage d’argent sur la table ne les inciterait pas donc à souscrire davantage tout du moins directement, les auteurs suggèrent de consacrer davantage de moyens aux obstacles que ce sont le manque d’accès à l’information et la lourdeur administrative des démarches. Regardant ce qui fait ailleurs, il n’est d’ailleurs pas proposé de s’inspirer d’un modèle américain jugé comme favorisant les grandes exploitations.

Il s’agit davantage de faire progresser la proportion d’assurés qui n’est que 13,3 % en France, à date de 20203, alors même que des contrats sont disponibles avec une subvention à hauteur de 65 %. Pour ce faire, un ciblage plus fin est nécessaire étant donné qu’il est considéré que "la poursuite d'un objectif de 100 % d'agriculteurs assurés n'est peut-être ni réalisable ni souhaitable". Une ébauche de solution est évoquée comme étant ressortie de la réforme du marché français de l'assurance récolte survenue en 2023.

 

Plus loin

 

Les conclusions de ces travaux sont rapportées comme étant les suivants ; d’une part " des obstacles à une extension généralisée de la couverture [qui] sont élevés " et de l’autre des acteurs loin d’être parvenus à des solutions consensuelles. Les conséquences auraient néanmoins été remarquées il y a deux ans, puisque le taux de souscription se serait nettement amélioré avant de voir le soufflet retomber en 2024.

En définitive les recommandations des auteurs sont assez claires. Ils conseillent de "mettre l’accent sur les frictions cognitives et comportementales [qui] pourraient avoir un effet beaucoup plus important sur la souscription d’assurance que des hausses directes des taux de subvention ". C’est en tout cas ce qui ressort des analyses contrefactuelles menées par leurs soins ayant comparé la volonté de souscrire d’agriculteurs comparables aux bénéfices qu’ils en tireraient.

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