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Macro-économie / Taux

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Compétitivité : le Parlement européen sonne l’alarme / Il appelle à un choc de gouvernance

Dans une résolution inspirée du rapport Draghi, les eurodéputés réclament une refonte radicale des mécanismes de décision de l’UE, jugeant que la gouvernance actuelle constitue l’un des principaux freins à la compétitivité et à la puissance européenne.
Parlement européen - Nicolas TUCAT / AFP
Parlement européen - Nicolas TUCAT / AFP

Tout commence par la gouvernance. C’est le message central d’une résolution adoptée par le Parlement européen, consacrée aux aspects institutionnels du rapport Draghi sur la compétitivité. Le texte, qui s’appuie également sur les analyses d’Enrico Letta, ancien Premier ministre italien auteur d’un rapport sur la compétitivité et de Sauli Niinistö, ex-président de la République de Finlande et auteur d’un rapport sur la défense européenne, envoie un signal sans ambiguïté : l’Union européenne ne regagnera pas en influence et en prospérité sans transformer profondément la manière dont elle décide.

Selon les eurodéputés, la crise de compétitivité est moins un problème de vision qu’un problème d’exécution institutionnelle. Le rapport Draghi lui-même souligne l’enlisement d’un appareil décisionnel trop lent, trop fragmenté et trop vulnérable au veto national. L’UE, affirment les élus, s’essouffle non par manque d’idées, mais par incapacité à agir avec cohérence et rapidité.

La résolution insiste ainsi sur un point clé : la gouvernance européenne actuelle n’est pas dimensionnée pour affronter les défis technologiques, géopolitiques et économiques. Avec un écart de Produit intérieur brut (PIB) qui s’est creusé de 15 % à près de 30 % avec les États-Unis en deux décennies, des investissements insuffisants et un retard numérique persistant, l’UE ne peut plus se permettre une mécanique institutionnelle conçue pour une Europe à 15 États, et non à 27, d’après les députés.

Ils réclament avant tout l’extension du vote à la majorité qualifiée aux domaines stratégiques, estimant que le droit de veto est devenu un outil politique dévoyé qu’utilisent certains gouvernements pour “diluer ou retarder l’action européenne”. Le Parlement va plus loin : là où l’unanimité reste impossible, il encourage explicitement le recours à la coopération renforcée, voire des dispositifs intergouvernementaux lorsque les États les plus ambitieux souhaitent avancer.

Autre proposition phare : le renforcement du rôle du Parlement européen lui-même, notamment par l’octroi d’un véritable droit d’initiative législative. Les élus demandent en parallèle de moderniser leurs pouvoirs d’enquête afin d’assurer un contrôle démocratique efficace de l’exécutif européen.

Le texte met également en cause l’organisation interne de la Commission européenne, jugée trop rigide. Le Parlement plaide pour une réorganisation du collège des commissaires, répondant mieux aux grands chantiers transversaux : transition énergétique, souveraineté économique, marché unique, IA et sécurité.

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