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France : les investissements bas-carbone en forte hausse / Mais l’objectif 2030 exige un doublement des efforts
La France se fixe un défi colossal pour atteindre la neutralité carbone partielle visée à l’horizon 2030. La Stratégie pluriannuelle d’investissements bas-carbone (SPAFTE 2025), publiée par le gouvernement, actualise les besoins d’investissement bas-carbone à au moins 82 milliards d’euros par an supplémentaires par rapport à 2024. Cette révision tient compte des dernières données économiques et des nouvelles trajectoires de décarbonation des principaux secteurs de l’économie française.
En 2024, les investissements bas-carbone en France ont atteint 113 milliards d’euros, dont 96 milliards réalisés par le secteur privé et 17 milliards par le secteur public. Cette dynamique traduit une croissance constante depuis 2011, notamment dans les transports et l’énergie.
Pour le secteur privé, qui portera l’essentiel de l’effort supplémentaire avec 69 milliards d’euros par an, les investissements viseront principalement la rénovation des logements, l’électrification des véhicules et, dans une moindre mesure, la production d’électricité bas-carbone. Les ménages continueront de jouer un rôle central dans la rénovation énergétique, tandis que les entreprises concentreront leurs efforts sur la production et la distribution d’énergie propre ainsi que sur l’acquisition de véhicules électriques.
Le secteur public devra donc investir environ 13 milliards d’euros par an, principalement pour moderniser le réseau ferroviaire, développer les transports en commun urbains et rénover les bâtiments publics. Une partie de ces investissements pourrait être cofinancée par des fonds privés, tandis que le gouvernement entend maintenir un rôle actif pour soutenir la décarbonation du patrimoine privé et accompagner les ménages et entreprises les plus fragiles.
Les besoins sectoriels sont précis. Dans le bâtiment, 27 milliards d’euros par an supplémentaires seront nécessaires pour la rénovation énergétique du parc résidentiel et tertiaire, avec un accent sur l’isolation et la transition des systèmes de chauffage. Dans les transports, au moins 39 milliards d’euros par an devront être investis, principalement pour l’acquisition de véhicules bas-carbone et le soutien au ferroviaire. Le surcoût des véhicules électriques par rapport aux véhicules thermiques représenterait environ 4 milliards d’euros par an, le reste étant lié à l’augmentation du nombre de véhicules et à l’infrastructure associée. Dans le secteur de l’énergie, 5 milliards d’euros par an supplémentaires seront nécessaires pour la production d’électricité bas-carbone et le développement des réseaux électriques. L’industrie devra consacrer 3 milliards d’euros par an à l’électrification des procédés et à la capture et au stockage du carbone, entièrement à la charge des entreprises.
L’agriculture nécessitera au moins 1 milliard d’euros par an pour la transition énergétique des exploitations et l’adoption de pratiques plus durables. La forêt représentera un besoin de 4 milliards d’euros par an, principalement pour le renouvellement forestier et la gestion durable des puits de carbone. Enfin, la gestion des déchets exigera environ 1 milliard d’euros par an pour développer la valorisation énergétique, le recyclage et la méthanisation, financée par les syndicats intercommunaux.
La SPAFTE 2025 souligne également la nécessité de mieux documenter certains secteurs encore peu étudiés comme l’agriculture, la forêt, les déchets ou les engins non routiers. Ces secteurs représentent un potentiel d’investissement important mais encore incertain, qui devra être intégré dans les stratégies futures.
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