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Les équipementiers automobiles dans la tourmente / Valeo s’en sort mieux que Forvia
Les publications de résultats des deux principaux équipementiers automobiles français tournent à la débâcle, dans des proportions allant du simple au double. Vendredi après-midi, Valeo et Forvia ont vu leur titre décrocher de 11,2% et 22,6 % respectivement.
Point commun aux deux entreprises : elles évoluent toutes les deux dans un environnement difficile, depuis plusieurs années. Si la production automobile mondiale s’était ressaisie en 2023, elle a de nouveau marqué le pas en 2024. Après une stabilité relative au premier semestre, elle a reculé de 2 % au second semestre.
En cause, en particulier, le rythme de l’électrification qui a ralenti en Europe et en Amérique du Nord, où la production de véhicules électriques a respectivement décru de 7 % (hors Russie) et progressé de seulement 3 % sur un an. Une situation préjudiciable pour les équipementiers qui ont massivement investi dans ce marché de l’électrification, encore loin de décoller.
Pourtant, ce ne sont pas les résultats de l’exercice 2024 de Valeo et Forvia, globalement conformes aux attentes, qui effraient les investisseurs. Il est vrai que Valeo avait abaissé à deux reprises durant l’année, en juillet puis en octobre, ses prévisions de chiffre d’affaires. Celui-ci s’est légèrement contracté, de 0,5%, l’an dernier, à périmètre et taux de change constant. Chez Forvia, le chiffre d’affaires a même légèrement cru de 0,4% en base organique.
Dans les deux cas, la rentabilité fait mieux que résister, avec une marge en progrès à 4,3% chez Valeo, contre 3,8% en 2023, et quasiment stable pour Forvia à 5,3% (contre 5,2%).
"La meilleure efficacité de notre R&D et la réduction de notre point mort grâce aux efforts de réorganisation, d’adaptation et de simplification nous ont permis d’améliorer de manière structurelle notre marge brute, notre Ebitda, notre marge opérationnelle et notre génération de cash-flow", a souligné à juste titre Christophe Périllat, le directeur Général de Valeo.
Un désendettement poussif
Ce qui frappe, dans le cas de Valeo, c’est l’ampleur des annulations de commande de la part des clients provoquées par l’environnement économique et technologique instable. Ces annulations ont totalisé 7,3 milliards d'euros en 2024, soit l’équivalent de 10 % de ses prises de commandes pour 2022 et 2023.
Effet collatéral de cette activité ralentie, le désendettement avance doucement. La dette a pu être réduite de 215 millions d’euros l’an dernier, uniquement grâce aux cessions d’actifs. "Valeo ne se désendette toujours pas réellement de manière organique", note ainsi le cabinet Oddo BHF, même si le ratio d’endettement (dette nette rapportée à l’Ebitda) de 1,3 demeure maîtrisé.
La situation en la matière est bien plus tendue chez Forvia, dont c’est d’ailleurs "la priorité absolue", au point que l’entreprise a décidé de ne proposer aucun dividende à verser en 2025 afin d'accélérer sur ce front. "Une sage décision dans le contexte actuel", juge Oddo BHF.
Le chemin pour retrouver un bilan solide avec un ratio de ratio de levier inférieur à 1,5 visé d’ici 2026 – il s’établissait encore à 1,97 à fin 2024 - s’annonce encore long. Le groupe, qui a vendu pour 250 millions d’euros d’actifs l’an dernier, n’a pour l’instant réalisé qu’un quart de son programme de cessions d’un milliard d’euros annoncé fin 2023. Et l’absence de nouvelle concrète sur le sujet créé "une certaine déception", juge UBS.
D’autant que, contrairement à Valeo, les perspectives de Forvia pour 2025 déçoivent. Le groupe vise un chiffre d’affaires compris entre 26,3 et 27,5 milliards d’euros à taux de change constants, avec une marge opérationnelle attendue entre 5,2 % et 6 %, là où le consensus tablait sur 27,9 milliards d’euros et une marge de 5,7 %. La tâche de Martin Fischer, le prochain directeur général du groupe, s’annonce ainsi pour le moins ardue.
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