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Les égards des patrons de la Tech américaine pour Donald Trump, un pari perdant ? / Malgré cela, leur industrie se retrouve en première ligne des nouveaux droits de douane
L’entente et le soutien affiché de la Big Tech américaine à l’égard de Donald Trump ne l’auront pas protégée du séisme provoqué par son "Liberation Day". Les grands géants de la Tech d’outre-Atlantique, avec Apple et Amazon en première ligne, risquent effectivement bien d’être parmi les plus pénalisés par cette promesse de guerre commerciale du président américain. Preuve en est, la réaction des marchés n’a pas manqué de le souligner dans la foulée, au cours de la séance ayant suivi ces annonces. Hier, à Wall Street, le Nasdaq perdait 5 %, avec de fortes chutes à retrouver du côté de la marque à la pomme (- 9, 25 % à la clôture), chez la firme de Jeff Bezos (- 8,98 %), ou encore chez Meta (- 8,9 %) et dans une moindre mesure chez Alphabet et Microsoft (environ - 3 %).
Les patrons de cette industrie, symbole par excellence de la puissance américaine, n’ont pourtant pas ménagé leurs efforts pour s’attirer les faveurs de l’administration du nouveau président. Il y a évidemment Elon Musk, patron de Tesla, X ou SpaceX et xAI, dont la proximité et le soutien politique à Donald Trump étaient déjà connus en amont (mais qui ne devrait pas non plus ressortir indemne des droits de douane sur le secteur automobile). Ses confrères ont rapidement fini par se rallier à sa cause : certains ont mis au pot de son fonds de comité inaugural, ils étaient majoritairement présents lors de son investiture, se sont parfois empressés, comme Meta, à recruter des spécialistes des affaires publiques proches des Républicains ou à s’attacher les services, au sein de leur board, de certains de ses alliés.
En vain
Tim Cook, le patron d’Apple, annonçait même à la fin du mois de février un plan d’investissement de 500 milliards de dollars aux États-Unis, incluant notamment la création d’une nouvelle usine à Houston et de 20 000 emplois dans le pays. Une manière de faire preuve d’allégeance aux appels de Donald Trump aux entreprises américaines de rapatrier leur production sur le sol du pays, dans un contexte où la menace de l’imposition de nouveaux droits de douane sur l'importation de produits étrangers (et tout particulièrement chinois) grondait.
Tout ceci n’aura pas permis aux géants de la Tech américaine de profiter d'une protection particulière de la part de Donald Trump. Et l'addition devrait ainsi être salée. Car le fait est que ces entreprises sont tributaires de fournisseurs ou de constructeurs étrangers, majoritairement asiatiques. La chaîne de production d'Apple est par exemple essentiellement déployée en Chine, au Vietnam ou encore en Inde, des pays qui devraient faire face à des tarifs pouvant respectivement atteindre (au total) 54 %, 46 % et 26 %. D'autant que si la présence commerciale mondiale d'Apple est un fait, les États-Unis représentent par exemple 33 % de ses ventes d'iPhone, estiment les analystes de Jefferies. Les comptes ne devraient pas être meilleurs pour Amazon, dont de nombreux biens installés dans ses entrepôts sont acheminés des quatre coins du monde, et plus particulièrement de Chine. La seule "bonne nouvelle" pour le secteur est celle de l’exemption de droits de douane sur les semi-conducteurs, dont il est très dépendant. Mais pour les opérateurs du cloud computing (comme Amazon, Microsoft ou Google), une multitude de pièces et de composants informatiques restent en provenance de fabricants installés en Asie.
Sans dispenses négociées pour l’heure, il reste donc deux options aux géants de la Tech américaine : faire grimper leur prix, ou absorber le choc et rogner sur leurs marges. Selon les analystes de Citi, si les droits de douane venaient bien à être appliqués en l'état à la Chine et qu'Apple ne les répercutait pas sur ses prix, l’impact négatif sur sa marge brute totale pourrait être de 9 %.
Dans tous les cas
Deux voies sont désormais envisageables, explique John Plassard de Mirabaud dans sa note quotidienne. La première : le plan de Donald Trump est appliqué tel quel et la Big Tech en subira les conséquences. Il y a donc les impacts directs des droits de douane sur leurs résultats financiers et leur capitalisation boursière. Mais également le fait que ces entreprises pourraient aussi être victimes des mesures de rétorsion envisageables, à l’instar de la menace de la taxe sur les services numériques qui a déjà été brandie par l’Union européenne après les annonces de Donald Trump, d’un accès restreint aux marchés publics ou encore d’une plus sévère application du DMA et du DSA.
Seconde option, soulève John Plassard : "Et si le jour de la libération n’était qu’un coup de bluff qui a trop bien fonctionné ? La question mérite d’être posée. Les marchés commencent à évaluer un deuxième scénario, plus nuancé : les tarifs douaniers de Trump sont une tactique de choc, destinée à maximiser l’effet de levier avant les négociations commerciales en coulisse". Cela impliquerait de multiples facteurs, dont forcément la taxe sur les services numériques, rappelle-t-il.
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