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Zone euro / Bulgarie / europe
La zone euro accueille la Bulgarie / Une intégration somme toute logique
Un rattrapage à poursuivre. L’arrivée d’un 21e membre au sein de la zone euro avec celle de la Bulgarie est loin d’être le bout du chemin pour le pays d’Europe de l’Est. Plusieurs experts rattachés à la Banque de France soulignent que le respect des critères de convergence a permis à Sofia d’adopter la monnaie unique à compter de ce premier janvier. Pour autant, il demeure très largement à la traîne sur le Vieux continent.
Disposant du PIB par habitant le plus faible de l’Union européenne, cette intégration renforcée doit bénéficier à son économie et, pour devenir une réalité, des défis devront être surmontés tant sur le plan institutionnel que structurel. Il s’avère que la zone euro est déjà le premier partenaire commercial de la Bulgarie. Le trio d’auteurs soulignant dans une publication parue fin décembre, qu’à date de 2024, ce sont "45 % des exportations de biens et services bulgares [qui] sont à destination de la zone euro, tandis que les importations depuis la zone euro représentent plus de 40 % des importations bulgares".
Puzzle
Les exportations bulgares sont composées essentiellement pour l’heure de produits à faible valeur ajoutée et à forte intensité de main-d’œuvre - notamment dans les secteurs agricoles et textile - et il faudra du temps pour que le virage vers des produits plus intensifs en technologie porte ses fruits. On retrouve l’Allemagne au premier rang de ses partenaires commerciaux - représentant près de 14 % des exportations et de 11 % de ses importations de biens et services du pays, suivi de près par la Roumanie, la Turquie et l’Italie. Un virage majeur par rapport à il y a 10 ans où la Russie comptait pour 14 % de ses importations en biens et services, désormais, avec l’arrêt des importations d’hydrocarbures, cette proportion est devenue quasi nulle en 2024.
La balance commerciale des services bulgares est actuellement excédentaire vis-à-vis de la zone euro. Couplé au fait qu’en flux près de 64 % du stock d’investissements directs bulgares se situe dans la zone euro en 2024, et que 76 % du stock d’investissements directs en Bulgarie provient de la zone euro fin 2023, notamment des Pays-Bas, l’ensemble dessine une situation assez limpide pour les trois spécialistes. La Bulgarie est ainsi qualifiée d’économie "déjà fortement euroïsée".
Pas à pas
L’arrivée de ce nouveau membre entérine effectivement une situation où le pays faisait un usage de plus en plus conséquent de la monnaie unique. Les trois auteurs expliquant que le stock de dette publique était à 70 % libellé en euros fin 2024 et qu’au début de l’année 2025, ce sont près "20 % des prêts bulgares – principalement aux entreprises – [qui] étaient déjà libellés en euros, faisant de la monnaie unique la devise étrangère la plus utilisée pour les opérations de crédit".
Le nain économique que représente le pays d’Europe de l’Est, son PIB est de l’ordre de 0,7 % du PIB de l’UE, ne l’empêche pas d’être éligible à des fonds européens. Les experts soulignant qu’au titre la politique de cohésion - 10,7 milliards d’euros sur la période - et du programme européen Next Generation EU (NGEU) - 5,7 milliards d’euros - c’est près de 15,8 % du PIB bulgare de 2024 qui devraient être versé au pays. Leur principal regret est que "la mobilisation des fonds européens pâtit toutefois d’un certain retard, notamment dû à l’instabilité politique, une capacité administrative d’absorption faible et des marchés publics insuffisamment efficaces", en fin d’année dernière ce sont uniquement 32 % du montant NGEU alloti qui avait été déboursé par la Bulgarie.
Pour autant ils soulignent également que La Bulgarie respecte les quatre critères économiques nécessaires pour intégrer la zone euro tels que prévus par les traités. On y retrouve une inflation moyenne sur les 12 derniers mois de 2,7 % en 2024 permettant d’attester la stabilité des prix, des finances publiques soutenables avec des niveaux de dette et de déficit publics de 24,1 % et 3 % du PIB en 2024, des taux d’intérêt à long terme considérés comme contenus (3,9 %, sous le seuil de référence de 5,1 %) et enfin "une volatilité quasi nulle du taux de change du lev au sein du Mécanisme de change européen II, qui définit la bande de fluctuation possible autour d’un cours pivot". L’exemple de l’adoption récente par la Bulgarie de l’euro semble de nature à rassurer les sceptiques étant donné que les effets inflationnistes liés au passage à l’euro sont considérés comme limités et temporaires.
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