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Deezer expose ses facteurs de différenciation face aux interrogations sur son cours de Bourse / L'expérience musicale comme boussole stratégique
Deezer a débuté 2025 du bon pied, en réaffirmant sa perspective d’avoir atteint un Ebitda ajusté positif sur l’ensemble de l’année, tout en étant accompagné de nouvelles priorités et orientations stratégiques. Si la plateforme de streaming musical soigne ses résultats et maintient son cap de croissance, son parcours en Bourse sur les douze derniers mois semble avoir du mal à le refléter. Sur un an, son titre a en effet reculé d’environ 30 %, pour s’échanger à date autour de 1,3 euro. L’ancienne licorne de la French Tech, qui a signé son introduction en Bourse en 2022, affiche ainsi une capitalisation boursière de 152 millions d’euros. À l’occasion de l’assemblée générale du groupe, un actionnaire a donc interrogé la direction à propos de ce décalage. "Effectivement le cours de Bourse a été un peu décevant ces derniers mois, (même) depuis (notre) entrée en Bourse, très clairement", lui a répondu Alexis Lanternier, le directeur général de Deezer, en poste depuis septembre 2024.
La musique, et rien que la musique
"Comment on se différencie ? Quelle est la stratégie ? Deezer est résolument concentré sur le fait de donner la meilleure expérience de streaming musical, en étant donc focalisé sur la musique. […] Cela correspond à une meilleure qualité audio, au fait d’interroger constamment nos utilisateurs et d’optimiser le produit pour cette expérience musicale. Et cela a de l’impact", a-t-il poursuivi, indiquant que les plus jeunes des générations, celles à s’abonner en nombre à sa plateforme, en étaient grandement en demande. "Elles veulent de la personnalisation, de la reprise de contrôle par rapport à l’algorithme, comprendre comme cela se passe. Nous avons mis en place de nouvelles fonctionnalités allant en ce sens, et nous allons continuer à investir sur le sujet. Elles veulent aussi des expériences qui les connectent à d’autres personnes, ainsi qu’à leurs artistes", a indiqué Alexis Lanternier. Deezer a par exemple ainsi lancé "Le Club", permettant d’accéder à des évènements musicaux exclusifs, comme des sessions privées ou des sorties d’album. Une opportunité ouverte au travers de concours pour les utilisateurs premium de la plateforme.
"Nous avons aussi tout un focus de soutien à l’industrie musicale, différenciant par rapport aux autres acteurs du secteur. Nous avons été les premiers à changer les modes de rémunération des artistes, nous sommes les plus actifs en termes de lutte contre la fraude aux droits d’auteur : 7 % à 8 % de leur ensemble sont captés ainsi, cela représente plusieurs milliards d’euros par année", a pointé le patron de Deezer. D’autant que l’intelligence artificielle (IA) y met aussi son grain de sel. Au mois d’avril, Deezer indiquait par exemple recevoir chaque jour plus de 20 000 pistes entièrement générées par de l’IA. Elles représentent plus de 18 % de tous les contenus mis en ligne, en nette accélération par rapport aux 10 % comptabilisés en début d’année, lorsque la plateforme avait lancé un outil pour détecter la musique générée par IA. "Cet outil, nous le mettons à disposition de l’ensemble de l’écosystème de la musique", a assuré Alexis Lanternier.
Perturbations extérieures
"Nous nous focalisons sur les fondamentaux", a résumé le dirigeant : la musique, la croissance et la rentabilité. "Nous sommes convaincus que cela se traduira par une augmentation du cours de Bourse à terme", a-t-il poursuivi. Néanmoins, a-t-il ajouté, ces seuls fondamentaux pourraient ne pas être suffisants, dans la mesure où certains facteurs exogènes freinent aussi sa progression boursière. Parmi eux : la traditionnelle question de la place des valeurs Tech sur les places financières européennes. "Nous n’avons pas un contexte de marché boursier, en Europe et en France en particulier, qui favorise les entreprises technologiques. Il y a peu d’autres acteurs, donc peu de liquidités, ce qui entraîne un mécanisme négatif sur les valorisations. Nous ne sommes pas les seuls", a souligné Alexis Lanternier.
À un actionnaire qui interrogeait le dirigeant sur sa différence avec Spotify, le géant suédois du streaming musical quant à lui coté à Wall Street depuis 2018, et sur ce qui pouvait encore faire défaut à Deezer en comparaison, le dirigeant a tenu à rappeler qu’il était aussi possible de voir le verre à moitié plein. "Beaucoup d’autres applications de streaming, dans un certain nombre de pays, se sont aussi lancées ces dernières années. Et peu ont rencontré le même succès que Deezer. Arriver à tenir une telle trajectoire de croissance et maintenant de profitabilité en termes d’Ebitda ajusté (il a atteint l’équilibre au second semestre de 2024, ndlr), c’est une grande réussite quand on est en concurrence avec Apple, Amazon ou Youtube", a observé Alexis Lanternier. Des géants aux poches profondes et utilisant leurs écosystèmes pour avancer, notamment sur le plan marketing. "Ce sont effectivement des moyens qui nous manquent. Nous devons donc être plus malins et offrir quelque chose de différent", a-t-il soutenu, en rappelant le déroulé de sa présentation.
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