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Banca Generali / Generali / Mediobanca / Alberto Nagel / Philippe Donnet
Generali garde la main dans la séquence Mediobanca / Le sort de Banca Generali reste suspendu à une double échéance
Avec le ton factuel qu’impose la diplomatie financière, Generali a répondu. Dans un bref communiqué mercredi soir, l’assureur italien a pris acte des nouvelles précisions de Mediobanca sur son offre publique d’échange visant Banca Generali, sa filiale spécialisée dans la gestion de fortune. Une manière de maintenir le dialogue, sans pour autant se départir de sa prudente réserve.
Car à six semaines d’une assemblée générale décisive chez Mediobanca, l’enjeu dépasse largement le sort de cette filiale, aussi stratégique soit-elle.
Une offre à double détente
Lancée fin avril, l’offre vise à acquérir 100 % de Banca Generali pour environ 6,3 milliards d’euros, par un échange d’actions Generali. Officiellement, il s’agit pour Mediobanca de renforcer ses positions dans la gestion de patrimoine, un axe stratégique de long terme, complémentaire à son métier historique de banque d’investissement.
Mais l’opération est aussi, implicitement, une manœuvre défensive. Elle vise à contrecarrer le scénario d’un rapprochement avec Monte dei Paschi di Siena (MPS), soutenu en coulisses par certains actionnaires dissidents qui militent pour un virage stratégique plus audacieux. Dans le prolongement d’un affrontement feutré qui dure depuis plusieurs trimestres, les actionnaires Delfin (famille Del Vecchio) et Francesco Gaetano Caltagirone - également engagés au capital de Generali - contestent la ligne actuelle portée par Alberto Nagel à la tête de Mediobanca, et poussent à une recomposition des équilibres.
L’équilibre délicat de Generali
Dans ce contexte, le rôle de Generali est particulièrement délicat. Propriétaire d’environ 50 % de Banca Generali, l’assureur est au cœur du jeu : c’est à la fois sa filiale qui est ciblée, et son capital qui serait mis à contribution dans la transaction. Accepter l’échange reviendrait à faciliter la sortie de Mediobanca de Generali, et à rompre un lien ancien entre deux institutions longtemps imbriquées. À l’inverse, refuser exposerait Mediobanca à l’échec de l’opération - et à une perte de contrôle du récit stratégique à l’approche de son assemblée générale.
En tant que deuxième actionnaire de Mediobanca, derrière Delfin, Generali joue donc un rôle d’arbitre de fait dans cette partie à trois bandes. D’autant que les mêmes actionnaires qui s’opposent à Alberto Nagel ont, par le passé, tenté de remettre en cause la direction de Philippe Donnet chez Generali. Une tentative d’éviction en 2022, finalement mise en échec par sa reconduction à la tête de Generali — un épisode révélateur des tensions toujours vives dans une architecture capitalistique enchevêtrée.
Compte à rebours
En ajournant son assemblée générale initialement prévue en juin, Mediobanca avait explicitement conditionné la suite du processus à la décision de Generali. Depuis, la direction de la banque d’affaires s’emploie à rallier ses actionnaires à sa stratégie, en particulier sur la promesse de 4,9 milliards d’euros de retours au capital d’ici 2026.
Le Conseil d’administration a désormais fixé la nouvelle date de l’assemblée générale ordinaire au 21 août. Mais l’élément déterminant reste la prise de position finale de Generali, qui pourrait aussi peser dans une autre échéance : celle du 8 septembre, date d’expiration d’une offre potentielle de MPS sur Mediobanca. Un scénario que la direction actuelle s’efforce d’écarter, sans toutefois avoir encore les moyens de le neutraliser pleinement.
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