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Agrément de l’ACPR en poche, Lise est prête à lancer une Bourse d’actions tokenisées / Un processus rigoureux dans le cadre du règlement européen "Régime Pilote"
Le processus d’autorisation fut exigeant. Jeudi, la start-up Lise (pour Lightning Stock Exchange) a annoncé avoir obtenu l’agrément SNR DLT de la part de l’ACPR, qui permet d’opérer un système de négociation et de règlement dont le fonctionnement repose sur la technologie DLT (celle des registres distribués), dans le cadre du règlement "Régime Pilote" européen. Il est entré en vigueur en 2023 et a créé trois catégories d’infrastructures de marché "DLT", relevant chacune d’une procédure spécifique. Le SNR DLT couvre le périmètre des deux premières.
S’il est délivré en France par l’ACPR, l’agrément nécessite toutefois également de récolter les avis de la Banque de France, de l’AMF, de l’ESMA, de l’Eurosystème ou encore de la BCE. Son obtention fait ainsi de Lise la première infrastructure de marché française autorisée à combiner, au sein d’une même plateforme, les fonctions de système multilatéral de négociation, et de dépositaire central de titres. "Deux autres infrastructures de marché l’ont déjà obtenu en Europe, mais sur d’autres types d’actifs, puisqu’ils opèrent sur des obligations. Nous sommes les seuls à l’avoir décroché pour des actions cotées", explique à WanSquare Mark Kepeneghian, directeur général de Lise.
Dans le détail, Lise est en effet une Bourse d’actions nativement tokenisées. Un aspect technique qui permet d’unifier l’infrastructure de marché, sans intermédiaire, pour combiner une multitude de fonctions traditionnellement séparées. L’exécution des ordres et le règlement-livraison s’effectuent de manière instantanée et intégrée, tandis que la cotation devient continue, ouvrant la voie à des échanges d’actions en temps réel, 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7. Un dernier aspect qui représente, pour Mark Kepeneghian, deux grands avantages du côté des investisseurs : "Cela offre un meilleur accès aux investisseurs étrangers, puisque les Bourses européennes sont traditionnellement fermées lorsqu’ils veulent se positionner. L’autre point capital est celui des investisseurs retail, qui investissent peu en Bourse et davantage dans les cryptomonnaies. L’une des explications à cela est qu’un investisseur retail traditionnel investit quand il rentre du travail, lorsque la Bourse est fermée", indique-t-il.
Projet européen
Lise cible les PME et ETI de secteurs stratégiques (défense, énergie, industrie, etc.), qui restent traditionnellement éloignées, ou intimidées, par l’idée de s’introduire en Bourse. L’unification de l’infrastructure permet de réduire nettement les coûts globaux de cotation, rendant ainsi cette voie davantage compétitive, au regard de leur taille ou de leurs perspectives. Une manière de leur offrir un accès simplifié au financement par le marché, tout en leur permettant d‘entrer dans le champ de vision de nombre d’investisseurs. "Notre objectif est de permettre au plus grand nombre de participer à l’économie productive, d’investir directement dans le capital des PME. C’est l’essence même de l’Union de l’épargne et de l’investissement, un projet dans lequel le nôtre s’inscrit, car il n’y a pas de manière plus simple et plus efficace de mettre son épargne à profit de l’économie réelle", indique Mark Kepeneghian, qui précise que Lise sera ouvert à tous les types d’investisseurs, notamment institutionnels.
Il indique d’ailleurs qu’il était important pour la maison mère de Lise, Kriptown, d’avoir des banques à son capital, avant de déposer son dossier d’agrément, puisque ces dernières sont aussi les premières à utiliser ces infrastructures de marché (l’entreprise est, à date, soutenue par Bpifrance, BNP Paribas et Caceis). La demande officielle d’agrément de Lise ne date que du 11 septembre dernier, selon l’avis rendu par l’AMF, mais l’ensemble du cheminement a été plus étalé. Avant même que le règlement "Régime pilote" ne soit mis sur pied, la fintech a été en discussion avec les régulateurs et salue, par ailleurs, la posture de ces derniers en France quant au sujet des innovations financières. "Le dossier a été dense, ce qui est normal, ces dernières ne doivent pas émerger et se développer aux dépens de la qualité des infrastructures et de la protection des investisseurs et des épargnants. Mais l’ACPR et l’AMF n’ont jamais montré de blocage et ont toujours été constructives", note Mark Kepeneghian.
Pour l’heure, Lise pourra techniquement inaugurer sa première introduction en Bourse (IPO) d’ici deux à trois semaines, et est actuellement en contact avec bon nombre de PME, dont certaines sont avancées dans le processus. "Nous ne voulons pas les presser", souligne Mark Kepeneghian. "C’est un cap majeur dans la vie d’une entreprise, il ne faut pas que cela soit précipité. La première IPO arrivera vraisemblablement au premier trimestre de 2026", ajoute-t-il.
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