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Vinci / Résultats

Vinci profite de la vigueur de ses concessions et de ses services à l’énergie / Et parvient tout de même à peaufiner ses marges dans la construction

Les tendances de marché contrastées dans le secteur de la construction n’auront pas permis à Vinci de faire croître son chiffre d’affaires, en la matière, au premier semestre de 2025. Porté par l’international, ses activités de services à l’énergie et de concessions, le groupe a toutefois étoffé ses revenus globaux sur la période, tout comme ses marges, cette fois sur l’ensemble de ses expertises. À l’aide d’un carnet de commandes garni, Vinci n’entend ainsi pas dévier de sa stratégie de sélectivité.
(Photo by Nikolas Kokovlis / NurPhoto via AFP)
(Photo by Nikolas Kokovlis / NurPhoto via AFP)

Face aux vents contraires, Vinci ne plie pas. Au contraire, puisque le géant français de la construction, des concessions et des services à l’énergie a pu les affronter en marchant sur ses multiples jambes. "En dépit d’un environnement macroéconomique et géopolitique agité, le groupe affiche une progression de son chiffre d’affaires tirée par les concessions et les services à l’énergie - en particulier à l’international - ainsi qu’une hausse des résultats opérationnels dans tous ses métiers tant en valeur qu’en marge", s’est félicité le directeur général de Vinci, Pierre Anjolras, à l’occasion de cette publication.

Le chiffre d’affaires de Vinci, au titre des six premiers mois de l’année 2025, est ressorti en hausse de 3,2 %, pour un total de 34,9 milliards d’euros. Ses positions internationales lui ont en effet rendu service : alors que les revenus de Vinci en France (représentant 43 % du total) ont stagné autour de 14,9 milliards d’euros, ceux réalisés en dehors de l’Hexagone ont grimpé de 5,4 % à structure réelle et de près de 2 % à structure comparables. Ils ont atteint 19,9 milliards d’euros. Les variations de périmètres incluent notamment l’intégration de l’aéroport d’Édimbourg par Vinci Airports, les opérations de croissance externe fréquentes de Vinci Énergies - au nombre de 16 au premier semestre - et d’autres, réalisées par Vinci Highways et Vinci Construction.

L’activité de Vinci Concessions s’est révélée particulièrement dynamique en ce début d’année 2025, avec une hausse du chiffre d’affaires de 7,7 %, à 5,7 milliards d’euros. "Les concessions d’infrastructures gérées par Vinci affichent des hausses de trafic solides, tant dans les aéroports du réseau que sur les autoroutes en France et à l’international", a indiqué Pierre Anjolras, soulignant que Vinci Autoroutes avait conclu avec l’État un accord portant sur les investissements relatifs au bon état du réseau Escota à la fin de son contrat de concession, qui interviendra en février 2032.

 

Tendances porteuses

 

Les services à l’énergie du groupe ont, de leur côté, continué à tirer parti de tendances de marché opportunes dans les infrastructures de production et de transport d’électricité, tout comme du côté des centres de données, des activités liées aux enjeux de défense, ou encore dans la numérisation des process industriels. De fait, le chiffre d’affaires de la division a progressé de 6,2 %, à 13,7 milliards d’euros, en étant résolument tiré par l’international et son dynamisme – il représente près de 70 % des revenus de ce métier.

Cet ensemble aura permis à Vinci de venir compenser la moins bonne tenue de son activité de construction, pesant pour 15,7 milliards d’euros de chiffre d’affaires et ayant reculé de 0,8 % sur un an. Dans le détail, explique le groupe, cette évolution reflète des situations de marché contrastées. D’un côté, l’activité en Europe continentale et en Afrique a progressé mais de l’autre, en France, la résistance des travaux routiers et de l’activité dans les réseaux ferroviaires et hydrauliques n’a pas permis de pallier le repli de celle de génie civil et du bâtiment, entraînant ainsi un recul du chiffre d’affaires tricolore. D’une manière plus générale, l’activité des grands projets s’est tarie, en conséquence du phasage de l’avancement des chantiers.

Un paysage contrasté qui pousse le groupe à faire preuve de sélectivité en matière de prises de commandes, et à mettre l’accent sur la maîtrise opérationnelle au sein des chantiers, précise-t-il. "Conjuguée à une croissance externe ciblée sur les expertises et les zones géographiques les plus porteuses, cette stratégie s’est traduite par une amélioration de la marge opérationnelle de Vinci Construction alors que son chiffre d’affaires s’est légèrement contracté. Dans la promotion immobilière, toujours marquée par une baisse de la demande en France tant dans le logement que dans le non-résidentiel, Vinci Immobilier a confirmé le retour de ses résultats en territoire positif", a expliqué Pierre Anjolras.

 

La marge plutôt les volumes

 

L’Ebitda, à 6,1 milliards d’euros, s’est affiché à 17,6 % du chiffre d’affaires, contre 16,8 % au premier semestre de 2024. Et est donc en progression dans l’ensemble des activités du groupe. Les concessions représentent la majorité du total, à hauteur de 63 %, avec des marges sur chiffre d’affaires allant de 52 % pour Vinci Highways, à 62,4 % pour Vinci Airports, ou encore 73,2 % pour Vinci Autoroutes. Cette dernière est restée pénalisée par la taxe sur l’exploitation des infrastructures de transports de longue distance, votée dans la loi de finance de 2024, indique Vinci.

Le résultat opérationnel sur activité du groupe a de son côté gagné 200 millions d’euros sur un an pour se fixer à 4,1 milliards d’euros, avec une progression enregistrée sur l’ensemble de ses domaines d’activité. Il reste enfin le bénéfice net, part du groupe, qui a reculé de 5 % sur un an, pour s’établir à 1,9 milliard d’euros à fin juin. Une baisse limitée au regard de l’alourdissement de la fiscalité des sociétés en France, nuance Vinci, puisque ce dernier a pesé à hauteur de 297 millions d’euros au premier semestre de 2025. À fiscalité constante, il aurait néanmoins progressé de près de 10 %. Enfin, le cash-flow libre est ressorti légèrement positif, à 46 millions d’euros – contre 361 millions d’euros un an auparavant -, mais le groupe rappelle que l’essentiel de celui-ci est généré au second semestre.

Alors que les performances opérationnelles de l’entreprise sont bien orientées et qu’elle dispose d’un carnet de commandes de 71,3 milliards d’euros, bien garni à l’international et en hausse de 6 % sur un an (il représente 14 mois d’activité), Vinci reste ainsi confiant pour 2025. "Le carnet de commandes, à un très haut niveau, continue de progresser du fait d’un montant de prises de commandes supérieur à celui de l’activité ", a indiqué Pierre Anjolras, ajoutant : "Les prises de commandes dans les activités de fonds de commerce - lesquelles constituent la très grande majorité du chiffre d’affaires du groupe dans les services à l’énergie et la construction - restent bien orientées. Vinci peut ainsi aborder l’avenir avec sérénité sans dévier de sa politique de sélectivité privilégiant la marge au volume". Les prévisions et les indications du groupe ont ainsi été confirmées, sur l'ensemble de ses métiers. Ceci permettrait à Vinci d’enregistrer une nouvelle hausse de son chiffre d’affaires et de ses résultats en 2025, avant impact de l’alourdissement de la fiscalité, prévient le groupe.

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