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Macro-économie / Taux

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L’Union européenne et l’Indonésie concluent un accord de libre-échange / Une alliance économique pour la durabilité et la diversification

Après près d’une décennie de négociations, l’Union européenne et l’Indonésie ont finalisé un accord de partenariat économique global et un accord de protection des investissements. Objectif : renforcer les liens commerciaux, sécuriser l’accès à des matières premières critiques et ouvrir de nouvelles perspectives pour les entreprises des deux régions.
Maros Sefcovic, commissaire européen au Commerce - Dursun Aydemir / Anadolu via AFP
Maros Sefcovic, commissaire européen au Commerce - Dursun Aydemir / Anadolu via AFP

Un nouveau pont économique établi entre l’Europe et l’Indonésie. Après près de dix années de négociations, l’Union européenne et l’Indonésie ont officiellement finalisé ce 23 septembre un accord de partenariat économique global (CEPA) ainsi qu’un accord de protection des investissements (IPA). Ces textes établissent un cadre commercial et économique renforcé entre les deux partenaires, combinant ouverture des marchés, soutien aux entreprises et engagements en matière de durabilité.

Les discussions avaient été relancées à haut niveau en juillet dernier, à la suite d’un accord politique entre la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, et le président indonésien, Prabowo Subianto. Le commissaire européen au Commerce et à la Sécurité économique, Maroš Šefčovič, en déplacement en Indonésie, a salué un "jalon historique" pour les relations bilatérales. En 2024, le commerce de biens a dépassé 27 milliards d’euros, avec un excédent commercial en faveur de l’Indonésie. Par ailleurs, l’Union européenne domine dans les échanges de services, qui ont atteint près de 9 milliards d’euros.

L’un des volets clés de l’accord repose sur l’élimination des droits de douane sur 98,5 % des lignes tarifaires, ce qui représente une économie estimée à 600 millions d’euros par an côté européen. Les secteurs de l’automobile, des machines-outils, de la chimie et de l’agroalimentaire devraient en tirer un bénéfice direct. Par exemple, le droit de douane indonésien de 50 % sur les voitures sera progressivement supprimé sur cinq ans.

Les entreprises européennes bénéficieront également de conditions d’accès privilégiées dans les services - notamment dans les télécommunications et les technologies de l’information -, avec la possibilité de détenir jusqu’à 100 % du capital dans certains secteurs clés.

L’accord ouvre de nouvelles opportunités pour les agriculteurs européens, avec la suppression progressive des barrières douanières sur les produits laitiers, les viandes, les fruits et légumes, et les aliments transformés. Il garantit en parallèle la protection de 221 indications géographiques européennes, dont des spécialités comme le Roquefort ou le Prosciutto di Parma.

Certaines filières sensibles, comme le riz, le sucre ou les bananes, restent encadrées via des quotas ou des tarifs conservés, afin de préserver les équilibres agricoles européens.

La dimension durable est centrale dans l’accord. Le CEPA intègre un pilier sur le développement durable, aligné avec l’accord de Paris sur le climat. Il vise à favoriser le commerce de technologies propres et d’énergies renouvelables, tout en instaurant une coopération bilatérale sur les normes environnementales, y compris dans des secteurs sensibles comme l’huile de palme.

En tant que producteur majeur de matières premières critiques, l’Indonésie est un partenaire stratégique pour l’Europe, en particulier dans les secteurs du numérique et de la transition énergétique. L’accord facilite les échanges de ces ressources tout en posant les bases d’une coopération renforcée sur la traçabilité, la durabilité et les normes industrielles.

Les textes du CEPA et de l’IPA seront prochainement rendus publics, traduits dans toutes les langues officielles de l’UE, puis soumis à l’examen juridique. Ils devront ensuite être approuvés par le Conseil de l’UE, puis par le Parlement européen, avant d’entrer en vigueur - une fois également ratifiés par l’Indonésie.

 

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