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EssilorLuxottica / droits de douane
EssilorLuxottica a trois cartes en main pour faire face aux droits de douane américains / Il reste encore à y voir plus clair dans un cadre instable
Les revirements, brusques et réguliers, opérés par Donald Trump à propos des tarifs douaniers offrent peu de lisibilité aux entreprises. EssilorLuxottica, qui avait été touché par la première vague de panique à la manœuvre sur les marchés à la suite des annonces du président américain lors du "Liberation Day", réalise environ 43 % de son chiffre d’affaires aux États-Unis. Le groupe possède des capacités de production dans le pays. "Mais nous ne sommes pas immunisés contre les tarifs douaniers", a répondu Stefano Grassi, le directeur financier du géant de l’optique, interrogé sur la question lors de la présentation de son chiffre d’affaires trimestriel. "Le principal facteur défavorable, en ce qui concerne les droits de douane, tel qu’il se présente aujourd’hui, est représenté par les montures fabriquées en Chine et importées aux États-Unis", a-t-il poursuivi.
Un cadre instable
Si le futur des relations commerciales entre Pékin et Washington reste pour l’instant incertain, le groupe sait en revanche d’ores et déjà sur quels leviers il pourra s’appuyer pour faire face à cet environnement macroéconomique pour le moins mouvant. "Nous opérons dans un cadre qui est extrêmement volatil et instable à ce stade. Ce qui est important, c’est ce que fait l’entreprise à cet égard. Il y a trois domaines principaux qu’il est important de mentionner", a indiqué le directeur financier.
Tout d’abord, celui de rester concentré sur sa feuille de route en continuant de mettre l’accent sur les solutions stratégiques, tout particulièrement dans l’univers des technologies médicales (ou "medtech"). Elle se repose sur la gamme de produits innovants existants, à l’instar des solutions pour la myopie de l’enfance, sur les différents lancements de ses lunettes pour malentendants Nuance Audio, ou encore sur les multiples acquisitions que le groupe réalise dans le domaine, pour enrichir sa palette de solutions. Un chemin sur lequel EssilorLuxottica a réalisé des avancées notables en 2024 et qu’il compte bien continuer de creuser, en dépit des incertitudes économiques.
Pour y résister, le groupe pourra aussi s’appuyer sur la diversification de sa chaîne d’approvisionnement, a poursuivi Stefano Grassi, qui avait déjà été amorcée en amont : "Ce n’est pas nouveau. Nous en parlons depuis un certain temps déjà, c’est un projet que nous avons entrepris il y a quelques années. Vous vous souvenez peut-être de l’investissement que nous avons réalisé en Thaïlande pour créer une usine de fabrication et de distribution à la pointe de la technologie, ou de nos investissements au Mexique ou encore en France, avec un laboratoire de prescription pour les verres optiques", a souligné Stefano Grassi. "Globalement, notre diversification nous offre aujourd’hui de nombreuses options. Notre objectif est clair : fabriquer et distribuer nos produits là où cela est le plus judicieux d’un point de vue économique, sans compromettre la qualité et le service", a-t-il ajouté.
Enfin, dernier bouclier et non des moindres, celui du pricing power. "Nous entamons un processus de réévaluation de nos prix, dans une fourchette à un chiffre, aux Etats-Unis, sur l’ensemble de nos produits et de nos canaux de distribution", a fait savoir le directeur financier du groupe. EssilorLuxottica évalue actuellement l’impact des différentes actions qu’il entreprend et davantage de détails devraient être donnés à ce sujet lors des résultats semestriels du groupe, le 28 juillet prochain. "Si une action plus approfondie s’avère nécessaire, nous aurons la capacité et l’agilité de le faire", a assuré Stefano Grassi.
Des ventes au rendez-vous
Sur les trois premiers mois de l’année, les revenus d'EssilorLuxottica se sont en tout cas appréciés de 7,3 % à taux de change et périmètre constants, à 6,8 milliards d’euros. Toutes les régions du groupe, ainsi que ses différentes activités, y ont contribué. Les perspectives à moyen terme restent également inchangées : une croissance annuelle du chiffre d’affaires de l’ordre de 5 % entre 2022 et 2026, afin de dépasser les 27 milliards d’euros de chiffre d’affaires à cet horizon, ainsi qu’un résultat opérationnel ajusté situé entre 19 % et 20 % des revenus à l’issue de cette période.
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