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RTE / France / Investissements
Cette autre feuille de route à 100 milliards d’euros / Le réseau d’électricité français sera gourmand en investissements
On fait feu de tout bois chez RTE. Le gestionnaire du réseau de transport compte bien investir près de 94 milliards d’ici à 2040 en menant trois combats de front. Tout d’abord, il s’agit de rendre possible des transformations nécessaires au bon fonctionnement du réseau de transport d’électricité, le tout en veillant à inciter à la réindustrialisation et à la décarbonation de l’Hexagone.
Autre point clé souligné par RTE, la nécessité de renforcer la souveraineté tricolore. L’échelle continentale est également évoquée avec un plan qui "a pour ambition de maximiser les retombées économiques en France et en Europe". Xavier Piechaczyk, président du directoire de RTE, allant jusqu’à dire qu’il s’agit "d’un acte industriel et souverain car la transformation du réseau doit être synonyme de croissance économique et d’emplois en France et en Europe". L’évolution du réseau est envisagée selon lui comme une partie prenante de l’équation de la réindustrialisation française conjuguée à la décarbonation.
Ruissellement
Un chiffrage est fourni concernant les retombées pour l’économie de l’Hexagone, en raisonnant à l’échelle des gestionnaires de réseaux comme de leurs fournisseurs et prestataires. Ce ne sont pas moins de 8 000 à 12 000 emplois supplémentaires qui pourraient voir le jour d’ici à 2030. La filière tirant les fruits d’investissements décuplés dans les réseaux de distribution et de transport d’électricité.
Le président du directoire escompte bien que "l’électricité bas-carbone devienne la source d’énergie majoritaire dans le mix énergétique français à un moment où la France s’est fixée des objectifs ambitieux de décarbonation et de réindustrialisation". Parmi l’enveloppe évoquée, ce ne sont pas moins de 24 milliards d’euros qui sont envisagés afin de renouveler quelque 85 000 pylônes et 23 500 km de lignes.
Innover
Le gestionnaire évoque aussi la nécessité de raccorder l’ensemble des moyens de production et de consommation d’électricité. Ce qui se traduit concrètement par le raccordement infrastructures, qu'elles soient existantes ou à venir, au réseau. On y retrouve pêle-mêle des datacenters à naître ou des usines s’électrifiant. Le développement de moyens de production décarbonés "sur l’ensemble du territoire (nucléaire, éolien en mer et renouvelables terrestres) occupe une place majeure dans ce programme industriel" détaillé par RTE.
Il faudra être sur tous les fronts pour parvenir tant à prévoir le raccordement des futurs EPR 2 - envisagés à l’horizon 2040, que celui des énergies renouvelables en mer – en tenant compte du fait qu’il faudra construire un réseau de transport en mer inexistant actuellement et enfin réussir le raccordement des énergies renouvelables terrestres. Un ensemble de priorités au coût conséquent puisqu’il est rapporté que 53 milliards d’euros sont envisagés pour les projets mis en service avant 2040. Dans le même temps, la stratégie de renforcement des infrastructures existantes est évaluée à 16,5 milliards d’euros.
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