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La Mission French Tech / Bercy / Start-up

Le French Tech 2030 mise sur 80 start-ups aux technologies stratégiques / Un tremplin pour la souveraineté numérique

La Mission French Tech a dévoilé ce jeudi les lauréats de la nouvelle promotion du French Tech 2030, qui développent des technologies stratégiques pour la souveraineté numérique française dans des domaines clés : IA, quantique, spatial, cybersécurité… pendant un an, ces 80 start-ups profiteront ainsi d’un accompagnement spécifique, destiné à les faire monter en puissance.
 (Photo by Augustin Pasquini / Hans Lucas via AFP)
(Photo by Augustin Pasquini / Hans Lucas via AFP)

La nouvelle promotion du French Tech 2030 est désormais connue. La Mission French Tech a révélé ce matin le nom des 80 start-ups qui avaient été sélectionnées pour participer à ce programme de la mission rattachée à Bercy, s’inscrivant dans la lignée des "indices" Next 40 et French Tech 120. Il présente toutefois la particularité de ne réunir que des jeunes entreprises développant des solutions stratégiques dans des domaines clés comme l’intelligence artificielle (IA) et ses applications, la cybersécurité, le quantique, la robotique, l’électronique, le spatial ou bien les infrastructures (stockage de données, cloud, connectivité).

En clair, celles qui participent à construire la souveraineté de la France et tout particulièrement sur le plan numérique. "Être souverain, c’est savoir maîtriser ses technologies, il faut donc soutenir les technologies d’avenir. Soutenir l’innovation de rupture, c’est s’assurer d’avoir une place mondiale dans la course à l’innovation et le programme French Tech 2030 contribue à cet objectif", a souligné jeudi Anne Le Hénanff, ministre déléguée à l’IA et au Numérique, lors de la présentation de cette nouvelle promotion. Une manière, donc, de mettre les pépites de la "deeptech" française en lumière et de leur donner de l’élan pour se développer.

Concrètement, les lauréats profiteront pendant un an d’un accompagnement sur mesure de la Mission French Tech et de ses différents partenaires (comme Bpifrance, l’Urssaf, Business France, la Banque de France, ou la DGFiP) afin d’accélérer leur développement, lever les freins réglementaires et encourager l’émulation collective grâce à des échanges entre pairs. De même, certaines actions seront mises en oeuvre pour les aider à établir des partenariats stratégiques, technologiques ou commerciaux, ou bien pour optimiser et réussir leurs plans de financement.

 

Un historique parlant

 

"Cela marche grâce à une approche écosystémique, nous travaillons avec les administrations pour identifier les problématiques", a précisé la directrice de La Mission French Tech, Julie Huguet. Par exemple, plus de 600 millions d’euros de financements publics – grâce au plan France 2030 notamment – ont été fléchés vers les jeunes pousses de la dernière promotion du French Tech 2030, lancée en 2023, a-t-elle précisé. Elle a d’ailleurs compté, en son sein, plusieurs start-ups dont l’envergure est désormais bien reconnue : l’incontournable Mistral AI, les champions du quantique Alice & Bob et Pasqal, ou bien le spécialiste de l’IA appliquée à la recherche médicale Aqemia, entre autres.

Parmi les nouveaux lauréats cette année ? Welinq notamment, qui développe des solutions pour permettre l'interopérabilité entre l'informatique quantique et classique ; Skynopy dans le spatial, qui déploie avec le ministère des Armées une solution de secours capable de déployer et d’aligner rapidement une infrastructure complète garantissant le lien entre le satellite et la Terre ; Shark Robotics, dont les robots permettent d’intervenir en cas d’urgence dans des environnements dangereux, ayant par exemple été mis à contribution lors de l’incendie de Notre-Dame de Paris ; Diamfab, qui a développé une innovation dans le domaine des semi-conducteurs ; Synapse Medicine, qui développe des technologies d’IA pour améliorer l’accompagnement dispensé par les professionnels de santé ou encore Glimps, qui œuvre dans la cybersécurité en qualité de spécialiste de l’analyse profonde de fichiers et de la caractérisation de virus par l’IA.

Toutes ensemble, ces start-ups ont levé 1,1 milliard d’euros, ont investi plus de 130 millions d’euros dans la recherche et développement, portent 45 usines existantes ou en projet, ont réalisé 138 millions d’euros de chiffre d’affaires en cumulé l’année dernière, déposé 353 brevets et emploient 3 200 personnes en France (avec une prévision de croissance de 45 % sur leurs effectifs en 2025). Leurs technologies ont d’ailleurs déjà, pour certaines, fait de l’œil aux grands comptes publics ou privés.

 

Des business lancés

 

C’est le cas de PoliCloud, qui collabore avec l’INRIA, la ville de Cannes et le département des Alpes-Maritimes pour des initiatives de cloud souverain et d’optimisation énergétique. Mais aussi de Red Alert Labs (cybersécurité), qui compte parmi ses partenaires de grandes entreprises comme Thales, Orange et EDF, ou bien la Commission européenne. De même, Quandela a vendu un ordinateur quantique à OVHcloud et en déploie un au Canada dans le cadre d’un partenariat avec Exaion, filiale du groupe EDF.

Des liens entre l’écosystème des deeptechs françaises et des grands comptes qui se caractérisent aussi par le fait que la directrice générale d’Orange, Christel Heydemann, soit cette année la marraine de la promotion. De fait, a rappelé la dirigeante de l’opérateur télécoms lors de la révélation des lauréats, les sujets d’IA, de cybersécurité ou d’infrastructures sont chers au groupe qu’elle dirige. Et l'accélération de l'innovation en la matière nécessite d’avoir un écosystème robuste, qui peut déjà se targuer de s’appuyer sur l’excellence de la recherche française. Mais pour l’étoffer encore davantage, le soutien devra aussi venir des entreprises installées.  "Notre rôle, en tant que grand groupe, est d’être partenaire de la French Tech. Ce dont ont besoin les start-ups ce sont des commandes, de faire du business", a-t-elle rappelé. En témoigne l’adhésion de la première heure d’Orange à l’initiative "Je choisis la French Tech", ou bien les nombreux partenariats ayant déjà été institués avec des start-ups, dont plusieurs sont d’ailleurs membres du French Tech 2030 (comme Quandela, Cryptonext Security, HarfangLab, YesWeHack, Ternwaves ou Qevlar.AI).

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