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Macro-économie / Taux / Chine / guerre des monnaies / Dollar

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Chine / guerre des monnaies / Dollar

L’internationalisation du renminbi se concrétise peu à peu / La monnaie chinoise demeure un nain par rapport au dollar

Un voyage dans l’Empire du Milieu qui s’est révélé riche en enseignements pour les équipes d’Oxford Economics. Celles-ci expliquent avoir constaté que les turbulences géopolitiques ont fait bondir l’attrait pour les alternatives au billet vert. Sa domination n’en est cependant pas totalement remise en cause. Les économistes jugent que la question de la transparence politique de la Chine reste entière.
Le dollar perd quelque peu du terrain. Photo by Guo Dexin / CFoto / CFOTO via AFP
Le dollar perd quelque peu du terrain. Photo by Guo Dexin / CFoto / CFOTO via AFP

Un frémissement bien perceptible. On demeure certes loin de la prédiction choc proposée par Saxo Bank ces derniers jours, cependant chez Oxford Economics on juge que les entreprises publiques et les institutions financières chinoises œuvrent actuellement de concert à l’internationalisation du renminbi. Plus que la dynamique - dont la genèse remonte à une décennie - c’est sa vigueur récente qui interpelle les équipes d’Oxford Economics.

Leur récent passage en Chine leur a en effet permis de constater que le besoin de diversification né des chocs géopolitiques et d’une politique américaine sujette aux volte-face bénéficie à Pékin. De quoi pousser les entités chinoises à privilégier la monnaie locale en matière de règlements. Il s’avère ainsi qu’au cours "des trois premiers trimestres de cette année, les règlements transfrontaliers en renminbi se sont élevés à 13 000 milliards de yuans (soit 1 800 milliards de dollars), soit une hausse de 11 % en glissement annuel ". Ce volume correspond à 39 % du commerce de marchandises de la Chine sur la période et est quatre fois plus important qu’en 2017 et le début de la résurgence des tensions entre Pékin et Washington.

 

Plafond de verre

 

Bien qu’une tendance positive soit également observée à travers "les encaissements et les paiements liés à l’étranger des banques locales pour le compte de leurs clients. La part du renminbi y est passée de 18 % en 2017 à 52 % au cours des trois premiers trimestres de 2025, tandis que la part du dollar a chuté de 71 % à 43 % au cours de la même période ". Cependant bien que la monnaie chinoise ait été incluse dès 2016 dans le panier de droits de tirage spéciaux du FMI et que les experts d’Alpine Macro se fassent l’écho d’un intérêt pour l’allocation d’actifs dans le renminbi, on continue à juger chez Oxford Economics que des obstacles structurels à l’accélération rapide subsistent.

Ses économistes expliquent notamment que "sur le plan national, les contraintes réglementaires et institutionnelles de la Chine et son taux d’épargne élevé limitent la circulation internationale du renminbi " et ce, alors qu’à l’extérieur de ses frontières "les monnaies de réserve établies comme le dollar et l’euro conservent la liquidité du marché et la crédibilité institutionnelle ". Et quand ces dernières cèdent du terrain ce sont davantage des alternatives telle que l’or et les actifs numériques comme les stablecoins qui en profitent.

 

Réformer

 

Les autorités chinoises n’en sont pas dupes et viennent justement de renouveler leur engagement stratégique à développer le rôle international de leur monnaie. Reprenant notamment le contenu de leur 15e plan quinquennal, ce dernier propose d’établir un système de paiements plus indépendant et sécurisé. Une démarche qui vise à gagner la confiance des agents économiques de par le globe, pour l’heure les données SWIFT montrent que la monnaie chinoise reste "relativement mineure dans les paiements internationaux, comparée aux autres devises mondiales. Sa part est passée de 3,75 % à la fin 2024 à 2,47 % en septembre 2025, ce qui contraste avec 46,7 % pour le dollar et 24,0 % pour l’euro ".

La présence mondiale du renminbi est également limitée en ce qui concerne les investissements et les réserves. À fin octobre, il s’avère que les " avoirs étrangers en obligations d’État chinoises, par exemple, ne représentaient que 5 % du total en circulation, soit environ la moitié du niveau observé début 2021, lorsque les opinions baissières sur la Chine dominaient". Ce chiffre est à la fois " inférieur au taux de détention étrangère au Japon (12,2 %) et bien en deçà du taux de détention étrangère d’environ un tiers sur le marché des bons du Trésor américain". La part de marché mondiale des émissions de dette libellées dans la monnaie chinoise ne pèse quant à elle que 0,8 %. La dynamique de diversification des réserves des banques centrales n’a pas bénéficié au renminbi de la même façon que l’or. Les dernières données du FMI révèlent que les banques centrales ont "certes réduit la part du dollar américain dans leurs réserves allouées à 56,3 % à la fin du deuxième trimestre 2025, contre 58,9 % à la fin de 2020, la part du renminbi passant également de 2,3 % à 2,1 % au cours de la même période. Après prise en compte des effets de change, la part du renminbi n’a pas changé de manière significative".

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