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Thales prépare sa défense dans le brouillard des droits de douane américains / Une mécanique de croissance à ne surtout pas perturber
Thales a activé ses radars. Si dans un contexte où les nations semblent avoir compris l’importance de se réarmer, ce qui offre au groupe de défense et de technologie présidé par Patrice Caine, une forte visibilité pour ses activités, la guerre commerciale imposée par Donald Trump ne doit pas faire dévier l’entreprise de sa trajectoire de croissance.
Il faut dire que Thales démarre très bien l’année avec un chiffre d’affaires en hausse de près de 10 % en variation organique sur un an au premier trimestre, frôlant ainsi les 5 milliards d’euros (4,96 milliards d’euros précisément). Une performance portée logiquement par son activité de défense (particulièrement pour les systèmes terrestres et aériens bénéficiant des projets d’augmentation capacitaire déployés comme la production de radars) dont les revenus bondissent de 15 % par rapport à la même période l’année dernière et de 8,4 % s’agissant de la division aérospatiale. Et une croissance visible aussi bien dans les marchés matures (+ 9,7 %), notamment au Royaume-Uni (+ 14,9 %), que sur les marchés émergents, en croissance organique de 10,5 % sur la période.
Certes les prises de commandes, à 3,77 milliards d’euros, sont en retrait au premier trimestre, de -27 % en comparaison aux trois premiers mois de 2024, mais uniquement en raison d’une base de comparaison élevée. Thales avait pour mémoire enregistré - entre autres - deux contrats de valeur unitaire supérieure à 500 millions d’euros chacun à l’époque, dont la troisième tranche du contrat signé par l’Indonésie pour l’acquisition de Rafale.
Une confiance qui permet donc à Thales de confirmer ses objectifs financiers pour 2025, à savoir un ratio book-to-bill supérieur à 1, une croissance organique de son chiffre d’affaires comprise entre 5 et 6 %, correspondant à un chiffre d’affaires annuel dans la fourchette de 21,7 à 21,9 milliards d’euros, et une marge d’Ebit ajusté attendue entre 12,2 % et 12,4 %.
Une confirmation qui prend en compte le potentiel impact de la hausse des tarifs douaniers décidé par le président des Etats-Unis tels qu’ils sont connus à date. Thales fait d’ailleurs savoir qu’il a lancé, même si les activités de défense sont pour l'heure exemptées de droits de douane américains, des travaux préliminaires sur ce sujet, prenant en considération les flux concernés, ainsi que "certaines dispositions contractuelles protectrices pour (ses) contrats export ", explique le groupe, travaillant par ailleurs sur des plans de remédiation tels que le recours à de nouveaux programmes de remboursement de droits ou d’importations temporaires sous caution, ainsi que sur des programmes de redirection de certains flux de production, prix de transferts, identification de sources d’approvisionnement alternatives, etc. " A ce stade, le groupe estime que les impacts directs restent contenus. Les potentiels impacts indirects corollaires ne sont pas (encore) connus", indique l’entreprise.
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