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Comment Accor veut continuer à maîtriser son destin / Une ambition d’excellence clairement affichée pour 2025
Pourquoi changer une équipe qui gagne ? Alors que le mandat de Sébastien Bazin, président-directeur général d’Accor, devait s’achever en 2026, le conseil d’administration du groupe a décidé, à l’unanimité, de proposer, par anticipation, le renouvellement de ses fonctions pour une durée de 3 ans… soit jusqu’en 2028. "Lors de sa réunion du 19 février dernier, le conseil d’administration a confirmé une nouvelle fois l’importance stratégique des objectifs fixés par le groupe à l’horizon 2027 dans le cadre du capital market day et de la poursuite de la feuille de route engagée par l’équipe pour atteindre ses objectifs", a fait savoir l’entreprise à l’occasion de la publication de ses résultats financiers annuels.
"Money time"
Il faut dire qu’en appliquant la devise de son emblématique patron : " ambition, discipline et exigence", le géant de l’hôtellerie a enregistré une nouvelle année record en 2024, et même supérieure aux attentes, "confirmant ainsi le redressement pérenne et durable de l’activité, la pertinence de notre modèle de croissance et la stabilité de son exécution ", s’est félicitée Martine Gerow, la directrice financière du groupe, à l’occasion d’une conférence téléphonique. L’année dernière, Accor a vu ses revenus progresser de 11 % sur un an, à 5,6 milliards d’euros, se décomposant à une progression de 5 % pour la division Premium, Milieu de gamme et Economique (PM & E), et un bond de 19 % pour la division Luxe & Lifestyle.
L’excédent brut d’exploitation courant (EBE courant) s’est établi à 1,12 milliard d’euros, en hausse de 12 % par rapport à 2023, soit un nouveau record pour l’entreprise et dans le haut de la fourchette prévue (entre 9 et 12 %). "Le free cash-flow récurrent du groupe s’est également amélioré, s’élevant à 614 millions d’euros en 2024 ", a précisé la directrice financière. L’année dernière, Accor a dégagé un bénéfice net de 610 millions d’euros. "Accor a connu une excellente tenue de la demande au quatrième trimestre avec une croissance du RevPar (revenu par chambre) de +5,8 % sur un an en données comparables, et sur l’année une croissance de 5,7 %, ce qui est légèrement au-dessus des prévisions que nous avions communiquées ", a précisé Martine Gerow.
La complémentarité fait la force
Dans le détail, s’agissant de la division PM & E, la variation du RevPar est redevenue positive en décembre dernier en France du fait d’une forte demande internationale, et notamment de la part de la clientèle américaine, portée par la réouverture de Notre Dame de Paris et l’effet post-Jeux olympiques. La région Moyen-Orient-Asie Pacifique affiche un RevPar en hausse de 5 % au quatrième trimestre, tiré pour deux tiers par les prix et un tiers par le taux d’occupation. "Avec notamment un fort rebond en Arabie saoudite, ce pays rencontrant de fortes demandes qui se reflètent dans le taux d’occupation qui est désormais à 70 %, soit 10 points au-dessus du niveau avant-crise", a-t-elle souligné, annonçant également que le Pacifique a renoué avec la croissance au quatrième trimestre. "En Chine, la situation s’est améliorée par rapport au trimestre précédent, bien que la variation du RevPar soit restée négative sur un an ", a indiqué la directrice financière. "Elle sera a minima stable en 2025", assure le patron de la division à WanSquare, Jean-Jacques Morin.
La division Luxe & Lifestyle, pilotée, rappelons-le par Sébastien Bazin, a affiché sa meilleure croissance trimestrielle de l’année 2024, au cours des derniers mois de l’année, avec un RevPar en hausse de 10 % sur un an, tiré aussi bien par les prix que par le taux d’occupation.
Une politique attrayante de retour à l'actionnaire
Des performances trimestrielles et annuelles qui ont permis à Accor de proposer une politique de rendement pour l’actionnaire attrayante en versant 686 millions d’euros de dividendes en 2024, ce qui a contribué à un cours de l’action proche de son record de 2015. Pour mémoire, l’entreprise a en effet réalisé, l’année dernière, la meilleure performance du CAC 40. Et cette générosité va se poursuivre puisqu’un dividende ordinaire de 1,26 euro par action, en augmentation de 7 % par rapport à celui versé en 2024, sera proposé lors de l’Assemblée générale des actionnaires du 28 mai prochain.
"Sur ces bases solides, et en continuant à maîtriser notre destin, nous abordons l’année 2025 avec confiance et l’ambition d’afficher à nouveau d’excellents résultats. ", a affirmé Sébastien Bazin. Si le groupe a confirmé ses perspectives de moyen terme, à savoir notamment une croissance annuelle du RevPar entre 3 % et 4 %, une croissance de l’EBE courant entre 9 % et 12 %, une conversion en free cash-flow récurrent supérieure ou égale à 55 % et un retour aux actionnaires d’environ 3 milliards d’euros sur la période 2023-2027, l’entreprise a également annoncé le lancement au cours du premier trimestre 2025 d’un nouveau programme de rachat d’actions, pour un montant de 440 millions d’euros.
Priorités stratégiques pour 2025
Et pour l’année à venir, les priorités du groupe sont claires : Accor lancera le processus de cession d’AccorInvest, son pôle immobilier (propriétaire de Formule 1, dont Accor possède uniquement la marque), dont il détient encore 30 %. Une opération qui devrait durer 18 moins environ. Par ailleurs, un focus de développement de ses hôtels sera mis en œuvre en Inde, au Brésil et en Chine. "Des marchés où il faut être du fait de la démographie grandissante de ces pays et de la montée en puissance de la classe moyenne désireuse de voyager" nous explique Jean-Jacques Morin. La poursuite de l'excellence opérationnelle sera de nouveau mise à l'honneur grâce au recours du cloud et de l'intelligence artificielle.
Côté lifestyle, des réflexions stratégiques sur Ennismore (Accor en possède 62% des parts au capital) seront engagées. "L'idée est de continuer à développer cette 'perle' du Groupe. Pour assurer le succès de son développement, il est clef qu’Ennismore garde son autonomie", poursuit le directeur général adjoint.
Enfin, l’entreprise réfléchira - comme elle le fait déjà actuellement - à la suite en termes de gouvernance. "Un plan de succession se met en place, nous devons d'ores et déjà penser à ceux qui dirigeront le groupe dans trois ans et qui prendront la suite en 2028, que ce soit à la tête des divisions ou à la direction financière", confie-t-il.
A noter d’ailleurs que le conseil d’administration a également décidé, à l’unanimité, de nommer, à compter de la date de la prochaine assemblée générale, et sous réserve du renouvellement de son mandat d’administrative, Isabelle Simon, secrétaire générale de Thales, vice-présidente du conseil d’administration et administratrice référente en remplacement d’Iris Knobloch.
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