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La confiance de Sodexo dans le marché nord-américain reste de mise / Les décisions de Donald Trump ne devraient pas bousculer le groupe
L’exposition nord-américaine de Sodexo sera une épine dans le pied de la progression de sa croissance cette année. Mais ne devrait pas pénaliser le groupe dans d’autres mesures. Le géant français des services de restauration collective et de la gestion d’installation a dévoilé vendredi les résultats du premier semestre de son exercice décalé, prenant la suite de la publication de résultats préliminaires il y a deux semaines. Ils avaient été l’occasion, pour l’entreprise, de faire savoir qu’elle révisait à la baisse des projections de croissance organique et de progression de sa marge opérationnelle. En cause, une croissance plus lente qu’espérée outre-Atlantique, alors même que l’Amérique du Nord représente son premier marché, puisqu’il y réalise à peu près la moitié de ses revenus.
En revanche, les nouveaux tarifs douaniers annoncés par Donald Trump n’inquiètent pas le groupe outre mesure. Interrogée sur la question lors de la présentation de ses résultats, la présidente-directrice générale de Sodexo, Sophie Bellon, a assuré : "Nous sommes une entreprise de services. De par leur nature, ils ne seront pas soumis aux droits de douane ou impactés directement par ceux qui ont été annoncés. Aux États-Unis, nos équipes sont américaines, nous recrutons et nous nous approvisionnons localement, à hauteur de 90 %". Pour le reste, le groupe se fournit marginalement au Mexique et au Canada, notamment en hiver. Néanmoins, la situation "pourrait créer une pression inflationniste sur notre approvisionnement, en particulier pour les denrées alimentaires, mais c’est une chose à laquelle nous pouvons et savons remédier. Nous pouvons le répercuter partiellement sur nos contrats, nous pouvons aussi modifier certains produits", a poursuivi la dirigeante de l’entreprise, précisant par ailleurs qu’un tel effet n’était pas nécessairement attendu d’ici à la fin de l’année (son exercice est clos fin août).
La prudence au programme
De même s’agissant d’une préférence nationale éventuelle. Les contrats avec l’administration fédérale ne pèsent qu’à hauteur de 4 % dans le chiffre d’affaires américain du groupe. Et Sodexo n’a pas été destinataire de la lettre de l’ambassade américaine, comme d’autres grands groupes français, leur ayant demandé de renoncer à leurs politiques de diversité, d’égalité et d’inclusion (DEI) ou de les recalibrer. Pour autant, la dirigeante de Sodexo assure que son entreprise souhaite rester sur ses gardes. "Nous sommes une "people company", mais nous restons prudents. Nous ne changeons pas nos valeurs, mais nous sommes pragmatiques et ne souhaitons pas nous rendre vulnérables", a-t-elle répondu, précisant par exemple que Sodexo allait être davantage vigilant à la manière dont ses politiques en la matière allaient être présentées à l’extérieur.
Pour le reste, et comme cela avait déjà été annoncé, la croissance organique du groupe a atteint 3,5 % au titre du premier semestre, pour des revenus de 12,5 milliards d’euros. La hausse de son chiffre d’affaires a été de 3,5 % en Amérique du Nord et de 2,1 % en Europe, lestée sur le continent en partie par l’environnement macroéconomique ayant eu un impact sur son activité de services de gestion des installations. Dans le reste du monde, la croissance a été de 6,6 %. La marge d’exploitation a quant à elle progressé de 10 points de base pour atteindre 5,2 %. Sodexo s’attend toujours à ce que ses revenus progressent, sur le plan organique, dans une fourchette de 3 % à 4 % cette année (contre une prévision de 5,5 % à 6,5 % initiale) et que sa marge opérationnelle grimpera de 10 à 20 points de base à cange constants. Il avait d’abord été prévu qu’elle progresse de 30 à 40 points de base.
"Le flux de trésorerie libre au premier semestre de l’exercice fiscal 2025 était négatif de -234 millions d’euros, en baisse par rapport aux -102 millions d’euros du premier semestre de l’exercice fiscal 2024, en raison d’un décaissement fiscal exceptionnel lié à un audit fiscal en France. Les investissements nets en capital ont légèrement augmenté pour atteindre 256 millions d’euros, soit 2,1 % des revenus", ajoute également Sodexo. À la Bourse de Paris, dans la lignée de la réaction qu’avait provoqué la révision de ses perspectives annuelles, le titre de Sodexo s’est affiché en recul tout au long de la séance et perdait 6,5 % en fin d’après-midi.
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