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exclusif Gaz de schiste : Europe, prends garde à toi !

EXCLUSIF. La carte énergétique redessinée autour de deux axes, le Vieux Continent pourrait voir sa dépendance vis-à-vis de la Russie renforcée. L'AIE craint pour la compétitivité de son secteur industriel.
Dans son rapport semestriel sur l'évolution du marché pétrolier, l'Agence internationale de l'énergie (AIE) prédit un chamboulement significatif des équilibres dans le secteur de l'or noir au cours des cinq prochaines années, de par l'exploitation du gaz de schiste aux Etats-Unis. Mais "tout le monde ne sera pas gagnant". Car l'Europe ne devrait pas bénéficier de cette nouvelle répartition. "La révolution de l'offre en Amérique du Nord pourraient indirectement avoir des effets néfastes sur la croissance européenne en affaiblissant la compétitivité du secteur industriel, et particulièrement ses industries de pétrochimie et de raffinage en difficulté", alertent les auteurs. L'AIE table sur une augmentation de la production de pétrole brut à l'échelle mondiale de 8,3 millions de barils par jours (mbj) à 103 mbj entre 2012 et 2018. Et la moitié de cette performance devrait être le fruit de l'Amérique du Nord. Dans le même temps, la demande devrait croître, mais de façon moins rapide (+6,9 mbj à 96,68 mbj). Des données qui suggèrent "un équilibre plus confortable entre l'offre et la demande mondiale au cours des cinq prochaines années". Du côté de l'Opec, la croissance va aussi être de mise mais à un rythme plus feutré que prévu, en partie à cause des incertitudes au Nord et en Afrique sub-saharienne. L'AIE insiste sur le risque de fermeture des raffineries européennes. Cette dernière impacterait la sécurité énergétique et les prix. Ce qui aurait ensuite un effet cascade : une plus grande dépendance vis-à-vis des importations, l'allongement des itinéraires de ravitaillement etc. Le rapport pose également la question des législations, qu'elles soient américaines ou européennes. Les lois du Vieux Continent "pourrait effectivement interdire certaines ou toutes les importations de pétrole en provenance de l'Amérique du Nord". Pour la Société Générale, l'Europe va devoir éviter deux écueils. "Tout d'abord, son secteur manufacturier pourrait subir un handicap supplémentaire en termes de coûts par rapport à ses concurrents américains", explique Marc-Antoine Collard, économiste spécialisé dans les pays du Golfe, l'Amérique Latine et les matières premières, dans une note publiée mardi sur le sujet. "De plus, s'agissant de sa dépendance énergétique, l'Europe va se retrouver encore plus isolée et, par conséquent, plus vulnérable, si la carte énergétique est redessinée autour de deux axes interrégionaux", ajoute-t-il. C'est-à-dire que le Vieux Continent va devoir compter encore un peu plus (trop ?) sur la Russie.
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