WAN
menu
 
!
L'info stratégique
en temps réel
menu
recherche
recherche

Entreprises / Actions / Clariane

Entreprises / Actions
Clariane

Clariane s’oriente vers une reprise progressive en 2025 / Les cessions d'actifs et l'amélioration des taux d'occupation resteront clés

Clariane a enregistré une nouvelle perte en 2024, mais la situation s’améliore. Malgré une dette toujours élevée, les performances opérationnelles et les cessions d’actifs ouvrent la voie à un redressement progressif.
Sophie Boissard, la directrice général de Clariane - Photo by JULIEN DE ROSA / AFP
Sophie Boissard, la directrice général de Clariane - Photo by JULIEN DE ROSA / AFP

Clariane est demeuré déficitaire en 2024. Il n’existe pas de raccourci pour permettre au premier acteur privé de maisons de retraite en France de renouer rapidement avec les bénéfices. Un état de fait confirmé par la lecture des comptes de l’exercice écoulé du premier acteur privé de maisons de retraite en France, accueillis par une baisse de 2,5 % de son cours de Bourse, qui s’échangeait mardi autour de 3 euros.

L’exploitant de maisons de retraite et de cliniques, qui publie ses résultats sous deux formats – avec et sans les normes comptables IFRS 16 – a enregistré une perte de 55 millions d’euros dans un cas, réduite à 20 millions d’euros dans l’autre. Le résultat net "pré-IFRS 16" donne une vision plus claire de la rentabilité de Clariane, sans l’impact des ajustements comptables liés aux loyers reclassés en dettes et en amortissements.

Les deux sont en amélioration toutefois par rapport à l’exercice précédent, marqué par des pertes historiques (105 et 63 millions d’euros respectivement) en raison de dépréciations d’actifs liées à des cessions, de coûts de restructuration et de refinancement, ainsi que d’une hausse des charges opérationnelles. Car tous les opérateurs d’Ehpad sont confrontés à une inflation de leur masse salariale, destinée à améliorer la qualité des services dans un contexte sociétal devenu crucial, notamment depuis le scandale du concurrent Orpea, désormais rebaptisé Emeis.

Dans ce contexte, il est intéressant de constater que le résultat "pré IFRS 16" des activités poursuivies a été lui positif de 5 millions d’euros contre une perte de 49 millions d’euros en 2023. Ce qui signifie que les activités conservées après les cessions d’actifs sont rentables. Pêle-mêle, le groupe a cédé l’an dernier l’ensemble de ses activités et actifs au Royaume-Uni, mais aussi des actifs immobiliers aux Pays-Bas, ou encore son activité de résidences services "Les Essentielles". En tout, Clariane, a vendu pour 504 millions d’euros d’actifs l’an dernier, soit un peu plus de la moitié de son objectif d’un milliard d’euros d’ici 2025, l’un des piliers du programme de désendettement de l’entreprise.

 

De nouvelles transactions "en cours"

 

Et bien que le groupe ait dû réaliser ces opérations dans un contexte financier un peu tendu, ces actifs ne sont pas bradés. "Ces transactions ont été réalisées à des multiples variant entre 11 et 13 fois l’Ebitda 2024", a indiqué Sophie Boissard, la directrice générale de la société, lors d’une conférence téléphonique. Des niveaux de valorisation qui témoignent de l’existence d’acheteurs. "Par ailleurs, nous avons également cédé des activités médico-sociales, notamment des Ehpad, des maisons de retraite et des cliniques, en Italie. Plusieurs autres opérations sont actuellement en cours en France. Il existe une forte demande, principalement de la part d’acteurs stratégiques qui cherchent à densifier leur réseau à l’échelle locale", a ajouté la dirigeante. Et alors que le groupe doit encore céder pour 500 millions d’euros d’actifs cet année pour respecter sa feuille de route, Sophie Boissard confie qu’"une dizaine d’opérations sont aujourd’hui en cours".

Si la dette - 3,45 milliards d’euros à fin 2024 - reste au centre des préoccupations, le récent accord trouvé par le groupe avec ses banques pour conclure avec eux un amendement de son crédit syndiqué ainsi qu’un nouveau prêt immobilier, lui a permis de desserrer ses contraintes financières.

Sur le plan opérationnel, les performances réalisées l’an dernier par le groupe se sont révélées conformes aux anticipations, avec un chiffre d’affaires en hausse de 4,6 %, à 5,28 milliards d’euros, et un excédent brut d’exploitation (Ebitda) retraité des loyers, en progression de 2,4 % en 2024, à 1,15 milliard d’euros. Une évolution soutenue notamment par la poursuite de l’amélioration du taux d’occupation des maisons de retraite, remonté à 89,1 % en 2024, contre 87,5 % en 2023. Et le groupe semble se diriger vers une "reprise progressive" en 2025, jugent les analystes d’Oddo BHF, au vu notamment "de bons effets prix, particulièrement en Allemagne" et de la "montée en puissance aux Pays-Bas" observés fin 2024.

Vous souhaitez réagir à cet article ou apporter une précision ?
Commentez cet article