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Entreprises / Actions

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Le digital et le retail physique ont définitivement de quoi faire bon ménage / VusionGroup et Carrefour nouent un partenariat en ce sens

Le distributeur compte tirer parti des solutions de VusionGroup pour accélérer la digitalisation de ses commerces physiques, le cœur de son activité. Une méthode éprouvée sur le plan de l’amélioration de l’expérience client et de l’efficacité opérationnelle en magasins, ont détaillé les deux entreprises dans le cadre de VivaTech, permettant aussi à VusionGroup de déployer sa dernière grande innovation sur le continent européen dans le secteur de la distribution alimentaire, après avoir déjà convaincu le géant américain Walmart.
Viva Technology 2025, JEANNE ACCORSINI
Viva Technology 2025, JEANNE ACCORSINI

VivaTech est généralement l’occasion pour les entreprises technologiques de faire des annonces. Pour les plus jeunes d’entre elles, comme pour celles qui sont bien installées à la Bourse de Paris. Jeudi, VusionGroup, le leader mondial des solutions de digitalisation du commerce physique, a fait savoir qu’il avait noué un partenariat avec un autre poids lourd de l’économie tricolore, Carrefour. Un projet visant à accélérer la digitalisation des commerces du groupe, placés en plein coeur de son activité : "Nos magasins physiques représentent 90 % de nos ventes", a en effet fait savoir Emmanuel Grenier, directeur exécutif e-commerce, data et transformation digitale du distributeur, lors d’une intervention donnée dans le cadre du salon technologique, aux côtés du président-directeur général de VusionGroup, Thierry Gadou.

Un partenariat franco-français dont les détails financiers n'ont pas été dévoilés, mais faisant écho, dans la forme, à celui que VusionGroup avait conclu avec le géant américain Walmart il y a plusieurs années, lui ayant permis d’entrer dans une première phase de test des solutions de l’entreprise française avant de les déployer davantage. Des essais visiblement concluants, puisque VusionGroup a étendu ce contrat au fur et à mesure pour finir par enregistrer une nouvelle prise de commandes d’1 milliard d’euros en fin d’année dernière.

Mais chaque chose en son temps. Ici, le partenariat place Carrefour en position de premier distributeur alimentaire à utiliser la solution EdgeSense de VusionGroup en Europe. Une plateforme résultant de dix années de travail de recherche et développement, indique Thierry Gadou, et représentant sa plus grande innovation depuis le lancement des étiquettes électroniques - même si un certain nombre d’entre elles ont aussi été lancées entre-temps. EdgeSense permet en effet d’offrir une vraie boîte à outils à ses utilisateurs, grâce à un système regroupant des rails connectés pour les rayons, de la vision par ordinateur, de l’intelligence artificielle (IA), des étiquettes électroniques, ou encore des données précises.

 

Les voies permises

 

Ce que cela permet ? Assurer le suivi automatisé des rayons et de la conformité des prix et des étiquettes, géolocaliser les produits qui doivent être récoltés pour une commande en ligne, centraliser les données, détecter les écarts entre les produits, gérer les ruptures de stocks… Des technologies pour l’heure testées dans un magasin pilote, l’hypermarché de Carrefour de Villabé. Un deuxème supermarché est prévu prochainement, tandis que les caméras permettant de repérer les produits manquants, issues de la technologie Captana, devraient aussi être déployées dans 35 autres magasins Carrefour.

Une boîte à outils et un partenariat permettant, par la suite, d’ajuster la technologie aux besoins de l’entreprise. "Nous faisons du sur-mesure. Un magasin à l’approche ‘value’  n'a pas la même que pour un autre pratiquant le ‘discount’, par exemple, sur la gestion des assortiments", fait remarquer Thierry Gadou. "Le plus important est que la digitalisation des magasins physiques doit être concrète et avoir un impact sur le business", a également souligné Emmanuel Grenier sur la scène de VivaTech, pointant observer trois canaux en ce sens : la mobilité des employés pour plus d’efficience et celle des consommateurs pour que leurs parcours soit aussi aisé qu’en ligne, la personnalisation des offres comme cela s’opère dans le e-commerce et, enfin, l’adaptation de cette digitalisation à de nouveaux cas d’usage.

Dans les faits, cet impact pourrait en être un positif de 2 à 3 points sur la marge opérationnelle d’un groupe, selon les chiffres cités par Thierry Gadou. "Le futur du retail est omnicanal, et les magasins sont le cœur de la stratégie e-commerce et omnicanale. […] La digitalisation va faire d’eux des actifs de données majeurs, plus conduits par ces dernières, plus automatisés et en faire des environnements connectés. En particulier, la vision par ordinateur et les capteurs vont apporter une transparence jusque-là inégalée dans la supply chain", a expliqué Thierry Gadou lors de son intervention.

Ce qui permettra aussi d’accroître la collaboration entre les distributeurs et les marques, a observé le patron de VusionGroup, afin qu’elles puissent mieux assurer le suivi de ventes et du placement de leurs produits dans les rayons, ou que leurs consommateurs s’emparent pleinement des promotions qu’elles proposent, entre autres. De même, pour ces derniers, les magasins en deviendront plus interactifs et personnalisés, a-t-il ajouté. Enfin, du côté des employés, l’automatisation et l’IA leur permettront de changer leur manière de travailler, a souligné Thierry Gadou, en écho aux propos d’Emmanuel Grenier. Une solution gagnant-gagnant.

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