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La Caisse des Dépôts / Olivier Sichel / souveraineté / défense / Numérique / réindustrialisation
Olivier Sichel dévoile sa stratégie pour la Caisse des Dépôts / La souveraineté et la réindustrialisation au cœur de son action
L’intérim est en passe de prendre fin. Nommé fin décembre pour assurer la direction générale de la Caisse des Dépôts (CDC) après le départ d’Éric Lombard à Bercy, Olivier Sichel a été confirmé dans ses fonctions ce mercredi, à la suite de son audition par les commissions des finances de l’Assemblée nationale et du Sénat. Un passage formel, mais essentiel pour celui qui dirigeait jusqu’ici aussi la Banque des Territoires.
Dès ses premières paroles, le nouveau patron de "la Caisse " a tenu à rendre hommage au travail accompli par son prédécesseur. "Le projet que je souhaite vous présenter ce matin s’appuie sur un bilan, qui permet aujourd’hui à la Caisse d’être un pôle de stabilité et de confiance, disposant des capacités d’action nécessaires pour être davantage utile aux territoires et en soutien des politiques publiques, au service de nos concitoyens", a-t-il débuté, avant de tracer les grandes lignes de son mandat.
Un projet structuré autour de trois axes majeurs
Celui-ci, s’inscrivant dans la continuité du travail accompli ces dernières années, s’articulera autour de trois axes : cohésion sociale et territoriale, transformation écologique et défense de la souveraineté. Sur le plan social, Olivier Sichel revendique une ambition forte : consolider la place de la Caisse comme acteur central du logement abordable. "La cohésion sociale et territoriale. C’est l’ADN de la Caisse des Dépôts !", a-t-il affirmé, soulignant l’ampleur du soutien financier déjà engagé : "il y a 10 ans, la Caisse des Dépôts finançait un logement sur cinq, l’an dernier, c’était deux sur cinq. En 2024 cela représente 115 000 logements construits ou acquis, c’est 45 % du volume de construction neuve en 2024, dont plus de 75 % de logements sociaux. Et notre engagement est de poursuivre cette dynamique, avec 350 000 logements sociaux et intermédiaires financés ou acquis par le groupe d’ici 2028, soit près de 800 000 personnes logées ".
Sur les secteurs de la santé et du grand âge, une feuille de route spécifique sera prochainement présentée, la CDC, actionnaire d’Emeis (ex-Orpea), entendant y jouer un rôle accru dans la réduction des fractures sociales et territoriales.
Le second axe du mandat sera donc environnemental. "Le groupe Caisse des Dépôts est en mesure d’apporter une impulsion essentielle ", a assuré Olivier Sichel. Il a notamment annoncé une proposition de participation aux futurs investissements de RTE, afin d’appuyer les infrastructures énergétiques : "Accompagner la transition, c’est aussi mettre à niveau et moderniser nos réseaux de transport d’énergie. […] Contribuer à la décarbonation de notre économie et au renforcement de notre souveraineté énergétique : ce sont à mon sens des missions essentielles, qui doivent être soutenues par l’épargne populaire". À noter que l’année 2025 verra également 1,8 milliard d’euros mobilisés pour soutenir les mobilités durables, dont le financement de trains régionaux.
Réindustrialiser c’est prendre des risques
Surtout, Olivier Sichel compte poursuivre l’action menée par l’institution en faveur de la souveraineté industrielle du pays. "Si c’est la raison d’être de Bpifrance, la Banque des territoires investira un milliard d’euros en fonds propres dans le cadre de la seconde phase du programme territoires d’industrie pour faciliter l’implantation de nouveaux acteurs sur des sites industriels clés en main et engager la décarbonation du secteur ", a-t-il annoncé, prenant en exemple le soutien aux projets Verkor ou Envision dans le Nord de la France, "la preuve de notre capacité à accompagner les grandes évolutions sectorielles dont notre pays a besoin en assumant une part de risque ", et assumant pleinement l’investissement de 30 millions d’euros dans la société Ynsect, aujourd’hui en difficulté. "Si c’était à refaire, je le referai. Je veux prendre l’engagement devant vous que faire des efforts pour la réindustrialisation, c’est sans doute aller à des endroits où nous allons prendre des risques financiers. Aussi, parce que la réindustrialisation, c’est prendre des parts de marché à nos concurrents ", a-t-il répondu au président de la Commission des finances de l’Assemblée nationale, Eric Coquerel qui l’interrogeait sur le sujet. " La Caisse des Dépôts est la corde de rappel d’un certain nombre de groupes du CAC 40 face à des OPA hostiles, ce qui constitue un autre levier de souveraineté ", a-t-il aussi fait remarquer.
Défense et numérique, les autres champs d’engagement
Une souveraineté qui passera nécessairement, selon lui, par le numérique. "Le numérique est un formidable levier pour mettre en œuvre nos objectifs stratégiques et transformer le pays sur le long terme. En nous permettant de mieux cibler nos investissements et nos politiques publiques, l’IA et l’utilisation de la data sont des accélérateurs des projets d’intérêt général. […] Le groupe Caisse des Dépôts a la responsabilité de contribuer encore davantage au déploiement et à la maîtrise de ces technologies. Nous en ferons donc un axe stratégique transverse pour l’ensemble, qui s’inscrira dans la voie d’un numérique souverain et maîtrisé de bout en bout", a-t-il annoncé, insistant, "et nous avons face à nous trois défis : la protection de nos données stratégiques ; la réduction de notre dépendance aux technologies étrangères ; le contrôle des infrastructures telles que les data centers, le cloud ou les modèles de calcul d’IA. C’est à cela que nous devons collectivement répondre pour maîtriser notre destin numérique ".
Et pour le nouveau patron de la Caisse, conforter la souveraineté, c’est "évidemment investir dans le secteur de la défense ". "Le groupe CDC est déjà un acteur de ce secteur, avec une exposition du groupe à hauteur de 50 milliards d’euros. J’ai récemment réaffirmé cet engagement de la Caisse, que nous allons amplifier aux côtés de Bpifrance, notamment en abondant des fonds d’investissement spécialisés et en travaillant en lien avec les armées, à la modernisation des infrastructures de défense ", a rappelé Olivier Sichel.
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