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M6 poursuit ses ambitions dans le streaming / Le statut d’indépendant de CMA CGM au conseil de surveillance prend fin
La consigne chez M6, pour l’année 2024 et les suivantes, avait été donnée : cap sur le streaming. Et alors que le groupe vient de dévoiler ses comptes annuels, il s’y lit effectivement que l’objectif a bien été poursuivi. La sixième chaîne a investi 46,4 millions d’euros de coûts opérationnels en ce sens l’an passé, ce qui lui aura notamment permis de lancer sa plateforme M6 + en mai. Un montant s’inscrivant dans l’enveloppe qui pourrait monter à 100 millions d’euros que l’entreprise, désormais présidée par David Larramendy, prévoit de consacrer au streaming d’ici à 2028. Le seuil de rentabilité devrait de son côté être franchi un an plus tôt.
En attendant, le chiffre d’affaires découlant des diffusions de vidéos en flux de M6 a grimpé de 34,2 % sur un an, pour atteindre 99,5 millions d’euros. Il a représenté l’année dernière 9,6 % des revenus totaux du pôle vidéo du groupe, contre 7,1 % en 2023.
Car M6 le sait. Les modes de consommation des contenus vidéos ont changé. D’où l’intérêt d’accélérer sa stratégie de transformation digitale. La digitalisation (soit le streaming et le différé) de ces derniers a poursuivi sa croissance en 2024 dans la consommation totale en télévision. À l’inverse, les parts d’audience des chaînes en clair du groupe (M6, W9, 6ter et Gulli) sont restées stables. Leurs performances auprès de la tranche d’âge 25-49 ans ont aussi été pénalisées par la diffusion des Jeux Olympiques et Paralympiques de Paris sur les chaînes publiques. Ainsi, la part d’audience de la chaîne M6 s’est élevée à 7,8 % l’an passé. Du côté du pôle audio, les parts d’audience ont légèrement augmenté de 0,2 point l’année dernière, pour se fixer à 22,2 %.
Le second semestre pèse sur la publicité
En tout, le chiffre d’affaires de M6 est resté stable en 2024, autour de 1,3 milliard d’euros. Une croissance essentiellement freinée par la performance contrastée du chiffre d’affaires publicitaire vidéo, qui représente 912 millions d’euros. Au premier semestre, il s’était apprécié de 7,2 %, avant de se tasser à hauteur de 5 % sur la seconde partie de 2024. En cause, un fort recul de ce marché en fin d’année du fait des incertitudes économiques et politiques, explique M6. Ce facteur, associé aux investissements dans le plan streaming, a logiquement pesé sur le résultat opérationnel courant (EBITA) de la filiale de l’Allemand Bertelsmann. Ce dernier a atterri à 242,1 millions d’euros, traduisant une baisse de 19,5 % sur un an. La marge correspondante a quant à elle baissé de plus de 4 points, à 18,5 % du chiffre d’affaires.
En 2025, ce "plan streaming" sera en tout cas poursuivi, assure M6. L’ambition sera que son chiffre d’affaires dépasse les 200 millions d’euros en 2028 et que les heures visionnées sur la plateforme, au cours de la même période, se situent au-delà du million. Comme cela avait été annoncé en février 2023, il sera proposé à la prochaine assemblée générale de voter un dividende de 1,25 euro, offrant un taux de distribution du résultat net (de 173,1 millions d’euros en 2024, en baisse de 27 %), de 9,4 %.
Par ailleurs, sur recommandations du comité des nominations, le conseil de surveillance de M6 a acté que CMA CGM Participations ne pouvait plus être considéré comme indépendant. Pour mémoire, l’armateur s’est renforcé ces dernières années au capital du groupe, pour en détenir désormais environ 10 %. Nicolas de Tavernost, l’ancien patron historique de M6, a aussi pris le poste de vice-président de CMA Media (la filiale médias de CMA CGM, détenant notamment La Tribune, La Provence ou BFM) un mois après l’annonce de son départ de la présidence du directoire du groupe. "Cette perte d’indépendance impose dès lors un élargissement de l’effectif du conseil de 5 nouveaux membres afin de respecter la présence d’un tiers de membres indépendants (hors salariés). L’entrée en vigueur de la CSRD impose par ailleurs de réunir prochainement un conseil de surveillance qui validera l’ordre du jour de l’assemblée générale mixte du 29 avril, dont la nomination des nouveaux membres et le renouvellement des mandats de Marie Cheval, Nicolas Houzé et Björn Bauer", ajoute M6.
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