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Publications, Résultats / Vallourec / Philippe Guillemot

Publications, Résultats
Vallourec / Philippe Guillemot

exclusif L’expansion des marges de Vallourec au rendez-vous, en dépit d’un contexte de marché toujours délicat / Le profil des performances sera ascendant en 2025

EXCLUSIF. Le spécialiste des tubes sans soudure a continué de faire progresser ses marges au deuxième trimestre de 2025, ayant été marqué par un contexte de marché restant épineux - mais aussi par la première redistribution faite aux actionnaires du groupe depuis une décennie. Soutenu par une forte dynamique commerciale et par plusieurs signaux d’amélioration, notamment aux États-Unis, Vallourec reste donc confiant quant à la trajectoire de ses performances pour la seconde moitié de l’année.
(Photo by ERIC PIERMONT / AFP)
(Photo by ERIC PIERMONT / AFP)

Vallourec poursuit son exercice 2025 sans accroc. Le spécialiste des tubes sans soudure a maintenu le cap sur la progression de ses marges au deuxième trimestre de 2025, à la faveur d’un résultat brut d’exploitation (RBE) de 187 millions d’euros, correspondant à une marge de 21,7 % – soit une hausse de près de deux points sur un an. Par rapport au trimestre précédent, le RBE s’affiche en diminution de 10 %, en raison d’un recul des volumes enregistré sur le segment "tubes" et de la baisse des prix de marché observée sur celui "mine et forêts", associée à des coûts plus élevés. Un point d’atterrissage global se situant néanmoins dans la fourchette communiquée aux marchés par le groupe, reflétant également une expansion séquentielle de 76 points de base de la marge du segment "tubes", à 19 %.

Le tout dans un environnement de marché restant délicat, notamment en Amérique du Nord, bien qu’étant engagé dans une dynamique de reprise. Et notamment en termes de prix. "Nous attendons, sur la fin de l’année, l’impact des tarifs douaniers américains, qui semblent se confirmer pour l’acier et l’aluminium. Pour l’instant, les volumes sont au rendez-vous, tout particulièrement sur le gaz – qui est notre segment le plus premium. Un quart des tubes sans soudure utilisés aux États-Unis, dans le secteur du pétrole et du gaz, sont importés. Les tarifs pourraient donc avoir un impact négatif sur les volumes importés, et une partie d’entre eux pourrait être compensée grâce aux capacités domestiques encore disponibles. Si la demande recule, mais que l’offre diminue aussi, l’équilibre devrait être de nature à soutenir les prix", remarque Philippe Guillemot, le président-directeur général du groupe, à l’occasion d’un entretien accordé à WanSquare.

Vallourec pourrait d’ailleurs tirer parti de cette situation : "De l’acier jusqu’au produit fini, tout ce que nous vendons sur le marché onshore aux États-Unis est produit sur le sol américain. Une baisse des importations irait donc dans le sens d’une utilisation à plein de nos capacités domestiques", explique Philippe Guillemot. Au titre du premier semestre, la dynamique commerciale a par ailleurs été au rendez-vous. Les prises de commandes sont restées soutenues d’avril à juin, comme l’avaient laissé entendre les différentes annonces du groupe à ce sujet. Ce qui ne semble pas être en passe de ralentir. "Notre chiffre d’affaires ne résulte pas de la production de nos clients, mais de leur volonté de se doter de capacités. Ils exécutent des plans pluriannuels d’augmentation de ces dernières, qui ne sont pour l’instant pas remis en cause. Au contraire. Et tout particulièrement au Moyen-Orient", résume Philippe Guillemot.

 

L’effet du retour aux actionnaires

 

La dette nette a quant à elle atteint 201 millions d’euros, après la distribution faite aux actionnaires. "Au deuxième trimestre, nous avons déployé 370 millions d’euros de retour aux actionnaires, entre le versement de dividendes et notre programme de rachat d’actions", rappelle Philippe Guillemot. Une première depuis dix ans, approuvée lors de l’assemblée générale du groupe au mois de mai. "La dette nette reste bien en dessous des ratios de levier maximum que nous avons indiqué et elle baissera sur le reste de l’année, grâce à la génération de cash", poursuit-il. Alors que Vallourec a signé son onzième trimestre consécutif de trésorerie positive, son président-directeur général indique : "Ceci explique la bonne tenue de notre dette nette, malgré la forte distribution faite à nos actionnaires". Le flux de trésorerie disponible ajusté s’affiche ainsi à 88 millions d’euros, et la génération de trésorerie globale à 57 millions d’euros.

Un ensemble de facteurs permettant donc au groupe de rester confiant pour l’année à venir. Son RBE est attendu entre 195 et 225 millions d’euros au troisième trimestre, tandis que les six derniers mois de 2025 devraient refléter une progression de l’indicateur. Il profitera, sur le segment "tubes", de livraisons à l’international en hausse, de prix facturés installés sur la même tendance et de réductions de coûts. La rentabilité du segment "mines et forêts" devrait de son côté dépendre des prix du marché du minerai de fer. "La dynamique de l’année 2025 est inverse à celle de l’an passé, avec des résultats qui iront à la hausse au fil des trimestres, compte tenu de notre forte dynamique commerciale et de la reprise du marché américain", souligne Philippe Guillemot. De quoi rester bien concentré sur la suite et notamment quant au développement de Vallourec dans les nouvelles énergies, puisque le groupe a obtenu la qualification, au début du mois de juin, de sa solution de stockage vertical d’hydrogène. "Nous sommes les seuls au monde à être capables de proposer cette solution certifiée et commercialisable, développée dans nos laboratoires de R & D français", se félicite Philippe Guillemot.

"Les fluctuations du marché de l’hydrogène ne nous surprennent pas, elles ont toujours été intégrées à notre feuille de route. Nous n’avons jamais fait d’hypothèses irréalistes sur les applications d’hydrogène, par exemple dans la mobilité lourde. D’autres d’entre elles restent concrètes, comme les e-fuels ou l’alimentation des raffineries grâce à de l’hydrogène vert. Ces applications sont viables sans subventions publiques massives. Et même pour les projets qui bénéficieraient d’investissements publics, selon le plan du gouvernement, ils devront pouvoir s’effacer du réseau électrique. Ce qui requiert donc une solution de stockage ", détaille Philippe Guillemot, rappelant que le développement des nouvelles énergies et des solutions qui y sont associées ne peut s’apprécier que sur le temps long. Et rien ne presse pour l’entreprise, puisque cette solution utilise les tubes et les connexions existants de Vallourec, sur des sites également déjà installés. La preuve que le "New Vallourec" a désormais le temps d’attendre et que sa stratégie paie. En témoigne d’ailleurs la décision du conseil d’administration de vouloir miser sur la continuité en la matière. Jeudi soir, il a en effet proposé le renouvellement de Philippe Guillemot pour un deuxième mandat en tant que président-directeur général de l’industriel.

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