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John Elkann tire la sonnette d’alarme quant aux risques courus par son industrie / Malgré un espoir de répit aux Etats-Unis, l'environnement politique et réglementaire des deux côtés de l'Atlantique n'augure rien de bon
Stellantis s’est affiché en tête du CAC 40 ce mardi, en hausse de 6,55 % à la clôture, à la faveur de certaines déclarations formulées par Donald Trump lundi. Le président américain a en effet laissé entendre qu’il réfléchissait à modifier les droits de douane de 25 % imposés début avril sur les importations de véhicules et de pièces détachées sur le territoire national. Une piste qui pourrait aider les constructeurs à gagner du temps pour relocaliser leur production aux États-Unis, a-t-il indiqué lundi depuis le Bureau ovale, sans toutefois donner plus de détails. "Nous sommes encouragés par les propos tenus hier par le président Trump sur les droits de douane pour l’industrie automobile", a de son côté fait savoir le président exécutif de Stellantis, John Elkann, lors de l’assemblée générale des actionnaires du groupe qui se tenait aujourd’hui à Amsterdam.
Une remarque faite en conclusion d’un discours d’ouverture plutôt empreint d'inquiétudes. L’année 2024 n’a effectivement pas été de tout repos pour le groupe franco-italo-américain, toujours en recherche d’un successeur à Carlos Tavares (il sera nommé d’ici à la fin du premier semestre, a simplement prévenu de nouveau John Elkann). L’année 2025 devait donc être celle du gain de parts de marché et de l’amélioration des performances financières. "Entre autres mesures, nous avons réduit nos stocks, donné plus de responsabilités à nos régions et travaillé en étroite collaboration avec nos concessionnaires, nos fournisseurs et nos syndicats. En tant qu’entreprise, nous nous concentrons sur le lancement de nouveaux produits et l’amélioration de nos opérations dans un environnement très difficile sur nos deux plus grands marchés", a tout d’abord tenu à souligner John Elkann.
Et de poursuivre : "En Europe et aux États-Unis, les choix politiques et réglementaires ont mis notre industrie sous une pression extrême, tandis que la Chine suit une autre trajectoire. Cette année, le marché automobile chinois devrait pour la première fois être plus important que les marchés américain et européen réunis". S’agissant par exemple de la situation aux Etats-Unis, environ un tiers des ventes américaines de Stellantis sont construites au Mexique et au Canada, dont son dernier modèle de Jeep au lancement prévu au quatrième trimestre et qui devrait être assemblé au Mexique, remarque le cabinet Oddo BHF dans une note. À cela s’ajoute l’utilisation significative des pièces étrangères dans les véhicules assemblés aux États-Unis, soit environ plus de 40 % d’entre elles, estime le bureau d’analystes.
Une succession de barrières
"Aux États-Unis, l’industrie automobile est gravement affectée par les droits de douane. En plus des droits de douane de 25 % imposés sur les véhicules, nous sommes touchés par une succession de droits de douane supplémentaires, notamment sur l’aluminium, l’acier et les pièces détachées. En Europe, les réglementations sur les émissions de CO2 ont imposé une voie irréaliste vers l’électrification, déconnectée des réalités du marché", a indiqué John Elkann. Si Bruxelles a déjà fait un pas pour lisser sur trois ans les règles de mises en conformité, le président de Stellantis ne semble néanmoins pas rassuré sur l’état du marché.
Entre la suspension ou la révision des incitations publiques à l’achat en fonction des États membres, ou des infrastructures de recharge qui restent inadaptées, la demande n’y est pas encore, a-t-il indiqué : "En conséquence, les consommateurs tardent à passer aux véhicules électriques. Avec la voie actuelle des droits douaniers douloureux et des réglementations trop rigides, les industries automobiles américaine et européenne sont mises en péril. Ce serait une tragédie, car la construction automobile est une source d’emplois, d’innovation et de communautés fortes. Mais il n’est pas trop tard si les États-Unis et l’Europe prennent les mesures urgentes nécessaires pour promouvoir une transition ordonnée".
Pour mémoire, le constructeur automobile a prévu, pour 2025, un chiffre d’affaires en croissance à un chiffre, une marge opérationnelle courante à un chiffre également et une génération de cash-flow positif. Les ventes et le chiffre d’affaires du groupe seront publiés le 30 avril prochain, mais le constructeur a d’ores et déjà donné quelques indices quant à la future reconnaissance de ses revenus, en dévoilant l’estimation de ses facturations (soit le volume de véhicules livrés aux concessionnaires, aux distributeurs ou directement par Stellantis aux clients de détail et aux flottes). Sur les trois premiers mois de l’année, elles ont été estimées à 1,2 million d’unités, soit un recul de 9 % en glissement annuel. Le résultat, principalement, d’une baisse de la production en Amérique du Nord à cause d’une période prolongée de vacances en janvier et de l’impact conjugué de la transition vers de nouveaux produits et de la baisse des volumes de véhicules utilitaires légers en Europe élargie, explique Stellantis.
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