Macro-économie / Taux / Allemagne / Sébastien Martin / France
Macro-économie / Taux
Allemagne / Sébastien Martin / France
Le couple franco-allemand continue à espérer relancer l’Europe / La journée franco-allemande de l'Économie a réuni les acteurs des deux pays
C’est peu dire que les initiatives se multiplient entre Paris et Berlin. Après le sommet de Toulon, la task-force franco-allemande sur le financement des firmes en croissance ou encore le Sommet sur la souveraineté économique européenne, à l’initiative de la France et de l’Allemagne, voilà que Bercy accueillait en ce début de semaine la onzième édition de la journée Franco-Allemande de l’Économie. Un évènement qui est organisé en alternance dans la capitale française ou celle de l’Allemagne à l’initiative de la Chambre Franco-Allemande de Commerce et d’Industrie, et qui a réuni cette année près de 300 dirigeants politiques et chefs d’entreprises français et allemands.
Côté tricolore c'est Sébastien Martin, ministre délégué chargé de l’Industrie, qui a accueilli Thomas Steffen, secrétaire d’État au ministère fédéral de l’Économie et de l’Énergie. Le Français a souligné à quel point la période récente pour les deux pays et pour l’Europe dans son ensemble obligeait à repenser les modèles conçus jusqu’à présent.
Bouleversé
Un certain nombre d’acquis ne le sont plus, a estimé le ministre délégué, qu’il s’agisse d’un "commerce qui à lui seul garantirait la prospérité" ou encore d’un "tsunami asiatique qui est en train de fragiliser nos emplois et nos compétences". Il a particulièrement insisté sur le fait que le sursaut européen était vital tant la logique du toujours moins cher peut conduire le continent au toujours plus pauvre. À ce titre, Sébastien Martin s’est inquiété d’un problème qui n’est "pas celui de la compétition mais de la concurrence déloyale", jugée parfois empreinte d’objectifs politiques. Les combats menés de front par Berlin et Paris commencent déjà à porter des fruits, a-t-il argué, devant un parterre de choix, citant le bouclier commercial annoncé par Bruxelles pour mieux protéger l’acier du Vieux continent.
Les échanges ont vu le levier de la commande publique être érigé comme à activer en priorité tant par son poids – 16 % du PIB européen - que par le souhait du secteur privé de voir la préférence européenne devenir une réalité. Pour que ce soit effectivement le cas, le ministre délégué a expliqué placer ses espoirs dans "des signaux clairs de Bruxelles ". Thomas Steffen s’est quant à lui davantage attaqué à la complexité à laquelle font face les entreprises européennes et s’est félicité des avancées récentes au niveau européen. Pour autant, les différences culturelles entre la France et l’Allemagne n’ont pas été éludées, chacun estimant néanmoins qu’il y avait à apprendre de son partenaire qu’il s’agisse tantôt de la centralisation tricolore, tantôt de la faculté allemande à composer avec un paysage politique éclaté.
Inspirer
Le monde politique a ensuite laissé la parole notamment à Emmanuel Benoist, CEO PwC France et Maghreb, lequel s’est longuement épanché sur l’absence de levier commun d’investissement. Comprenant la prudence face à la mutualisation des risques et des dettes, il a plutôt placé ses espoirs dans le fléchage de l’épargne européenne expliquant qu’elle pouvait constituer un remède aux problèmes de dépendance du continent aux financements extérieurs. De quoi permettre à l’Europe d’arrêter de "peiner à transformer ses atouts en avantages compétitifs globaux ". Le dirigeant attend plus de cette capacité à orienter l’épargne que d’un nouveau traité européen qui ne serait pas la priorité.
Une touche d’humour était présente dans le propos de Denis Ferrand, directeur général de Rexecode, celui-ci expliquant que le plan d’investissement allemand allait nécessiter qu’une culture de la dépense voie le jour chez nos voisins et que "nous (en France ndlr) savons ici dépenser plus que notre budget ". Loin de nier la vision commune portée par Paris et Berlin, il a cependant par la suite redouté qu’une divergence puisse apparaître entre les deux pays par un moindre effort d’investissement de notre côté du Rhin.
Au rang des écueils du côté allemand, il a rappelé que l’une "des contraintes est la capacité à délivrer", l’offre peut être contrainte par le marché du travail et in fine son adéquation avec la population active. Invité à l’instar de Monika Schnitzer, présidente du Conseil allemand des experts économiques, à proposer des solutions pour que l’Europe fasse de ce sursaut une réalité, il est resté pragmatique et a martelé que l’UE n’avait pas su s’emparer collectivement du plan proposé par Mario Draghi l’an passé.
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