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Moody’s valide la mue d’Axa / Le relèvement de la note consacre un modèle plus robuste
La même semaine où la France subit une nouvelle dégradation de sa note souveraine, AXA voit la sienne relevée. Mardi, Moody’s a hissé la solidité financière du premier assureur français de Aa3 à Aa2, assortie d’une perspective stable. Une reconnaissance qui aligne désormais AXA avec les pairs les mieux notés du secteur - tels qu’Allianz et Zurich Insurance - et confirme qu’une stratégie bien exécutée peut neutraliser le bruit macroéconomique national et produire un profil de risque qui s’émancipe du contexte domestique.
Avec cet ajustement, il y a unanimité des grands notateurs : S&P attribue à AXA une note AA- avec perspective positive, Fitch une note AA (IFS) avec perspective stable. Tous reconnaissent un profil consolidé dans la durée.
Une bascule profitable
C’est une décennie de bascule stratégique qui se voit ainsi validée. Le groupe a opéré un virage total depuis la crise financière de 2008, amorcé sous la houlette d’Henri de Castries et amplifié par Thomas Buberl. À l’époque centré sur l’assurance vie et la gestion d’actifs, AXA a progressivement rééquilibré son profil en faveur des risques dits "techniques" - assurance dommages, santé et prévoyance. Les deux grandes opérations de 2018 en ont été l’illustration la plus spectaculaire : l’introduction en Bourse puis le désengagement progressif de la filiale américaine Equitable Holdings, et l’acquisition de XL Group pour plus de 12 milliards d’euros. Cette dernière a propulsé AXA au rang de numéro un mondial de l’assurance dommages des entreprises, ancrant définitivement la bascule du groupe.
Depuis, le recentrage s’est poursuivi avec des cessions en Europe centrale, en Grèce ou au Moyen-Orient. Mais surtout, la cession d’AXA Investment Managers à BNP Paribas, finalisée à l’été 2025, a marqué une autre étape majeure du processus. Parallèlement, le groupe a renforcé ses positions en assurance dommages et santé avec des acquisitions ciblées, comme GACM España en 2023 puis Nobis et Prima en Italie en 2025.
Cette réorientation se lit dans les résultats. Le retour sur capital, tel que défini par Moody’s, est passé d’une moyenne de 6 % entre 2019 et 2022 à environ 9 % en 2023 et 2024. L’assurance dommages contribue désormais pour près des deux tiers aux résultats sous-jacents, alors que vie et santé ont maintenu leur contribution en valeur absolue. Les revenus apparaissent ainsi moins dépendants des marchés financiers et plus récurrents.
Des fonds propres robustes malgré la générosité actionnariale
La solvabilité constitue un autre pilier du diagnostic. Le ratio Solvabilité II atteignait 220 % au deuxième trimestre 2025, un niveau jugé robuste et stable. Moody’s ne délivre pas pour autant un blanc-seing, évoquant une génération de capital tempérée par les rendements élevés pour les actionnaires du groupe, via les dividendes et les rachats d’actions. Une remarque logique s’agissant d’un assureur, pour qui les fonds propres constituent la première garantie en cas de choc. Pour autant, l’agence fait confiance à AXA pour maintenir le bon équilibre entre rémunération des actionnaires et préservation du capital. Le groupe a lui-même déjà eu l’occasion d’expliquer qu’il s’attachait à préserver cet équilibre entre ce qu’il verse à ses actionnaires et ce qu’il garde pour financer sa croissance. Toujours est-il que Moody’s met en avant la robustesse et la résilience du ratio de Solvabilité II d’AXA face à divers scénarios de stress financier.
Un diagnostic que l’exposition d’AXA à la France ne ternit pas : seulement 5 % des actifs généraux sont investis en obligations d’État tricolores, et 24 % des résultats sous-jacents proviennent du marché domestique. De quoi confirmer que la trajectoire de l’assureur repose avant tout sur ses propres fondamentaux.
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