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Publications, Résultats / Saint-Gobain / résultats annuels / Benoit Bazin / construction

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Saint-Gobain / résultats annuels / Benoit Bazin / construction

La crise de la construction neuve ne souffle pas sur les résultats de Saint-Gobain / Rendez-vous en octobre pour détailler la suite d'une stratégie gagnante

Après avoir enregistré un nouveau record de marge d’exploitation en 2024, le géant des matériaux de construction précise ses objectifs en la matière pour 2025. Une année qui sera la dernière d’exécution de son plan stratégique en cours, lui ayant permis de se rendre moins perméable à la crise de la construction neuve en Europe, bien qu’ayant forcément eu un impact sur son niveau d’activité. Fort de ses sillons de croissance déjà tracés, Saint-Gobain organisera une journée investisseurs le 6 octobre prochain afin de présenter ses nouvelles ambitions.
 (Photo by Philippe TURPIN / Photononstop / Photononstop via AFP)
(Photo by Philippe TURPIN / Photononstop / Photononstop via AFP)

Cela fait maintenant quelque temps que Saint-Gobain a pris l’habitude de signer une marge d’exploitation à deux chiffres. L’exercice 2024 n’aura pas fait défaut à cette tradition pour la quatrième année consécutive. Le géant des matériaux de construction a atteint un nouveau record en la matière, avec une marge de 11,4 % délivrée au titre de l’an passé. Alors que les prévisions oscillaient généralement entre une fourchette et une cible à deux chiffres, cette fois, le groupe a décidé de préciser ses intentions.

En 2025, il visera une marge d’exploitation supérieure à 11 %. "C’est au-delà de l’objectif qui avait été fixé dans notre plan stratégique 'Grow and Impact'. Nous allons terminer notre dernière année d’exécution de cette feuille de route en transformant ce qui était jusqu’ici le plafond, en plancher. Pour un fabricant de matériaux de construction, c’est un savoir-faire reconnu", a souligné le président-directeur général de Saint-Gobain, Benoit Bazin, lors de la présentation de ses résultats annuels, lui ayant aussi permis de faire état d’un flux de trésorerie libre à un nouveau plus haut historique de 4 milliards d’euros, en hausse de 3,1 %. Le résultat net courant a, lui aussi, atteint un record en progressant de 1,7 %, à 3,47 milliards d’euros.

 

Du mieux en fin d’année

 

Si le groupe se montre ainsi confiant, malgré un environnement de marché délicat - la crise de la construction neuve en Europe n’étant pas un secret -, c’est qu’il peut profiter d’un modèle lui permettant de se rendre moins docile aux tribulations de la conjoncture. Ce qui se traduit dans sa publication annuelle. Certes, le chiffre d’affaires de la compagnie a subi l’année dernière un recul de 2,2 % à taux de change constants, pour un montant de 46,6 milliards d’euros. La conséquence d’un environnement de marché défavorable, tout particulièrement en Europe donc, où l’activité du groupe a fléchi de 6,3 % sur l’année. Et ceci malgré son exposition à la rénovation (60 % des ventes), qui a mieux résisté. En revanche, quelques signaux d’amélioration semblent se dessiner, du fait d’une amélioration sensible de l’activité entre le premier et le deuxième semestre.

De même à l’échelle de l’ensemble du groupe. Alors qu’au titre des six premiers mois de l’année, les revenus avaient marqué le pas à hauteur de 4,9 %, la seconde moitié de 2024 a fait état d’une baisse plus limitée de l’activité, de 2,3 %, avec une activité stable ou en croissance dans tous les segments en dehors de l’Europe. La tendance suit du côté des volumes, qui ont baissé de 3 % sur l’année, mais dans une moindre mesure entre juillet et décembre.

Le second semestre a aussi bénéficié d’une nette accélération de l’effet de périmètre, profitant des grandes acquisitions récemment réalisées par Saint-Gobain. CSR en Australie, Bailey et Building Products of Canada en Amérique du Nord, d’autres dans la chimie de construction, qui représente désormais 6,5 milliards d’euros de chiffre d’affaires annuel… Celles de Cemix (Ovniver) et de Fosroc sont en cours de consolidation. Il faut dire que Saint-Gobain a un appétit notable en la matière : il a signé un chèque de 5 milliards d’euros pour les quatre grandes acquisitions stratégiques finalisées en 2024. Et celles qui ont déjà été intégrées font leurs preuves. Chryso et GCP, qui avaient été les deux premières opérations phares en matière de chimie de construction, ont affiché une marge d’Ebitda de 20 % en 2024, en progression de 140 points de base sur un an.

 

Positionnement judicieux

 

D’autant que la stratégie de croissance externe de Saint-Gobain lui permet généralement de faire coup double. D’une part, elle lui offre l’opportunité de se renforcer sur des segments innovants et à forte valeur ajoutée. D’autre part, elle est aussi une manière de poursuivre son développement dans les géographies porteuses. Car plus des deux tiers du résultat d’exploitation du groupe (à un niveau record de 5,3 milliards d’euros en 2024) proviennent désormais des zones à plus forte croissance, que sont l’Amérique du Nord, l’Asie et les pays émergents. De fait, alors que le groupe tournait au ralenti en Europe - bien que sa marge d’exploitation y ait légèrement progressé, à 8,4 % -, l’Amérique du Nord et l’Asie-Pacifique restaient plus dynamiques. Les taux de croissance interne y ont respectivement été de 1,9 % et 0,6 %, pour une marge d’exploitation de 18 % dans toutes les Amériques et de 12,6 % en Asie-Pacifique.

Un positionnement international et sur des terrains d’activité d’avenir découlant de l’exécution de la feuille de route du groupe, lancée en 2021, qui touchera à son terme cette année et dont l’ensemble des objectifs financiers ont déjà été atteints ou dépassés. La conséquence, tout d’abord, du peaufinage du profil de croissance rentable du groupe. Car cette envergure internationale repose en effet sur une organisation décentralisée, avec la plupart des dirigeants des pays eux-mêmes originaires de ceux qu’ils dirigent. "Cela nous donne un avantage décisif pour gérer les coûts et les prix et créer des gains d’efficience, tout en proposant une gamme complète de solutions. Les équipes locales ont la responsabilité de leur compte de résultat", a expliqué Benoit Bazin. Une organisation locale, pour une clientèle locale et des produits qui ne voyagent pas, permettant au groupe de ne pas s’inquiéter outre mesure, par exemple, de la recrudescence des tensions commerciales. En 2024, les investissements industriels de Saint-Gobain ont aussi été portés à plus de 2 milliards d’euros, donc 800 millions d’euros dédiés à la croissance, avec 24 ouvertures de nouvelles usines et lignes de production, forcément concentrées sur les marchés en croissance structurelle.

 

Une rotation à l’œuvre

 

Si le groupe est tout particulièrement actif en acquisitions, il ne se prive aussi pas de se délester de ce qui n’entre plus en adéquation avec sa stratégie et son profil. Depuis 2018, une rotation d’environ 40 % des ventes a été mise en œuvre, avec 9,6 milliards d’euros de chiffre d’affaires cédés, dont la marge d’Ebitda était inférieure à 5 %. À l’inverse, Saint-Gobain a mis la main sur 6,8 milliards d’euros de chiffre d’affaires, d’une marge d’Ebitda d’environ 20 %. La compagnie, qui fête cette année ses 360 ans, s’appuie aussi sur son offre de solutions durables, qui représentent les trois quarts de ses ventes, afin de renforcer ses avantages compétitifs.

Et pour entretenir son titre de leader de la construction durable, Saint-Gobain n’oublie également pas de préciser qu’il peut allier croissance et performance environnementale, avec une réduction annuelle de 34 % de ses émissions de CO2 sur les scopes 1 et 2 par rapport à 2017 et une part d’électricité dans son mix ayant grimpé à 67 % en 2024, contre 57 % en 2023, notamment grâce à la signature de quatre nouveaux contrats en la matière. Le tout, sans oublier, forcément, les actionnaires. En 2024, les dividendes versés et les rachats d’actions ont représenté environ 1,5 milliard d’euros. Et lors de l’assemblée générale du groupe, qui sera convoquée le 5 juin prochain, la distribution en espèce d’un dividende en hausse de 5 %, à 2,20 euros par titre, sera proposée aux actionnaires de l’entreprise.

Le grand rendez-vous de 2025, pour Saint-Gobain, se déroulera toutefois le 6 octobre. Le groupe organisera en effet une journée investisseurs afin de présenter ses nouvelles ambitions stratégiques à la communauté financière. Si Benoit Bazin avait déjà signalé en janvier qu’elles seraient portées par la même vision, il l’a de nouveau rappelé en présentant les résultats : "Nous travaillons déjà au prochain chapitre, qui sera tourné vers la croissance et la surperformance et capitalisera sur nos fondations solides". En attendant de préparer la suite, dans l’immédiat, le groupe anticipe en Europe une reprise progressive en 2025, qui sera plus marquée au second semestre, en raison d’une stabilisation en cours des marchés de la construction. Le maintien d’un bon niveau d’activité est anticipé dans les Amériques et il est aussi prévu que l’Inde, l’Asie du Sud-Est et l’intégration de CSR en Australie, tirent la croissance de l’Asie-Pacifique.

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