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Mario Draghi / rapport / europe / France
L'Europe encore et toujours dans le rétroviseur des Américains / La Tech joue un rôle clé dans le décrochage
Une Europe qui se rapproche des Etats-Unis pour mieux s’en éloigner. Il n’est pas ici question de géopolitique mais d’un Produit intérieur brut (PIB) par heure européen qui fait grise mine comparé à son homologue américain au fur et à mesure que les années passent. Le fossé se creuse de fait entre les deux rives de l’Atlantique et ce, peu importe qu’un président républicain ou démocrate siège à la Maison Blanche.
En effet, là où une étude de la Banque de France explique que "depuis 2000, l’écart Europe-États-Unis s’est resserré s’agissant du nombre d’heures travaillées par habitant", elle explique dans la foulée qu’il "s’est élargi en termes de PIB par heures travaillées ". Le coupable est tout trouvé, ce sont tant les producteurs que les gros utilisateurs de technologies de l’information américains qui surclassent leurs concurrents européens dans les secteurs où " l’intensité numérique est la plus forte ".
Contagion
Certains pays européens faisaient pourtant jeu égal avec les Etats-Unis au début du siècle et pourtant année après année il s’avère que la "productivité horaire s’est nettement plus détériorée dans ces pays relativement aux États-Unis. En 2023, l’écart de productivité horaire du travail atteint 10 % pour l’Allemagne, 14 % pour la France et 28 % pour l’Italie".
Parmi les facteurs explicatifs on retrouve également le commerce de gros et de détail ainsi que les services administratifs, ces derniers secteurs ayant "gagné en productivité aux États-Unis en raison d’un plus grand recours aux technologies de l’information". S’y ajoute un autre phénomène : la hausse du taux d’emploi sur le Vieux continent pourrait bien avoir également eu son mot à dire en raison de l’arrivée de nouveaux travailleurs moins productifs que ceux déjà en place. On ne dit pas autre chose chez les auteurs, qui avancent que "l’efficacité globale dans l’utilisation des ressources en main-d'œuvre y a (en Europe) moins augmenté qu’aux États-Unis ".
Passer aux actes
Un énième constat de la divergence transatlantique qui s’accompagne d’un nouveau plébiscite pour l’action. Cette fois, il est considéré "que les politiques françaises devraient promouvoir des stratégies de renforcement de la productivité dans les secteurs à forte intensité numérique". Il est argué que "la nécessaire hausse supplémentaire du taux d’emploi en France, qui dispose encore d’une marge de progression comparativement non seulement aux États-Unis mais aussi à l’Allemagne" doit être accompagnée d’un surcroît de productivité du travail. Ce qui n’a pas été le cas ces dernières années, bien au contraire.
C’est peu dire que la tâche est de taille, rien que s’agissant de la France, l’écart en termes de PIB par habitant est passé de 24 % à 33 %, entre 2000 et 2023. Dans le même temps, au début de la période le niveau de PIB par habitant dans l’UE "s’établissait à 68 % de celui des États-Unis, soit un écart de 32 %. Cet écart est demeuré relativement stable jusqu’à la pandémie de Covid-19, puis s’est légèrement élargi, ressortant à 35 % en 2023".
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