WAN
menu
 
!
L'info stratégique
en temps réel
menu
recherche
recherche

Fiscalité / CMA-CGM / Rodolphe Saadé / Assemblée Nationale

Fiscalité
CMA-CGM / Rodolphe Saadé / Assemblée Nationale

Taxe Zucman : Rodolphe Saadé estime ne pas avoir de leçon de patriotisme à recevoir / « Les entreprises ne sont pas responsables des fractures de la société française »

Alors que le gouvernement et les parlementaires cherchent de nouveaux leviers pour résorber le déficit public, le géant marseillais du transport maritime, CMA CGM, par la voix de son président-directeur général, Rodolphe Saadé, a défendu, ce mercredi matin, à l’Assemblée nationale, son patriotisme assumé : emplois, investissements massifs, impôts payés en France, y compris pour la holding familiale rapatriée depuis deux ans du Liban. Et le patron de la compagnie de mettre en garde les membres de la Commission des affaires économiques contre la tentation de surcharger les grandes entreprises lors du prochain budget.
Rodolphe Saadé (Photo by Ludovic MARIN / POOL / AFP)
Rodolphe Saadé (Photo by Ludovic MARIN / POOL / AFP)

Le groupe CMA-CGM contribue-t-il suffisamment au redressement du pays ? Pour Rodolphe Saadé, son président-directeur général, la réponse est assurément oui. Interrogé par un député estimant que l’entreprise marseillaise ne prenait pas "sa juste part" à l’effort national pour résorber le déficit public, et qui lui demandait si la mise en place de la taxe Zucman serait de nature à le faire fuir de France, le patron de CMA CGM n’a pas mâché ses mots, ce mercredi lors d’une audition de la Commission des affaires économiques de l’Assemblée nationale : "Je n’ai pas vocation à être Mère Teresa mais notre groupe a par exemple ramené à Marseille tous les sièges de ses acquisitions externes. De même, la holding familiale était au Liban, elle est en France depuis deux ans et paie ses impôts en France. Nous comptons plus de 20 000 collaborateurs dans le pays. Nous avons investi plus de 14 milliards d’euros en France ces dernières années. Il y a aussi notre fondation qui œuvre à l’égalité des chances dans l’accès à l’éducation des enfants et des jeunes ou notre centre de formation et d’innovation Tangram. Au niveau patriotisme, je pense que nous en faisons pas mal. Mais concernant la taxe Zucman, je pense qu’en France, nous sommes quand même les champions du monde des taxes. Si on veut encore taxer, alors on va moins investir, moins de développer et nous aurons des difficultés à avancer", a-t-il répondu, rappelant avoir conscience de la situation budgétaire difficile de la France.

"Dans le budget 2025, sur les 8,5 milliards d’euros de contribution exceptionnelle, CMA CGM assumera 500 millions d’euros à elle seule. A cela s’ajoutera le paiement de l’impôt sur les sociétés majoré appliqué à l’ensemble des activités (logistiques, terminaux et médias, soit 40 % du chiffre d’affaires du groupe) hors transport maritime. Nous avons accepté le principe d’un effort exceptionnel. J’ai même été le premier dirigeant d’entreprise à m’exprimer, l’année dernière, positivement sur ce sujet. Mais cet effort inédit doit rester exceptionnel car il obère notre compétitivité face à nos concurrents. Ce que nous demandons, c’est de la stabilité. Les entreprises ne peuvent pas être tenues responsables des fractures de notre société. Nous sommes des partenaires de la nation ", a-t-il expliqué, se disant "d’accord " avec le co-fondateur de Mistral AI, invité ce mardi soir au journal télévisé de France 2 et au cours duquel Arthur Mensch a appelé "à trouver des solutions pour plus de justice fiscale sans dégrader la compétitivité de la France".

Dans ce contexte, et anticipant de potentiels amendements dans le cadre du futur projet de loi de finances pour 2026, pas question pour le président-directeur général de toucher à la taxe au tonnage. "Elle est un cadre fiscal européen appliqué à 90 % de la flotte mondiale. Nos concurrents sont tous sous ce même régime. Il s’agit d’un mode de taxation adaptée à la particularité du transport maritime marquée par une forte cyclicité. Remettre en cause ce régime en France serait un coup fatal porté à la filière. Pour garder sa souveraineté, CMA CGM ne peut pas être traité différemment de ses concurrents", a-t-il de nouveau prévenu.

Vous souhaitez réagir à cet article ou apporter une précision ?
Commentez cet article