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crise; attrait; devise

Macro-économie / Taux / or / Dollar / Valeurs refuges

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or / Dollar / Valeurs refuges

L’or tient la barre des actifs refuges / Le dollar ne joue plus le même rôle que par le passé

Ne nous sommes qu’en avril et pourtant l’once d’or a déjà atteint bien des objectifs de cours annuels qui lui étaient fixés et la dynamique semble loin de s’inverser dans les mois à venir. Dans le même temps le dollar se déprécie depuis le début de l’année et devrait continuer à souffrir de la diversification des réserves opérées par plusieurs Banques centrales.
Or. Photo by Romain Costaseca / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP
Or. Photo by Romain Costaseca / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP

Les années passent, les crises ou les tensions passent et l’or conserve sa qualité de valeur refuge. Une multitude de facteurs jouent actuellement en faveur de son appréciation que ce soit des anticipations d’inflations en hausse outre-Atlantique, des Banques centrales cherchant à diversifier leurs réserves au-delà du seul billet vert ou autre baisse des taux d’intérêt.

La principale surprise dans la séquence actuelle est à chercher du côté des États-Unis où Marcos Carias, économiste en charge pour l’Amérique du Nord chez Coface, confie à WanSquare qu’on "constate une forte dépréciation du dollar et un désamour pour les bons du trésor américain. Normalement lors des périodes de turbulences il s’agit d’actifs refuges. Ce qui laisse penser qu’il y a actuellement des mouvements de sortie de capitaux des États-Unis". Il nous partage également la possibilité que la poursuite de la politique de l’administration Trump puisse éroder la confiance accordée aux États-Unis.

 

Métal roi

 

Nul besoin de Donald Trump à la Maison Blanche pour voir l’or être plébiscité par les investisseurs, il s’était déjà largement apprécié l’an passé et Ole Hansen, Responsable de la stratégie matières premières estime qu’un certain nombre de forces continuent à opérer d’une année à l’autre. Il argue ainsi qu’un "nombre croissant de banques centrales diversifient leurs réserves en s’éloignant du dollar américain, se tournant souvent vers l’or comme actif de réserve neutre ". Citant les instituts d’émissions chinois, indien, turc et russe comme étant les précurseurs de ce choix, qui devrait continuer à être fait le temps que les réserves s’équilibrent chez chacun de ces acteurs.

Pour autant l’épisode actuel met en avant de nouvelles vertus de l’or, Monica Defend, directrice d’Amundi Investment Institute arguant qu’à l’instar des autres métaux précieux, il "ne devrait pas être affecté par les droits de douane". De quoi expliquer qu’il soit l’un des "rares actifs stables, soutenu par la baisse du dollar et les craintes de stagflation ". Elle et ses équipes arguent qu’avec l’once d’or au cap des 3 200 dollars, "nous prévoyons que 3 500 dollars l’once sera le prochain objectif, car les incertitudes restent élevées ". Un objectif de cours pour 2025 qui est également désormais celui de Saxo Bank.

 

Désamour

 

Les mouvements sur les changes ont également joué en faveur du métal roi estime Ole Hansen, puisqu’à ses yeux il est "clair que la forte performance de l’or a été dans une large mesure due à la faiblesse du dollar, notamment par rapport aux trois devises actuelles de l’euro, du yen et du franc suisse, ce qui a entraîné des gains plus modestes pour les investisseurs de ces régions et pays ". Concernant l’inflation, il martèle qu’à mesure que les anticipations augmentent en la matière il s’avère que "le rendement réel des actifs à revenu fixe diminue, ce qui augmente l’attrait relatif de l’or ". Tout comme les autres actifs n’étant pas rémunéré pour leur détention, le coût d’opportunité de leur détention est également plus faible lorsque les taux d’intérêt sont anticipés en baisse comme c’est le cas aux États-Unis.

Du côté de Monica Defend on partage une double vision de l’évaluation de la valeur de l’or, elle estime à la fois "qu’en tant que matière première, l’or paraît cher" et également que "l’or apparaît toujours comme une monnaie très bon marché". Elle en veut pour preuve que désormais une "majorité des passifs publics ne sont pas garantis par des actifs tangibles ; ils reposent plutôt sur la confiance du public et des marchés, ainsi que sur la solidité des politiques économiques. Aux États-Unis, par exemple, chaque once d’or s’appuie désormais sur 138 000 dollars de dette publique, contre moins de 500 dollars avant l’effondrement de Bretton Woods".

De quoi lui faire arguer que le potentiel de revalorisation de l’or en qualité de monnaie "semble donc très important" et ce sans oublier que le métal jaune peut-être détenu à d’autres fins que ce soit en la qualité de bijou ou de matière première. À l’inverse, bien que la domination du dollar "ne soit pas menacée dans l’immédiat ", elle voit dans la concurrence d’autres devises qu’elles soient physiques ou numériques une cause du déclin du billet vert.

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