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Des pays émergents intéressés au premier plan par les stablecoins / Une émergence qui apporte également son lot de risques
Un verre dont on ne sait pas s’il est à moitié plein ou moitié vide. L’émergence des stablecoins ne fait guère de doute, notamment pour le gouverneur de la Banque de France, et les préoccupations en matière de souveraineté sont les mêmes où qu’on soit sur la planète à l’exception des Etats-Unis. Les spécialistes du conseil aux gouvernements de Global Sovereign Advisory (GSA) constatent aussi que plus des neuf dixièmes des stablecoins actuellement en circulation sont libellés en dollar.
Ils partagent cette semaine une estimation d’une capitalisation des stablecoins devant dépasser les 1 000 milliards de dollars en 2030. Le plus frappant est de constater que le scénario conservateur dressé par les équipes de GSA conduirait à ce que "le surplus de demande en titres de dette américains lié à l’émission de stablecoins représenterait environ 10 % de la hausse de l’encours de dette publique entre 2025 et 2030, soit 2,5 % du stock de dette publique total ". Les promesses d’un tel essor sont réelles qu’il s’agisse d’une plus grande rapidité, de la simplicité d’usage ou encore de faibles coûts de transaction.
Opportunités
Le conseiller des gouvernements constate qu’effectivement contrairement "aux transactions classiques, qui doivent rémunérer l’intermédiaire bancaire et les frais de conversion de devises, les paiements en stablecoins s’affranchissent des contraintes de localisation et de devises ". Donald Trump, le président américain, n’est ainsi pas le seul responsable de la hausse de 124 % de la capitalisation des stablecoins lors des vingt-quatre derniers mois. Un cercle vertueux semble exister avec des coûts diminuant au fur et à mesure que les usages augmentent.
Les ménages sont d’autant plus prompts à s’emparer des stablecoins lorsque leur économie est subie à une inflation conséquente et une forte volatilité des changes. Il est ainsi relaté qu’en Argentine," où l’inflation avait atteint 161 % en 2023 (33,6 % d’inflation annuelle en juillet 2025), les Argentins se sont tournés vers les stablecoins : les achats d’USDT et d’USDC combinés représentaient 72 % de l’ensemble des achats de cryptoactifs en 2024". Le chiffre de la part d’utilisateurs des stablecoins dans les marchés émergents à des fins d’épargne est de 47.
Ancre
Difficile pour autant de se réjouir béatement devant les déboires passés de certains stablecoins. La consolidation du secteur au fil du temps peut en rassurer certains, chez les équipes de GSA on considère que "ces incidents ont mis en lumière plusieurs limites : le risque posé par la concentration des réserves, la fragilité de l’ancrage, et l’intensité du cercle vicieux qu’un vacillement de la confiance peut entraîner". L’amélioration du nombre et de la qualité des audits ne pouvant pas remplacer un cadre réglementaire inexistant ou parcellaire.
Le manque d’interopérabilité demeure également un sujet, pour l’heure il n’est pas possible de substituer un stablecoin à un autre lors d’un paiement. La force de l’indépendance de ces actifs peut faire qu’un agent économique va être dans l’incapacité d’effectuer un règlement à un autre agent si ce dernier n’accepte que les paiements dans un autre stablecoin que celui détenu par le payeur. Reste à savoir si cette barrière sera levée par l’innovation ou la régulation ou bien les deux.
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