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Macro-économie / Taux

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Commerce mondial : l’Union européenne entre obstacles et ouverture / Une politique commerciale mise à l’épreuve des rivalités économiques

Face à la montée du protectionnisme et aux rivalités géoéconomiques, l’Union européenne cherche à préserver un commerce ouvert et fondé sur des règles. Le cinquième rapport annuel sur la mise en œuvre de sa politique commerciale révèle une réduction globale des entraves à ses exportations, tout en soulignant la persistance de nouveaux obstacles dans un contexte international instable.
Ursula von der Leyen, présidente de la Commission européenne - TERJE BENDIKSBY / NTB / NTB via AFP
Ursula von der Leyen, présidente de la Commission européenne - TERJE BENDIKSBY / NTB / NTB via AFP

Entre tensions géopolitiques et mesures protectionnistes, l’Union européenne avance sur un terrain commercial de plus en plus instable. Le cinquième rapport annuel sur la politique commerciale de l’Union européenne met en évidence un environnement international marqué par une multiplication des restrictions et des tensions économiques. Les mesures protectionnistes, en particulier dans le voisinage méridional, en Asie et dans certaines économies émergentes, sont devenues des instruments privilégiés de politique industrielle. Les entreprises européennes demeurent confrontées à des obstacles à l’importation et à l’exportation, notamment dans le secteur des matières premières critiques, où plusieurs pays ont instauré des restrictions afin de soutenir leur développement industriel.

Au total, 410 obstacles à l’accès aux marchés ont été recensés dans 67 pays tiers à la fin de l’année 2024, soit 13 de moins qu’en 2023. Cette diminution résulte d’une stratégie proactive de la Commission européenne, combinant dialogue diplomatique et mise à jour régulière de la base de données. Les trois pays comptant le plus grand nombre d’obstacles sont la Russie (32), l’Inde (31) et la Chine (30), suivis des États-Unis (24), du Brésil (18) et de l’Indonésie (18).

Les mesures sanitaires et phytosanitaires (SPS) représentent la principale catégorie d’obstacles, avec 93 cas recensés, soit près d’un quart du total. Les obstacles techniques au commerce (79) et les droits de douane ou restrictions quantitatives (65) complètent le trio de tête. Ces trois catégories regroupent à elles seules 58 % des entraves au commerce enregistrées fin 2024. Si la tendance générale reste stable, certaines baisses notables sont observées, notamment dans les droits de douane et les taxes à l’exportation, en recul respectivement de 17 % et de 20 % depuis 2020.

L’année 2024 a vu l’apparition de 23 nouveaux obstacles, contre 16 en 2023. Les mesures SPS connaissent la plus forte hausse, avec neuf nouvelles barrières, tandis que les secteurs de l’agriculture et de la pêche demeurent les plus touchés. Le voisinage méridional reste la région où les obstacles progressent le plus, suivi par l’Asie du Sud et du Sud-Est.

Parallèlement, 44 obstacles ont été totalement ou partiellement supprimés dans 27 pays partenaires. Ces résultats sont le fruit d’un travail conjoint entre la Commission, les États membres et les délégations de l’UE, mobilisées dans le cadre du partenariat pour l’accès aux marchés. Près de la moitié des suppressions concernent le secteur agricole et halieutique. Des avancées ont été enregistrées, notamment avec la levée des interdictions de viande bovine de l’UE par l’Arabie saoudite, la reconnaissance par Singapour du statut sanitaire de l’Allemagne et l’assouplissement des restrictions américaines sur certaines viandes italiennes protégées.

Des progrès ont également été réalisés dans les domaines industriels et réglementaires. Le Paraguay a supprimé une redevance consulaire coûteuse, la République dominicaine a mis fin à des pratiques discriminatoires sur les importations alimentaires européennes, et le Brésil a aligné ses règles de "prix de transfert" sur les normes de l’OCDE. En Asie, l’Indonésie a levé ses restrictions sur les textiles européens, tandis que la Turquie, l’Inde et le Bangladesh ont supprimé ou allégé des barrières à l’exportation sur les cuirs et métaux.

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