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Chez Renault, François Provost réorganise sans attendre / Des nominations stratégiques pour l’ingénierie, les marques et les achats
Fraîchement nommé directeur général de Renault le 31 juillet dernier, François Provost s’emploie déjà à remodeler l’état-major du constructeur. Après un premier ajustement en plein cœur de l’été, avec la nomination de Florent Chaix aux relations investisseurs, le mouvement s’est accéléré depuis hier avec des annonces touchant cette fois à des postes opérationnels de premier plan. Une proactivité qui est a priori plutôt une bonne chose, même si la Bourse reste prudente : l’action a gagné 1,3 % lundi avant de reperdre 2,5 % le lendemain. De quoi réduire au minimum la période de flottement consécutive au départ de Luca de Meo, alors que les résultats semestriels publiés fin juillet ont illustré la sensibilité du groupe à son environnement.
Le communiqué publié le 1er septembre acte une réorganisation profonde de la "Leadership Team", le comité de direction élargi qui pilote les orientations stratégiques et opérationnelles du groupe. Renault y ajoute des profils expérimentés, à la fois pour sécuriser l’exécution et accélérer sur des priorités jugées décisives.
Renault muscle son pilotage de l’innovation et des marques
La création d’un poste de Chief Technology Officer confié à Philippe Brunet illustre ce recentrage. Ingénieur maison, reconnu pour avoir structuré l’électrification (E-Tech Technologies) et raccourci les cycles de développement - on lui doit notamment la nouvelle Twingo et les avancées dans les batteries -, il hérite désormais de l’ensemble de l’ingénierie du groupe et d’Ampere, la filiale dédiée aux véhicules électriques et logiciels. Son rôle consistera à mieux coordonner la R&D avec la production, la qualité, les achats et la supply chain, tout en accélérant l’innovation. Un signal fort dans un contexte où l’électrique, plus coûteux à produire, pèse sur les marges.
Autre évolution notable : Fabrice Cambolive, actuel directeur général de la marque Renault, se voit confier la fonction nouvellement créée de Chief Growth Officer. Outre le pilotage des marques Renault et Dacia - désormais dirigée par Katrin Adt, transfuge de Mercedes - il portera la responsabilité de la croissance internationale, avec un accent sur l’Inde, l’Amérique latine et la Corée. Cette mission transversale vise à harmoniser la stratégie commerciale, du marketing à l’expérience client, dans un marché mondial de plus en plus segmenté.
Un état-major resserré autour de la compétitivité
Sur le terrain industriel, Thierry Charvet voit son périmètre élargi à la supply chain, en plus de la direction industrielle et qualité qu’il supervisait déjà. Cette consolidation vise à fluidifier les flux et à améliorer la réactivité du groupe face aux aléas logistiques. Aux achats, Anthony Plouvier succède à François Provost comme Chief Procurement Officer. Fort de vingt ans d’expérience en France, en Turquie et au Japon, il est présenté comme un profil taillé pour renforcer la compétitivité et consolider les partenariats avec les fournisseurs, dans un contexte de pression accrue sur les coûts.
Côté ressources humaines, Claire Fanget, jusqu’ici en charge de la marque Renault, prend le relais de Bruno Laforge en tant que Chief People & Organisation Officer. Elle devra accompagner la transformation des métiers, adapter les compétences aux besoins de l’électrification et nourrir une culture d’excellence au sein d’un groupe qui compte près de 100.000 salariés dans le monde. Enfin, Christian Stein, déjà responsable de la communication, accède à la Leadership Team, garantissant la continuité dans les affaires publiques et les partenariats supervisés directement par le directeur général.
Un pari sur l’exécution
En promouvant des figures internes, François Provost mise sur la légitimité et la connaissance fine du groupe pour accélérer la mise en œuvre de la stratégie. Ces nominations interviennent alors que Renault a vu sa marge opérationnelle automobile reculer à 4 % au premier semestre et son cash-flow passer dans le rouge, sur fond de transition accélérée vers l’électrique. Dans un secteur soumis à la double contrainte de l’électrification et de la compétition mondiale, l’efficacité d’exécution reste la clef.
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