Macro-économie / Taux / AFT / Antoine Deruennes / France
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AFT / Antoine Deruennes / France
L’Agence France Trésor ne chômera pas en 2026 / La France va emprunter un montant record de 310 milliards d’euros
Juste à temps. Antoine Deruennes, le directeur général de l’Agence France Trésor (AFT), ne le cache pas : "c’est un peu tard (pour annoncer le programme indicatif de financement 2026 ndlr), mais c’est la date cette année". C’est un directeur de l’AFT satisfait du travail de ses équipes qui s’est présenté devant la presse ce matin, martelant que le "point essentiel est que l’Agence a entièrement accompli son programme de financement cette année".
Il souhaite inscrire 2026 dans les pas de 2025, mettant en avant la régularité dont a fait preuve l’agence en 2025 et l’agilité qui a été la sienne. Il ne compte pas dévier de cap dans les prochains mois, expliquant "qu’on est prêt à s’adapter à la demande dans l’intérêt du contribuable ". Les remous sur la scène politique ne semblent pas à même de le perturber dans sa mission, le polytechnicien rappelant que "nous commençons l’année sous l’empire de la spéciale, qui permet à l’État de lever l’impôt et d’émettre la dette". Le décret associé a été publié ce matin au Journal officiel et les adjudications pouvant commencer à compter du 8 janvier (les adjudications ayant lieu les jeudis et le 1er janvier voyant les marchés être fermés).
Attentif
Les différentes annonces effectuées ce matin sont en droite ligne avec la volonté d’Antoine Deruennes de "s’adapter à la demande pour assurer la plus grande liquidité aux obligations émises par l’AFT". Cette dernière explique concernant les obligations nominales, qu’elle analysera les perspectives d’émission par syndication tant d’une nouvelle ligne d’une maturité 20 ans que d’une à 30 ans. Un choix qui sera réalisé en concertation avec les Spécialistes en Valeur du Trésor (SVT) et en tenant compte des conditions de marché.
Les changements apportés au document-cadre des OAT vertes en mai dernier pourraient également avoir des effets en 2026. Le patron des "traders de la République” exposant que "le nouveau cadre permet l’inclusion de dépenses nucléaires. Lors de la création de ces titres en 2017, les investisseurs "verts" ne voulaient pas que ce soit le cas". Ce qui n’est plus le cas aujourd’hui et ce d’autant plus que la Commission européenne a également évolué sur le sujet. De quoi voir l’AFT annoncer qu’elle étudiera l’opportunité "de créer par syndication une OAT verte de maturité plus courte que les OAT vertes nominales aujourd’hui existantes". Le patron de l’AFT est revenu sur cette possibilité, expliquant que "traditionnellement les OAT vertes ont plutôt des maturités longues. On a cependant pu constater qu’il y avait également de la demande pour des titres plus courts que ceux à échéance 2039".
Facture
Les conditions de financement dont a bénéficié la France cette année ont également été commentées par Antoine Deruennes. Ce dernier expliquant que le taux moyen pondéré de l’ensemble des émissions est passé de 3,06 % en 2024 à 2,73 % en 2025. Une évolution très largement due à un taux à court terme qui a baissé de 3,39 % à 2,12 %, un phénomène sur lequel le directeur général est revenu. Il a rappelé "qu’à court terme la France emprunte à des taux proches de ceux de la Banque centrale européenne, cette dynamique est donc la conséquence naturelle de la baisse des taux opérée par la BCE".
Concernant la hausse des taux moyens pondérés à moyen et long terme – passant de 2,91 % à 3,14 % - il considère que cette évolution "résulte de l’accroissement du spread entre la France et l’Allemagne et également de la hausse des taux en Allemagne. Le phénomène n’est pas purement français". Le constat n’en reste pas moins un peu plus sévère lorsqu’on se concentre uniquement sur les émissions à dix ans, titre de référence quel que soit le pays, celles-ci ayant vu leur taux progresser de 2,94 à 3,37 % sur la période. Une hausse qui pourrait bien se poursuivre à en croire les projections de taux d’intérêt effectuées à l’automne par l’AFT.
Les remous de la scène politique ne sont sans doute pas étranger aux évolutions récentes et ont pu engendrer une prime de risque supplémentaire pour les investisseurs. L’adjudication suivant l’annonce par le Premier ministre d’alors - François Bayrou - d’un vote de confiance avait vu un repli des taux de couverture (montant demandé par les SVT rapporté au montant adjugé par l’AFT). Pour autant, ceux-ci demeurent largement supérieurs aux niveaux permettant de considérer les adjudications comme bien couvertes par le marché.
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