Levées de fonds
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Levées de fonds dans la French Tech : au-delà de "l’effet Mistral AI", le recul reste marqué / Une phase de sélection accrue qui se confirme toujours plus
La conclusion était pressentie : la grande levée de fonds de Mistral AI de 1,7 milliard d’euros, au mois de septembre, a joué son rôle de locomotive dans le bilan des levées de fonds sur les neuf premiers mois de l’année. Selon le traditionnel baromètre du capital-risque d’EY, les start-ups françaises ont ainsi levé 5,6 milliards d’euros, au travers de 433 opérations, au 30 septembre 2025. "Mistral, la décacorne (une start-up valorisée à plus de 10 milliards de dollars, ndlr) qui cache la forêt française", relève d’ailleurs Franck Sebag, associé au sein du cabinet et expert des sujets d’innovation. En valeur, le recul ne s’affiche en effet qu’à hauteur de 2 %. En volume, le nombre d’opérations a chuté de 21 % sur un an. "Sans cette opération exceptionnelle, les montants levés en France auraient chuté de plus de 30 % : la situation apparaîtrait comme bien plus préoccupante", indique l’étude. Le secteur des logiciels, incluant les projets liés à l’intelligence artificielle, domine en tout cas largement le paysage : 3,1 milliards d’euros levés (soit une hausse de 49 % sur un an) et 159 opérations (en progression de 34 %). Les greentechs et les fintechs suivent sur le podium, mais avec de nettes contractions, tant en volume qu’en valeur, au compteur.
Par taille d’opérations, le bilan est aussi contrasté. "La contraction du marché se confirme, notamment pour les petits et moyens tours. Les levées inférieures à 10 millions d’euros reculent de 15 % en valeur et de 24 % en volume, celles comprises entre 10 millions d’euros et 20 millions d’euros diminuent de 10 et 14 % respectivement", poursuit le rapport. S’agissant des segments compris entre 20 millions et 100 millions d’euros, ils font preuve d’une certaine résilience, avec une croissance de 4 % à 19 % en valeur et jusqu’à 25 % en volume. En revanche, du côté des opérations supérieures à 100 millions d’euros (certes, historiquement peu nombreuses, indique l’étude) elles chutent au nombre de 4… contre 10 en 2024.
Quelques opérations remarquées
Outre la levée de fonds colossale de Mistral AI, certaines levées de fonds d’envergure ont donc toutefois bien répondu à l’appel depuis le début de l’année, et notamment sur les derniers mois. On y retrouve notamment celle de Waat au mois de septembre (bornes de recharge électrique, 100 millions d’euros, avec Bpifrance et DWS sur le banc des investisseurs), et celle de Genesis AI en juillet (IA appliquée à la robotique, 90 millions d’euros, avec Alven, Bpifrance, ou Eurazeo, entre autres). Le top cinq des investissements reste complété par des levées de fonds antérieures au mois de juillet, comme celle de Knave (logiciels, 100 millions d’euros, Xifu Capital) et Alice et Bob (100 millions d’euros, AXA Venture Partners, Bpifrance, Breega, Elaia Partners, entre autres).
Avec ses 5,6 milliards d’euros levés depuis le début de l’année, la France reprend toutefois, bien que de peu, l’avantage sur l’Allemagne (5,3 milliards d’euros). Elle arrive en revanche loin derrière le Royaume-Uni et ses 15,6 milliards d’euros levés. D’autant, remarque EY, que l’Allemagne profite d’un growth equity solide, alors que la France souffre de l’effondrement des opérations supérieures à 100 millions d’euros. Et d’autres maux également : "Moins d’opérations globales, une forte concentration des levées de fonds en Île-de-France et une forte dépendance à l’égard de quelques champions technologiques… Le 3ème trimestre 2025 confirme la tendance : le marché français du capital-risque traverse une phase de sélection accrue. Si la résilience en valeur est en partie préservée, elle repose quasi-exclusivement sur la levée de fonds de Mistral AI. Sans la première décacorne française, le décrochage de notre pays serait bien plus marqué encore. L’enjeu des prochains mois ? Réactiver la dynamique sur les tickets petits et moyens, indispensables au renouvellement de la French Tech", observe Franck Sebag.
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