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BPCE avance sur tous les fronts, sauf un / Le groupe mutualiste s’appuie sur ses réseaux et Natixis, mais la fusion avec Generali patine
Dans la lignée d’un deuxième trimestre déjà très bien orienté, BPCE poursuit sur sa lancée. Le groupe mutualiste a bouclé un troisième trimestre solide, marqué par une progression de 9 % de son produit net bancaire et un bond de 24 % de son bénéfice net. La dynamique commerciale reste bien orientée, avec plus de 630 000 nouveaux clients depuis le début de l’année, une production de crédits immobiliers en hausse de 35 % et 13 milliards d’euros de dépôts supplémentaires sur douze mois. Une performance homogène entre ses grands métiers, appuyée sur cette vitalité des réseaux et une maîtrise exemplaire des coûts, qui ramène le coefficient d’exploitation à 63,3 %, son plus bas niveau depuis des années. "Les résultats du troisième trimestre illustrent la très bonne performance des métiers du Groupe BPCE. La forte hausse du produit net bancaire s'accompagne d'une excellente maîtrise des charges", a souligné Nicolas Namias, président du directoire.
La banque de proximité en première ligne
La banque de proximité reste le premier moteur de cette dynamique, avec des revenus en hausse de 15 % au troisième trimestre et de 13 % sur neuf mois. Les réseaux Banque Populaire et Caisse d’Épargne bénéficient pleinement de la poursuite de la remontée de la marge nette d’intérêt, qui atteint 6,9 milliards d’euros sur neuf mois pour l’ensemble du groupe, en hausse de 25 % sur un an. Ce redressement, amorcé depuis plusieurs trimestres, traduit la normalisation progressive du modèle d’intermédiation après des années de taux bas, la répercussion plus rapide des hausses de taux sur les portefeuilles de prêts et la moindre pression sur la rémunération de l’épargne. Les deux réseaux en profitent de manière homogène : +19 % pour les Banques Populaires et +24 % pour les Caisses d’Épargne.
Les dépôts progressent de 13 milliards d’euros sur un an, à 704 milliards, et la production de crédits immobiliers bondit de 35 %. "La progression de 15 % ce trimestre des revenus des Banques Populaires et des Caisses d’Épargne illustre une nouvelle fois l’efficacité de notre modèle coopératif, fondé sur une forte proximité avec nos clients", a souligné Nicolas Namias.
Les métiers spécialisés complètent cette dynamique : les solutions et expertises financières affichent des revenus en hausse de 31 %, portées par le crédit à la consommation et le leasing, tandis que les paiements gagnent encore 8 % sur neuf mois. Oney Bank progresse de 12 %, confirmant la solidité du modèle dans un environnement de taux redevenu porteur.
La Banque de Grande Clientèle tourne à plein régime
Le pôle de banque de grande clientèle (CIB), intégré au sein de Natixis, a lui aussi délivré une solide performance. Ses revenus progressent de 9 % depuis le début de l’année, à 3,7 milliards d’euros, portés par la forte contribution des marchés mondiaux (+17 %), aussi bien sur les produits de taux et de change que sur les actions. Les activités de financement conservent une bonne dynamique, notamment dans l’immobilier, les infrastructures et les ressources naturelles. Du côté de la gestion d’actifs, les revenus se stabilisent, mais les encours atteignent désormais 1 301 milliards d’euros à fin septembre, avec une collecte nette de 23 milliards depuis janvier. L’activité a bénéficié de l’attrait persistant des stratégies obligataires, notamment chez Loomis Sayles et DNCA.
Au-delà de la performance opérationnelle, les derniers mois auront été marqués par un jalon stratégique majeur. En rachetant à l’État portugais et au Fonds de résolution leurs 25 % restants dans Novo Banco, BPCE est devenue, fin octobre, l’unique actionnaire de la quatrième banque du pays. L’investissement, d’un montant total d’environ 1,6 milliard d’euros, parachève l’une des plus importantes acquisitions transfrontalières bancaires en zone euro depuis dix ans. "Notre projet européen se poursuit avec la signature d’un accord avec les autorités publiques portugaises en vue de devenir actionnaire à 100 % de Novo Banco", a commenté Nicolas Namias, qui inscrit cette opération dans la continuité de la stratégie d’expansion européenne du groupe.
Un chantier transfrontalier contrarié
L’autre grande initiative stratégique, en revanche, reste en suspens : celle du rapprochement entre Natixis Investment Managers et Generali Investments. Le projet, annoncé en janvier 2025, visait à créer un géant européen de la gestion d’actifs, doté de près de 1 900 milliards d’euros sous gestion et détenu à parité par les deux groupes. Mais sur ce sujet, rien ne filtre dans la communication officielle du groupe. Dans un entretien aux Échos, Nicolas Namias reconnaît que "les conditions ne sont pas réunies pour signer l'opération avec Generali".
De l’autre côté des Alpes, le climat reste en effet délicat. Le gouvernement italien exerce ses "golden powers" pour s’assurer que l’épargne collectée en Italie demeure gérée depuis le territoire national et continue de soutenir le financement de la dette publique. Rome se montre aussi réticente à voir un partenaire français s’impliquer dans un secteur jugé stratégique. Les rapports de force actionnariaux n’aident pas : la montée en puissance de Delfin et de Francesco Gaetano Caltagirone dans Mediobanca, principal actionnaire de Generali, a renforcé les réticences à un accord transfrontalier. À cela s’ajoutent des exigences prudentielles accrues de la Banque d’Italie et de l’IVASS (l’autorité italienne de supervision des assurances), ainsi qu’un climat politique qui décourage toute épreuve de force. Dans ces conditions, les deux groupes ont choisi d’abandonner les clauses d’indemnisation (“break-up fees”) prévues dans leur protocole de janvier et de prolonger leur période de négociation jusqu’au 31 décembre.
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