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Bruxelles s’allie avec des investisseurs pour mettre en place le fonds "Scale-up Europe" / Sa stratégie, son fonctionnement et son positionnement précisés
Le fonds "Scale-up Europe" entre dans le vif du sujet. Ekaterina Zaharieva, commissaire aux start-ups, à la recherche et à l’innovation, a réuni la semaine dernière à Bruxelles un groupe d’investisseurs initiaux potentiels, ainsi que la Banque européenne d’investissement (BEI), afin d’acter ensemble leur intention de créer ce véhicule. De plusieurs milliards d’euros, précise Bruxelles, il sera destiné à investir dans les entreprises européennes les plus prometteuses, situées dans les États membres et opérant dans les domaines stratégiques de la "deeptech" (ou les innovations de rupture). "L’Europe a les idées et les talents pour créer les entreprises les plus innovantes au monde. Mais à mesure que ces entreprises grandissent, nous devons nous assurer qu’elles disposent des moyens de se développer, d’attirer des investissements et de prospérer dans leur propre pays", a indiqué Ursula von der Leyen à l’occasion de l’annonce.
Une manière de mettre en musique la stratégie de l’Union européenne (UE) en faveur des start-ups et scale-ups, explique la Commission, présentée au mois de mai dernier. Ce plan d’action vise à faire du continent une terre de choix pour la création, le développement et l’essor de jeunes entreprises technologiques. La question du financement de ces sociétés, tout particulièrement lorsqu’elles sont prêtes à opérer leur passage à l’échelle, reste forcément centrale. Comme l’explique Bruxelles, "malgré une solide réserve de start-ups, l’accès limité au capital de croissance à un stade avancé et la fragmentation des marchés d’investissement ont entravé la capacité des innovateurs européens à devenir des leaders mondiaux". L’insuffisance de fonds capables d’investir directement dans des sociétés européennes, à des stades de croissance et d’expansion critiques, oblige en effet nombre d’entre elles à rechercher des financements en dehors de l’Europe, rappelle la Commission.
Plusieurs réponses
C’est en ce sens que Bruxelles avait donc proposé de mettre sur pied, en mai dernier, un fonds européen de financement pour les scale-ups, doté d’une masse critique suffisante et fonctionnant aux conditions de marché, afin de combler cette lacune. À la fin du mois de septembre, en approuvant certaines conclusions sur la stratégie de Bruxelles, le Conseil de l’Union européenne avait invité la Commission à fournir de plus amples informations sur ce fonds. En prenant note de sa justification, il avait par exemple souligné qu’il serait nécessaire d’en expliciter les sources de financement, son montage et sa structure, ses cibles sectorielles, ainsi que sa position dans la cartographie globale et existante du financement.
Voici désormais chose faite. Tout d’abord, outre la Commission et le groupe BEI, le groupe d’investisseurs initiaux potentiel contient : Novo Holdings, EIFO (Fonds danois d’investissement et d’exportation), CriteriaCaixa, Santander/Mouro Capital, Fondazione Compagnia San Paolo/Intesa Sanpaolo/Fondazione Cariplo, APG Asset Management, agissant au nom du fonds de pension néerlandais ABP, Wallenberg Investments, et BGK (Bank Gospodarstwa Krajowego). Ils travailleront de concert avec la Commission pour créer ce fonds et le capitaliser. Ils devraient rejoindre Bruxelles lors de la première levée de fonds de "Scale-up Europe", avec la possibilité pour d’autres investisseurs d’y adhérer ultérieurement, à la suite du premier closing. "Le groupe d’investisseurs fondateurs, outre la Commission européenne, a été sélectionné en fonction de son intérêt à réaliser un investissement important en capital et à apporter son expertise au développement du Fonds", explique la Commission.
De même, ce consortium d’investisseurs a aussi convenu que le fonds "Scale-up Europe" se concentrera sur le capital de croissance et les investissements à un stade avancé dans plusieurs domaines stratégiques : l’intelligence artificielle, les technologies quantiques, de semi-conducteurs, la robotique et les systèmes autonomes, les technologies énergétiques, spatiales, médicales, agricoles, ainsi que les biotechnologies et les matériaux avancés.
Une utilité différente
Ce fonds permettra de compléter d’autres initiatives existantes de l’UE, explique Bruxelles, comme le Conseil européen de l’innovation (CEI), ou les actions menées dans le cadre d’InvestEU. Des programmes ayant leurs propres atouts, observe la Commission, mais qui ne répondent pas aux mêmes objectifs que le fonds "Scale-up Europe" : il fournira des investissements directs en fonds propres, de l’ordre de 100 millions d’euros et plus – y compris des investissements de suivi. À titre de comparaison, l’actuel fonds du CEI est limité à un montant maximal d’investissement de 30 millions d’euros, indique Bruxelles.
Ce fonds fonctionnera comme un fonds de croissance fondé sur le marché, géré et cofinancé par le secteur privé. Il déploiera ses réserves dans le cadre de grands cycles d’investissements menés par l’Europe, souligne aussi Bruxelles, précisant qu’une société de gestion sera chargée de le mettre en œuvre. Cela permettra d’assurer une prise de décision indépendante et basée sur le marché, indique la Commission. Un appel public à candidatures sera publié prochainement, tandis que cette société sera sélectionnée et nommée par la Commission en collaboration avec les autres investisseurs initiaux. L’objectif sera que les premiers investissements au titre de ce fonds "Scale-up Europe" puissent avoir lieu au printemps 2026.
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