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Macro-économie / Taux

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Zone euro : la croissance se raffermirait / La France freinerait la reprise

L’activité du secteur privé de la zone euro a accéléré en octobre, selon la dernière enquête de S&P menée auprès des directeurs d’achats. À 52,2 points, l’indice composite atteint un sommet de près de deux ans, signalant une croissance solide. Mais cette embellie masque de fortes disparités : la vigueur allemande contraste avec les difficultés que connaîtrait l’économie française.
Porte de Brandebourg, Berlin - SOEREN STACHE / DPA / dpa Picture-Alliance via AFP
Porte de Brandebourg, Berlin - SOEREN STACHE / DPA / dpa Picture-Alliance via AFP

L’économie européenne reprend des couleurs. Selon les données préliminaires recueillies entre le 9 et le 22 octobre auprès des directeurs d’achat, la croissance de l’activité privée dans la zone euro s’est renforcée en octobre, portée par la plus forte hausse des nouvelles affaires depuis deux ans et demi. Le PMI Flash composite, publié par S&P Global, s’établit à 52,2 points contre 51,2 en septembre, confirmant une expansion pour le dixième mois consécutif et atteignant son plus haut niveau depuis 17 mois.

La dynamique repose avant tout sur le secteur des services, qui signe sa meilleure performance depuis août, tandis que la production manufacturière progresse légèrement pour un huitième mois de suite. "La situation économique s’est nettement améliorée en Allemagne, où la croissance atteint un sommet de 29 mois", souligne Cyrus de la Rubia, chef économiste de la Hamburg Commercial Bank.

À l’inverse, la France reste à la traîne : l’activité s’y contracte pour le quatorzième mois d’affilée, à son rythme le plus marqué depuis février. La faiblesse de la demande intérieure et le climat politique incertain, marqué par les tensions autour du budget 2026, pèsent lourdement sur la confiance et l’investissement.

Côté emploi, les créations de postes repartent dans les services, atteignant leur plus haut niveau depuis seize mois, tandis que l’industrie continue de réduire ses effectifs. Le volume de travail en cours se stabilise, mettant fin à plus d’un an de contraction.

Sur le front des prix, l’inflation des coûts ralentit pour un deuxième mois consécutif, mais les prix facturés augmentent plus fortement, atteignant un sommet de sept mois. Cette hausse reste cependant modérée, un signal que la Banque centrale européenne (BCE) surveillera attentivement.

Les perspectives restent nuancées. Si la croissance se consolide, la confiance des entreprises recule à un plus bas de cinq mois. "La faiblesse de l’économie française pèse de plus en plus sur les performances de la zone euro", avertit Cyrus de la Rubia. Même analyse chez Rory Fennessy, économiste chez Oxford Economics, qui met en garde contre "une lecture trop optimiste" de ces chiffres. "Les signaux restent mitigés et la zone euro manque d’un moteur de croissance commun", indique-t-il.

 

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