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Droit de la concurrence / Jeantet / Portrait / Cabinet d'avocats d'affaires / Renaud Christol

Droit de la concurrence
Jeantet / Portrait / Cabinet d'avocats d'affaires / Renaud Christol

exclusif Renaud Christol, d’un collectif à l’autre pour le nouvel associé de Jeantet / L’héritage du sport de haut niveau dans la gestion des dossiers complexes en droit de la concurrence

EXCLUSIF. Renaud Christol boucle la boucle, mais avec une toute nouvelle perspective. Vingt ans après y avoir fait ses premiers pas, l’avocat d’affaires vient de réintégrer le cabinet Jeantet pour co-piloter la pratique concurrence. Ancien sportif de haut niveau et entrepreneur dans l’âme, il défend une approche industrielle du droit de la concurrence, fondée sur une immersion totale dans l’univers de ses clients. Retour sur un parcours où le collectif et la stratégie font loi.
Renaud Christol (©Jeantet)
Renaud Christol (©Jeantet)

Renouer avec son premier amour. Après 14 ans chez August Debouzy, Renaud Christol a rejoint en août dernier le cabinet d’avocats d’affaires Jeantet pour co-diriger la pratique concurrence aux côtés de l’associé Florent Prunet. Un cabinet que Renaud Christol connaît bien pour y avoir fait ses premières armes d’avocat en 2003.

 

Le nom et les murs

 

C’est toutefois une nouvelle aventure qui s’ouvre à lui aujourd’hui. " Le cabinet s’est considérablement transformé en plus de 20 ans. Le nom est le même mais quasiment tout le reste a changé. A mon arrivée, en 2003, la pratique concurrence était en effet centrée sur le marché français et sur le contentieux. Elle est aujourd’hui complètement tournée vers l’international avec des dossiers impliquant du contrôle des concentrations sur des opérations cross-border. Le cabinet a en outre développé de nouvelles pratiques avec l’arrivée de nombreux avocats et fait preuve d’un dynamisme unique sur le marché, qui révèle son attractivité. Quand un cabinet recrute autant, c’est peut-être qu’il se passe quelque chose de spécial au sein de celui-ci ", constate l’associé dans un entretien accordé à WanSquare.

Ce qui l’a aussi poussé à revenir : "le cabinet ressemble à une entreprise dans de nombreux aspects, notamment pour sa gestion, et cela m’a également séduit ", confie-t-il.

 

Mettre les mains dans le cambouis

 

Renaud Christol a une vision très industrielle de sa pratique. " Si l’on veut bien faire son travail d’avocat en droit de la concurrence, il faut très bien connaître l’activité de son client. A la différence d’autres matières, en droit de la concurrence, vous ne pouvez pas donner le même conseil à un laboratoire pharmaceutique qu’à une entreprise du luxe. Il faut savoir ‘mettre les mains dans le cambouis’ de façon très concrète, et tout au long de sa carrière, outre l’expertise juridique, continuer à découvrir de nombreux secteurs et activités, autant d’aspects de mon métier que je trouve particulièrement passionnants. Je n’ai jamais l’impression d’arriver au bout de ma pratique ", revendique celui qui n’hésite pas à aller visionner des documentaires sur certaines industries, telles que l’acier, le nucléaire, les composants chimiques, etc. pour mieux s’immerger dans un nouveau dossier. "Cela permet de parler la même langue que le client et facilite la compréhension de la réglementation concurrence ", souligne celui qui ne considère pas le droit de la concurrence comme une contrainte pour les entreprises, à l’inverse d’autres matières comme le droit fiscal par exemple, mais comme un outil créateur de valeur et notamment pour les PME ou les ETI. "Si l’on arrive à faire comprendre cela au client, alors on a tout gagné et très vite il se rend compte qu’il ne perd pas de parts de marché, pas de chiffre d’affaires et qu’il a augmenté sa rentabilité ", assure-t-il.

Une approche qui rend aussi son duo avec Florent Prunet très complémentaire. "Nous ne travaillons pas forcément sur les mêmes secteurs, mais l’échange intellectuel est très important. C’est quand même bien de pouvoir discuter avec un confrère sur des problématiques que l’on rencontre ", reconnaît-il.

 

Ne pas copier ce qui a déjà été fait

 

Il faut dire que Renaud Christol a eu, par le passé, un défi de taille à relever. Encore jeune avocat et après deux ans passés chez Latham & Watkins, entre 2009 et 2011, un des quatre associés en droit de la concurrence à Paris lui propose de le suivre chez August Debouzy pour créer la pratique. "J’étais très heureux chez Latham & Watkins, notamment en raison de la variété des dossiers traités. Mes perspectives d’évolution étaient plutôt réjouissantes. Mais l’idée de monter une pratique à partir de rien a été plus forte. J’ai toujours eu ce prisme entrepreneurial. Et créer une activité, c’est aussi essayer de se différencier. D’autant que certains cabinets, comme Jeantet d’ailleurs, étaient déjà très installés sur cette matière. Pour exister, il ne fallait donc pas essayer de copier ce qui avait déjà été fait ", confesse-t-il.

Sauf que quelques mois plus tard, la greffe entre August Debouzy et l’associé en question ne prendra pas. "La situation a été la suivante : soit j’essayais de monter la pratique tout seul, soit je partais dans un autre cabinet. J’ai pris la décision de rester et de tenter de construire le département. Et August Debouzy m’a donné les moyens de le faire. J’ai vraiment senti le soutien du cabinet dans un environnement concurrentiel mature. Avec le recul, ce fut une mise en application de ce que l’on essaie de faire comprendre à nos clients : la concurrence pousse à se dépasser. Et c’est encore de cette manière que je réfléchis aujourd’hui ", observe celui qui sera promu associé en 2019.

 

Une capacité bien utile à savoir gérer la pression

 

Pourtant, de son propre aveu, le droit de la concurrence et le métier d’avocat n’étaient pas des vocations pour Renaud Christol. Ce Nîmois, fils et petit-fils de vigneron, avait à l’origine embrassé une carrière de sportif de haut niveau dans le handball. "Un sport collectif ! L’esprit d’équipe a toujours été primordial pour moi, y compris dans mon métier d’avocat. C’est quelque chose que j’ai trouvé chez August Debouzy et chez Jeantet aujourd’hui, même si mon arrivée est récente. Je suis d’ailleurs très positivement surpris par la rapidité de mon intégration ", insiste-t-il.

S’inscrire en fac de droit lui a au départ simplement permis de continuer à s’entraîner tout en étant étudiant. "A Nîmes, les autres universités c’était médecine ou pharma, vous imaginez bien qu’en termes de temps, c’était moins attractif pour continuer à jouer ", avoue celui qui n’a plus touché un ballon depuis qu’une blessure au genou l’a obligé à renoncer à sa carrière.

Heureuse coïncidence ? Il "accrochera" finalement avec le raisonnement juridique – et notamment l’histoire du droit - jusqu’à ce qu’un professeur de l’Université de Montpellier lui fasse découvrir le droit de la concurrence. "La seule chose qui reste de ma ‘première carrière'  est cette mentalité de sportif avec l’adrénaline et la gestion du stress. Une qualité très utile dans mon métier face aux clients, et d’autant plus sur des dossiers complexes aux enjeux élevés au regard des amendes potentielles ou des contraintes de délais en matière de concentrations ", estime-t-il.

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