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Tesla revient à la charge pour faire voter la rémunération d’Elon Musk / En faisant planer le risque de son départ si elle n’était pas adoptée
La pression monte à l’approche de l’assemblée générale de Tesla. Convoquée ce jeudi 6 novembre, au Texas, elle permettra aux actionnaires du constructeur automobile de se prononcer sur un panel de résolutions, dont l’une suscite plus particulièrement les réactions : le plan de rémunération d’Elon Musk sur les dix prochaines années. Il avait effectivement marqué les esprits lors de son annonce, au regard des montants sans précédent qu’il fait ressortir. Sous réserve du franchissement successif de douze paliers, combinant des objectifs opérationnels, financiers et de capitalisation boursière, le milliardaire pourrait ainsi recevoir l’équivalent (en plusieurs lots) de 1 000 milliards de dollars en actions.
Pour le conseil d’administration de la firme, la question que pose l’adoption de ce plan est claire : "Souhaitez-vous conserver Elon en tant que directeur général de Tesla et le motiver à faire (du groupe) le premier fournisseur de solutions autonomes et l’entreprise la plus valorisée au monde ?", a écrit Robyn Denholm, la présidente du board de Tesla, dans sa lettre aux actionnaires publiée lundi soir sur X. Selon elle, la construction de ce plan répond à un double objectif. Celui de conserver l’homme d’affaires à la tête de l’entreprise, et le faire d’une manière à favoriser le développement de produits et de services, tout en créant de la valeur pour les actionnaires.
Conditions
"Nous avons atteint cet objectif en mettant Elon au défi d’obtenir ce qu’il valorise le plus, à savoir une influence significative sur le vote, à condition qu’il s’engage à continuer à diriger Tesla pendant au moins 7,5 ans tout en menant avec succès notre entreprise vers de nouveaux sommets ambitieux. En fin de compte, c’est simple : Elon n’est récompensé que s’il obtient des résultats extraordinaires qui profitent à tous les actionnaires de Tesla", a-t-elle poursuivi. En cas de franchissement de la ligne d’arrivée du plan (le dernier palier correspond, notamment, à l’atteinte d’une capitalisation boursière 8 500 milliards de dollars pour Tesla, contre 1 500 milliards de dollars aujourd’hui), Elon Musk pourrait ainsi posséder un quart du capital de l’entreprise et plus de 28 % de ses droits de vote.
S’il recevra bien les droits de vote attachés aux actions dont il serait gratifié lors du franchissement des différents paliers (soit 1 % du capital pour chacun d’entre eux), il lui sera interdit de les vendre pendant plus de sept ans. En creux, l'idée de pousser Elon Musk à se concentrer sur Tesla plutôt que sur ses multiples autres entreprises (comme xAI ou SpaceX, entre autres), ce qui constitue un point d'attention majeur pour les investisseurs. Le manque d’indication claire quant aux garanties qu’Elon Musk réserve effectivement son temps à Tesla avait été relevé par l’influent cabinet de conseil en vote, le Institutional Shareholder Services (ISS).
Il a d'ailleurs appelé à voter contre ce plan de rémunération, tout comme Glass Lewis, avec d’autres arguments à l’appui. Tesla avait réagi à ce propos dès l’avis rendu par ISS, et n’a pas manqué de le faire de nouveau lundi, insistant sur la capacité du plan à retenir Elon Musk. "Bien qu’il ne fasse aucun doute qu’Elon a d’autres activités, il a prouvé que l’une des nombreuses choses qui le rendent unique est sa capacité à dépasser les limites normales et à rester performant chez Tesla. Toutefois, si nous ne parvenons pas à favoriser un environnement qui incite Elon à réaliser de grandes choses grâce à un plan de rémunération équitable axé sur la performance, nous courons le risque qu’il renonce à son poste de direction et que Tesla perde son temps, son talent et sa vision, qui ont été essentiels à la réalisation de rendements actionnariaux extraordinaires", a insisté Robyn Denholm.
En attendant
Lors de la présentation des résultats trimestriels de la firme, la semaine dernière, Elon Musk s’est aussi insurgé contre les recommandations des deux cabinets de conseil. "Je ne me sens pas à l’aise à l’idée de constituer une armée de robots ici, puis d’être évincé à cause de certaines recommandations d’ISS et de Glass Lewis, qui n’ont aucune idée de ce dont ils parlent", a indiqué le patron de Tesla. Pour mémoire, outre les objectifs de livraisons de véhicules, les paliers opérationnels et financiers contenus dans le plan concernent pêle-mêle la vente d’1 million de robots d’intelligence artificielle, l’immatriculation et l’exploitation d’1 million de voitures dans son réseau de Robotaxis ou bien l’atteinte de 10 millions d’abonnements à la conduite autonome. Des activités qui restent, de l’aveu même d’Elon Musk, à un stade précoce.
"Nous n’en sommes qu’au début d’une expansion massive de la conduite entièrement autonome et des Robotaxis, qui va fondamentalement changer la nature des transports. […] Nous avons des millions de voitures qui, grâce à une mise à jour logicielle, deviennent des voitures entièrement autonomes. Et nous en fabriquons plusieurs millions par an", a précisé Elon Musk, soulignant que le groupe avait l’intention d’augmenter sa production future "aussi rapidement que possible". En attendant, au titre du troisième trimestre, le groupe a enregistré une hausse de son chiffre d’affaires tiré de l’automobile de 6 % sur un an, après plusieurs trimestres de baisse, grâce à une hausse de la livraison de ses véhicules. En revanche, ses profits opérationnels ont reculé de 40 %, à 1,6 milliard de dollars, en raison notamment d’une augmentation des dépenses en faveur de l’intelligence artificielle et de la R & D.
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