Entreprises / Actions / Renault
Entreprises / Actions
Renault
L’essor de l’offensive produit chez Renault se traduit dans les comptes / Le groupe affronte les nouvelles normes CO2 en accélérant sur l’électrique
En présentant jeudi les résultats annuels 2024 de Renault, Luca De Meo, directeur général du constructeur automobile français, ne manquait pas de motifs de satisfaction à faire valoir. Sur le plan commercial notamment. "Renault a retrouvé sa juste place, passant de la cinquième à la troisième position en Europe", a souligné le dirigeant aux analystes, la marque au losange étant l’une des trois seules à avoir dépassé le million de véhicules vendus l’an dernier sur le Vieux Continent.
Renault dispose d’ailleurs aujourd’hui de sa "meilleure gamme depuis trente ans", a-t-il souligné. A cet égard, l’année 2024 a marqué "un véritable feu d’artifice", a poursuivi le dirigeant. Un défi relevé sans encombre, qui a démontré "l’efficacité et la solidité de notre organisation", "un véritable stress test […] qui plus est dans un contexte de renforcement réglementaire", a ajouté Luca de Meo.
16 mois pour développer un nouveau véhicule
Si dans le passé, quatre à six ans étaient nécessaires pour développer un nouveau véhicules, Renault y parvient désormais en deux ans. Sa nouvelle Twingo 4 électrique dont le lancement est prévu en 2026, aura été développée en 21 mois. Et Dacia, la marque "abordable" du groupe, est actuellement en train de développer en Europe un nouveau véhicule électrique en 16 mois seulement. "Et je défie qui que ce soit de pouvoir en faire autant, y compris les Chinois", a déclaré le dirigeant.
L’avantage de cette nouvelle vitesse à concevoir de nouveaux modèles n’est pas que commercial. "Lorsque que vous passez de plus de trois ans à deux ans de développement, selon notre estimation, nous réduisons les coûts de développement de 30%", a indiqué Luca de Meo.
Cette course au développement va ainsi de pair avec des performances financières de haut niveau. En la matière, Renault a dépassé l’an dernier les anticipations. Son chiffre d'affaires de l'industriel a atteint à 56,2 milliards d'euros, en croissance de 7,4%, et sa marge opérationnelle a été la plus élevée jamais réalisée en valeur absolue, à 4,3 milliards d’euros, soit 7,6% des ventes. Là où les analystes attendaient en moyenne un chiffre d’affaires de 54,5 milliards d'euros et une marge opérationnelle de 4,2 milliards d’euros.
Pour la suite, l’enjeu se situe du côté de l’électrique. "L’éléphant dans la pièce" est la réglementation CAFE (Corporate Average Fuel Economy), qui impose désormais aux constructeurs de respecter un seuil d'émission de CO2 abaissé à 81 grammes par kilomètre parcouru en moyenne pour leur gamme de véhicules, contre 95 g/km en 2024. Pour s’y conformer, ils n’ont d’autre choix que d’accélérer la part des véhicules électriques. Il est admis que celle-ci devra représenter environ 25 % des ventes pour éviter une potentielle amende, que le groupe ne pense cependant pas pouvoir éviter, en tout cas pas cette année.
7 nouveaux modèles en 2025
Mais l’impératif est d’en limiter l’impact. "Nous y répondrons avec deux leviers : d’abord, en maximisant la pénétration des véhicules électriques et hybrides, tout en ajustant les volumes de véhicules thermiques", a expliqué Luca de Meo. Le groupe n’en est qu’au début de son offensive dans l’électrique, lancé avec la Renault 5. A fin décembre, les véhicules électriques représentaient 17,3 % de son carnet de commandes, une proportion qui "ne cesse de croître" affirme le dirigeant. Sachant qu’en tout, Renault a prévu de lancer sept nouveaux modèles (dont la nouvelle Renault 4) et de procéder à deux restylages en 2025, couvrant à la fois les segments électrique, thermique et hybride sur les marchés européens et internationaux.
Les effets de la réglementation CAFE obligent néanmoins le constructeur à une certaine prudence dans la formulation de ses perspectives pour 2025. Le groupe vise une marge opérationnelle supérieure à 7 % cette année, avec un effet négatif d’un point lié à cette réglementation. D’où la réaction prudente des investisseurs à ce stade. Jeudi après-midi, l’action Renault cédait 3,4%, à 49,5 euros. Une bonne surprise ultérieure n’est toutefois pas à exclure, alors qu’un décalage, voire une suppression de ces règles, sont actuellement discutés au niveau européen.
Reproduction et diffusion interdites sans autorisation écrite

