Macro-économie / Taux
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En Chine, Emmanuel Macron va miser sur le rééquilibrage de la relation économique / Trois jours de discussions axées commerce, investissements et multilatéralisme
Dans un contexte mondial de tensions et de rivalités, la France espère trouver les mots pour convaincre Pékin d’un partenariat plus équilibré. C’est la mission qu’Emmanuel Macron, président de la République, s’est donnée à l’occasion de sa quatrième visite d’Etat dans l’Empire du milieu qui aura lieu entre le 3 et le 5 décembre.
Selon une source de l’Élysée, cette visite doit permettre de "construire une relation économique et commerciale qui soit équilibrée" entre l’Europe et la Chine. La même source rappelle que la stratégie européenne continue de considérer Pékin comme "un rival systémique, un partenaire et un concurrent ", une triple caractérisation qui "structure notre dialogue avec les autorités chinoises".
Le déplacement intervient alors que le déficit commercial européen vis-à-vis de la Chine se creuse. " Pour la première fois historiquement, l’Allemagne importe davantage de Chine qu’elle n’exporte vers la Chine. Aujourd’hui, la Chine, vous le savez, représente à peu près 17 ou 18 % des exportations mondiales. L’Allemagne, au pic de ses exportations dans les années 2000, représentait un peu moins de 2 % des exportations mondiales", illustre-t-on au Château.
L’Élysée décrit une approche multilatérale des déséquilibres économiques mondiaux. "Il est nécessaire que la Chine consomme plus et exporte moins ; que les États-Unis produisent plus et consomment et importent moins ; et que les Européens épargnent moins et produisent plus", résume-t-on. Ces éléments seront abordés dans les entretiens bilatéraux, notamment lors du tête-à-tête entre les deux chefs d’État à Chengdu. Cette discussion s’inscrira dans un contexte international marqué par les présidences croisées à venir : la France pour le G7, la Chine pour l’APEC (Coopération économique pour l’Asie-Pacifique), les États-Unis pour le G20 et l’Inde pour les BRICS.
La France souhaite également aborder les conditions d’accès au marché chinois, jugées déterminantes pour les entreprises européennes. "Il y a un intérêt à ce que l’Europe et la Chine puissent partager les gains de l’innovation", nous indique-t-on à l’Elysée, qui évoque des discussions attendues sur les investissements et plusieurs secteurs prioritaires.
Sur l’agroalimentaire, certains dossiers ont avancé, comme le cognac, mais d’autres questions restent à régler, notamment sur la viande porcine et les produits laitiers. Cette visite doit aussi déboucher sur de nouveaux accords, dans la lignée des 16 contrats signés lors du Conseil d’entreprise franco-chinois de 2024 (agroalimentaire, énergie, transports, finance, aéronautique). Plusieurs signatures sont attendues jeudi au Palais du Peuple.
L’Élysée note que la relation économique actuelle est favorable à la Chine, tout en estimant que Pékin pourrait également avoir intérêt à une évolution du modèle commercial. "Les grandes entreprises chinoises sont très dépendantes de l’export et leur marché intérieur montre des signes de saturation", fait-on valoir. Dans ce contexte, les Européens rappellent la nécessité d’un "level playing field" garantissant des conditions de concurrence équitables.
Des mesures défensives, comme celles prises sur les véhicules électriques, pourraient continuer à se multiplier si les déséquilibres persistent. Ce sujet figure parmi ceux que le président français souhaite aborder avec Xi Jinping, président de la République populaire de Chine.
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