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Nvidia repousse les limites de l’IA / Un trimestre hors norme qui balaie les doutes sur la demande
On savait ces résultats scrutés comme peu d’autres dans la tech mondiale. Depuis deux semaines, le marché retenait son souffle, hanté par l’idée que la valorisation de Nvidia ait fini par prendre plusieurs longueurs d’avance sur le business. Le groupe a répondu avec une démonstration implacable : son troisième trimestre fiscal pulvérise les attentes et dissipe, au moins pour un temps, le soupçon d’essoufflement de la frénésie IA.
Le chiffre d’affaires bondit à 57 milliards de dollars, en hausse de 22 % par rapport au trimestre précédent. Surtout, la prévision pour le prochain trimestre grimpe à 65 milliards, un niveau inouï qui repositionne immédiatement l’ensemble du cycle IA.
La poussée Blackwell
Les propos de Jensen Huang, le charismatique patron de Nvidia, résument la situation : "Les ventes de Blackwell sont littéralement hors norme et les GPU destinés au cloud sont en rupture totale". Le message, sans ambiguïté, prend à rebours les doutes sur la demande globale, régulièrement jugée trop concentrée sur quelques hyperscalers. Blackwell, le nouveau GPU vedette destiné aux charges massives d’IA, concentre désormais une part décisive de la demande mondiale. Start-up, industriels, institutions publiques : l’écosystème s’élargit et confirme que la vague IA dépasse largement les frontières de la tech traditionnelle.
Le cœur de cette dynamique demeure le data center, dont les revenus atteignent 51,2 milliards de dollars, soit 66 % de croissance en un an. La transition vers l’architecture Blackwell, à peine entamée, crée une accélération que peu d’acteurs avaient anticipée. Deutsche Bank, évoquant une "confiance significative dans la croissance future du segment data center", estime désormais la visibilité à environ 500 milliards de dollars de revenus cumulés pour les générations Blackwell et Rubin d’ici fin 2026. Un ordre de grandeur qui illustre mieux que tout la puissance du cycle en cours.
Restrictions ou pas, Nvidia creuse son fossé compétitif
L’entreprise évolue pourtant dans un environnement plus contraint. Les limitations d’export vers la Chine pèsent sur certaines références, mais n’entravent pas la trajectoire générale. Le groupe multiplie par ailleurs les partenariats structurants, de Google à Microsoft, d’OpenAI à xAI, et se retrouve au cœur des programmes souverains de nouvelle génération. Une façon de verrouiller l’intégralité de la chaîne - puissance de calcul, logiciels, réseaux, systèmes - qui complique encore la tâche des concurrents. Le rappel revient comme un leitmotiv chez les analystes : "Aucun acteur n’égale Nvidia sur ce terrain. L’étendue de ses capacités reste sous-estimée", juge ainsi la société britannique d’analyse financière Hargreaves Lansdown, insistant sur l’intégration complète de l’offre.
Les marges restent à un niveau qui défie toute comparaison : 73,4 % en GAAP et 73,6 % en non-GAAP. La génération de cash atteint 22 milliards de dollars sur le trimestre, donnant à Nvidia une puissance financière rarement observée dans l’industrie des semi-conducteurs. Le groupe a déjà racheté 37 milliards de dollars de titres depuis janvier et dispose de plus de 60 milliards pour poursuivre ces opérations. L’idée d’un cycle IA proche de son pic paraît, à ce stade, difficile à étayer.
Un horizon qui continue de s’ouvrir
Dans le débat sur la longévité du mouvement, le groupe se projette ainsi sans hésiter : il affirme entrer dans un "cycle vertueux de l’IA" où chaque déploiement alimente la demande future, qu’il s’agisse de nouveaux modèles, d’inférences massives ou d’usages émergents dans l’industrie. Les propos du dirigeant résument l’humeur d’un marché qui peine encore à mesurer l’ampleur du phénomène : "La demande en puissance de calcul continue d’accélérer et de s’amplifier, tant pour l’entraînement que pour l’inférence, les deux progressant de manière exponentielle".
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