Macro-économie / Taux / Fraudes / moyens de paiment / Denis Beau
Macro-économie / Taux
Fraudes / moyens de paiment / Denis Beau
La fraude aux moyens de paiements évolue rapidement / Son volume reste pour l’heure contenu
L’émergence des nouvelles technologies s’accompagne de son lot d’ingéniosités de la part des fraudes. La sécurité des moyens de paiement n’échappe pas à ce constat, selon l’Observatoire dédié. Derrière une fraude qui se stabilise en volume, se cachent des nouveaux défis pour les autorités françaises pour s’adapter aux nouvelles méthodes des fraudeurs.
De quoi pousser l’Observatoire à s’emparer de la question de l’intelligence artificielle, un vrai levier à activer selon ses équipes afin "d’améliorer la qualité des données tout au long de la chaîne des paiements". Une nécessité au vu des "opportunités pour les fraudeurs via de nouvelles capacités de création offertes par l’IA générative ". Au fur et à mesure que certains usages déclinent tels que celui des chèques ou sont mieux protégés, ce sont d’autres techniques qui sont mobilisées pour dérober de l’argent.
Évolution
C’est notamment le cas des paiements à distance non authentifiés qui était la seule catégorie de fraudes en augmentation l’an passé, pour 21 % du total. Denis Beau, président de l’Observatoire de la Sécurité des Moyens de Paiement et sous-gouverneur de la Banque de France, considérant qu’il faut faire "face à des fraudeurs de plus en plus organisés, sophistiqués et crédibles". La hausse marquée de l’utilisation des moyens scripturaux au détriment de ceux fiduciaires ne facilitant pas la tâche ; le président expliquant que "le premier moteur de cette croissance est la carte […] son usage continue à progresser".
Pesant pour près de 65 % des paiements scripturaux, les opérations par carte représentent près de 96 % des cas de fraudes en 2024. Néanmoins, elles pèsent uniquement 44 % du montant total de la fraude, un déséquilibre qui illustre le fait que l’immensité majorité des cas concerne des montants pour le moins réduits. Pour autant, les pistes d’actions pour sécuriser davantage les paiements par carte ne manquent pas, qu’il s’agisse de mesures ciblées sur les commerçants exposés à la fraude ou encore de mesures visant à diminuer le nombre de paiements internet non authentifiés via la technologie 3DS.
Soutien
Les équipes de l’observatoire ont souligné à quel point les différentes parties prenantes participaient grandement à limiter la fraude. C’est notamment le cas pour les opérateurs téléphoniques. Au rang des réalisations récentes on retrouve ainsi le déploiement d’un mécanisme d’authentification permettant de reconnaître les numéros utilisés pour réaliser une fraude ou encore la protection des identifiants d’envoi des SMS. Les criminels ne restent pas les bras croisés pour autant et tenteraient de rediriger le flux de fraudes sur des plateformes numériques ou autres réseaux sociaux, un dialogue avec ces acteurs est espéré dans le futur.
Le secrétaire de l’institution Julien Lasalle souligne quant à lui les efforts déployés par les Banques pour étayer leur refus ou non de rembourser leurs clients ayant subi une fraude. Elles disposent d’éléments permettant d’attester le cas échéant qu’une négligence a été commise ou non. Il n’a pas caché que leurs équipes restaient attentives face à de trop grandes disparités d’un établissement à l’autre. Un espoir a également été évoqué, celui de voir adopté une proposition de loi permettant d’établir un fichier des IBAN frauduleux.
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