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Worldline pousse plus loin le ménage dans son portefeuille / Une nouvelle brique cédée avec PaymentIQ
La feuille de route North Star 2030, dévoilée le 6 novembre lors du Capital Markets Day, n’aura marqué qu’une courte parenthèse dans le flux de cessions d’actifs engagé par Worldline depuis l’été. Le groupe a annoncé le 8 décembre un nouvel épisode de cette revue de portefeuille avec la vente envisagée de PaymentIQ, sa plateforme d’orchestration des paiements, au fonds Incore Invest, sur la base d’une valorisation d’environ 160 millions d’euros. Une opération pour laquelle Perella Weinberg a agi auprès de Worldline en tant que conseiller financier unique et Gernandt & Danielsson en tant que conseiller juridique.
PaymentIQ occupe une position spécifique dans l’écosystème de Worldline. La plateforme permet aux commerçants d’orchestrer plusieurs prestataires de paiement au sein d’une interface unique, afin d’optimiser les parcours de transaction. Ce n’est pas un actif marginal et sa légitimité opérationnelle n’est pas en cause. Mais son positionnement devient aujourd’hui périphérique dans l’architecture industrielle redéfinie par le plan North Star 2030, recentré sur les métiers cœur d’acquisition et de processing en Europe.
Un portefeuille en recomposition rapide
Il s’agit de la quatrième vente décidée par le groupe en moins de six mois. Déjà, en juillet, Worldline avait annoncé la vente des activités Mobilité & Services Web Transactionnels ainsi qu’une partie des Services Financiers à Magellan Partners, pour une valeur d’entreprise pouvant atteindre 410 millions d’euros, sur la base d’un chiffre d’affaires 2024 d’environ 450 millions d’euros, avec un signing intervenu en novembre et un closing attendu au premier semestre 2026. En octobre, le groupe est entré en négociations exclusives avec Shift4 pour ses opérations nord américaines, valorisées 70 millions d’euros pour un chiffre d’affaires 2024 d’environ 60 millions. Tandis qu’en novembre, Worldline a annoncé la cession de l’activité Electronic Data Management, ex Cetrel Securities, au groupe SIX. Ces trois transactions faisaient alors ressortir des proceeds cumulés estimés entre 350 et 400 millions d’euros.
Avec l’ajout de PaymentIQ, le cadrage financier des cessions est désormais revu à la hausse. Worldline anticipe désormais un produit net cash compris entre 510 et 560 millions d’euros pour l’ensemble de ces opérations. Une poursuite des cessions devenue nécessaire pour continuer de consolider le bilan de l’entreprise. Car si le groupe a procédé à une augmentation de capital d’ampleur de 500 millions d’euros, un montant équivalent à sa capitalisation boursière au moment de l’annonce et qui a fortement mis les actionnaires à contribution, et si cette opération a permis d’assainir la structure financière, elle n’a pas pour autant refermé tous les fronts de vulnérabilité.
S & P l’a souligné récemment en confirmant la note ‘BB’de Worldline tout en maintenant une perspective négative. Avant l’annonce de cette opération, l’agence considérait que les ratios de flux de trésorerie et de levier du groupe resteraient encore, au moins partiellement, en zone de fragilité en 2025 et 2026. S & P précisait qu’une dégradation restait possible si le levier devait se maintenir au-delà de 4x ou si le ratio de flux de trésorerie opérationnels rapporté à la dette demeurait durablement inférieur à 10 %. Dans ce contexte, la cession de PaymentIQ va clairement dans le bon sens pour sécuriser le bilan, en apportant un complément de liquidité dans une phase où chaque point de ratio compte.
Un désendettement qui a son revers
Mais elle traduit aussi, en creux, l’étroitesse croissante des marges de manœuvre. Car le groupe se sépare ici d’un actif dont la vente aura un impact sur le chiffre d’affaires, l’EBITDA ajusté et la génération de flux de trésorerie d’environ 50 millions d’euros, 40 millions et 30 millions respectivement pour l’année 2026. Autrement dit, la consolidation financière s’opère au prix d’un affaiblissement mécanique de la contribution opérationnelle à court terme, alors même que l’exécution industrielle du plan North Star 2030 vient de commencer. Le groupe assume d’ailleurs explicitement une phase de transition en 2026, présentée comme une année de "reset" et de consolidation, avant un retour à la croissance à partir de 2027. L’objectif affiché est d’atteindre 4 % de croissance annuelle moyenne sur 2027-2030, pour un EBITDA d’environ 1 milliard d’euros et un flux de trésorerie disponible de 300 à 350 millions.
Or à court terme, comme le souligne Octo Finances, la restructuration de l’activité opérationnelle pèse de plus en plus sur les métriques financières de Worldline. L’impact de 30 millions d’euros sur la trésorerie en 2026 s’inscrit dans un contexte où le groupe anticipait déjà, avant cette opération, une contraction de la génération de liquidité comprise entre 55 et 85 millions d’euros. "Au fur et à mesure des cessions, il devient de plus en plus compliqué pour le groupe de rattraper le retard ou de compenser les pertes de chiffre d’affaires, d’EBITDA et de flux de trésorerie lors des années suivantes", avertit le cabinet.
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