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Croissance rentable et relais multiples pour Banijay / La Bourse attend toujours un signal sur le flottant

Banijay affiche une progression tous azimuts au premier semestre 2025, des contenus au live en passant par les paris en ligne. Pour espérer une meilleure valorisation, le groupe devra toutefois lever le frein de son flottant encore trop limité - une piste toujours à l’étude, dont la mise en œuvre pourrait ne pas attendre 2026.
Le premier semestre 2025 marque un jalon important dans la trajectoire définie par les équipes de Banijay
Le premier semestre 2025 marque un jalon important dans la trajectoire définie par les équipes de Banijay

C’est une constante qui se renforce avec de plus en plus d’acuité : les résultats de Banijay se développent, mais son cours de Bourse reste figé. L’action du spécialiste des contenus audiovisuels et des jeux en ligne a cédé 2,2 % en deux séances après la publication de solides résultats semestriels. Depuis le début de l’année, le calme plat : une progression de seulement 3,5 %.

Pourtant, le premier semestre jette les bases d’une montée en puissance cohérente avec les ambitions dévoilées en mai à horizon 2028, articulées autour de trois piliers : contenus, jeux en ligne et événements live.

Au premier semestre, le chiffre d’affaires s’est établi à 2,2 milliards d’euros, en progression de 6,1 % par rapport à la même période de 2024. Une progression relativement mesurée " légèrement en deçà de nos estimations", note Deutsche Bank, mais "nous pensons que Banijay reste en bonne voie pour atteindre les objectifs confirmés pour l’ensemble de l’exercice, le second semestre devant compenser", poursuit la banque. Pour rappel, le groupe table sur une croissance organique autour de 5 % pour les activités de production, distribution et événements, et autour de 15 % pour les jeux et paris en ligne.

 

Banijay muscle ses marges et accélère dans tous ses métiers

 

La rentabilité, elle, progresse à un rythme bien plus soutenu : l’EBITDA ajusté progresse de 15,8 %, à 424 millions d’euros, soit 19,2 % du chiffre d’affaires contre 17,6 % un an plus tôt. Le résultat net ajusté s’inscrit en hausse de 8,1 %, à 206 millions d’euros. Une performance qui doit beaucoup à la solidité du segment jeux, "ce qui place le groupe dans une position résiliente alors que la nouvelle taxe sur les paris en France est entrée en vigueur en juillet", souligne Deutsche Bank. L’objectif de progression organique de l’EBITDA ajusté, situé entre 5 % et 9 %, tient déjà compte de cet alourdissement fiscal.

Dans le détail, toutes les lignes d’activité du groupe sont en croissance, tant en chiffre d’affaires qu’en rentabilité. La division Contenus – incluant production, distribution et événements – a généré 1,4 milliard d’euros de revenus, en hausse organique de 3 %, pour un EBITDA de 208 millions (+6,6 %). Le renforcement des partenariats avec les plateformes de streaming tire cette croissance : elles représentent désormais 20 % du chiffre d’affaires semestriel de la division, contre 17 % l’an dernier.

 

De El Jardinero à Black Mirror, des contenus à fort impact

 

La série hispanophone El Jardinero, produite pour Netflix, s’est imposée comme la plus vue dans 46 pays avec 33 millions de vues. Black Mirror saison 6 s’est hissée en tête des séries anglophones de la plateforme. Sur Apple TV+, The Buccaneers a dépassé La Chronique des Bridgerton dans les évaluations critiques. Banijay mise aussi sur le "non-scripté", avec des formats originaux comme Building the Band, première émission musicale de Netflix, ou des déclinaisons locales de LOL et The Summit sur Amazon. Côté distribution, Masterchef, Big Brother et Survivor demeurent des piliers d’un catalogue fort de 215 000 heures de programmes. "Grâce à une créativité sans relâche, Banijay consolide sa position de leader", a déclaré François Riahi, revendiquant le statut de "studio numéro un mondial pour les lancements de formats" et de "premier studio européen en matière de production de séries".

L’activité événementielle poursuit son ascension. Les expériences live ont généré 173 millions d’euros de chiffre d’affaires (+15 %), portées notamment par Balich Wonder Studio et ses 51 événements majeurs – parmi lesquels la finale des Champions américains ou les cérémonies d’ouverture et de clôture de la Coupe du monde des clubs de la FIFA. L’expérience immersive Luminescence, déployée dans douze villes européennes, a déjà séduit plus de 220 000 spectateurs.

 

Jeux et paris en ligne, moteur de croissance confirmé

 

La croissance est également vive dans la communication événementielle. L’activité The Independents, encore non consolidée, a mené 526 projets sur le semestre. "Nous produisons plus de cinq événements live par jour en moyenne, soit deux fois plus que l’année dernière", a souligné le directeur général, voyant dans cette dynamique un levier stratégique au service du cœur de métier de Banijay.

Mais c’est la division Jeux et Paris qui reste le moteur principal. Elle a vu son chiffre d’affaires grimper à 785 millions d’euros (+12,3 %) et son Ebitda bondir de près de 26 %, à 221 millions. Des niveaux d’autant plus remarquables qu’ils se comparent à un premier semestre 2024 dopé par un calendrier sportif exceptionnel. Le nombre de joueurs actifs uniques a progressé de 25 %, stimulé par le nouveau format de la Ligue des Champions et par les performances de la plateforme BetWin : "une disponibilité à 100 % lors des pics d’affluence, une offre constamment renouvelée de paris personnalisés, et des fonctionnalités innovantes", a énuméré François Riahi.

 

Créer enfin les conditions d’un revalorisation

 

Reste à transformer cette dynamique opérationnelle en création de valeur boursière. Le sujet du flottant, faible depuis l’introduction en Bourse, reste le principal verrou. La direction assure y travailler. "C’est une de nos priorités d’étendre notre flottant", a rappelé François Riahi jeudi. En mai, un capital market day a permis d’exposer la feuille de route stratégique, et les discussions se poursuivent avec les investisseurs pour définir "la bonne façon et le bon moment d’ouvrir notre flottant, dans des conditions qui soient à la fois bonnes pour nos actionnaires actuels et pour les futurs actionnaires qui nous rejoignent".

Un élargissement du flottant pourrait aussi, à terme, servir à financer la montée au capital de la société britannique The Independents. Mais il ne s’agit pas d’un préalable. "Le timing de notre opération de marché n’est pas dépendant du temps d’exercice de ce call", a précisé le dirigeant, insistant sur le rôle décisif de la fenêtre de marché. Et d’ajouter : "Cela ne veut pas dire qu’une opération de marché doit forcément attendre 2026."

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