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Etats-Unis / vénezuela / pétrole
L’intervention américaine au Venezuela n’a pas bouleversé le marché de l’or noir / Les changements possibles sont plutôt à attendre sur le long terme
Le cours du baril ne se jouera pas dans les prochaines heures. De l’avis des différents observateurs, la prime de risque géopolitique est davantage susceptible de jouer sur le prix du pétrole dans l’immédiat qu’un changement de l’équilibre offre-demande. Il se pourrait bien que le marché soit en mesure de passer outre quelques perturbations immédiates.
C’est notamment l’avis de John Plassard, responsable de la stratégie d’investissement chez Cité Gestion, celui-ci expliquant qu’une hausse "ponctuelle des exportations de 200 000 à 300 000 barils par jour resterait absorbable dans un marché déjà excédentaire, limitant le potentiel haussier immédiat du baril ". Chez Larry Hatheway, responsable des investissements du Franklin Templeton Institute, on considère cependant que pour l’heure le manque de lisibilité sur l’avenir du pays sud-américain rend probable le fait que "les marchés pétroliers sont peu susceptibles d’anticiper une augmentation rapide de l’offre de pétrole brut en provenance du Venezuela".
Mal en patience
Néanmoins, la donne n’est pas la même dès lors qu’on se projette un peu plus loin. Le responsable des investissements expliquant qu’une " stabilité durable au Venezuela, associée à un éventuel accord de paix en Ukraine, pourrait libérer plus de 5 millions de barils par jour sur les marchés mondiaux de pétrole brut d’ici la fin de la décennie". Les quelque 5 % de la production mondiale de pétrole brut qui seraient mis sur le marché conduiraient à exercer une pression à la baisse sur les prix et freineraient durablement l’inflation.
Cependant John Plassard met quant à lui l’accent sur les conditions pour permettre une hausse de 500 000 barils par jour sous deux ans ; au-delà du délai nécessaire pour que cette amélioration soit rendue possible, il faudrait compter pas moins de 10 milliards de dollars d’investissements. Des données qui tendent à laisser penser que le Brent subira "une pression baissière graduelle plutôt qu’un choc brutal". Les quelque 5 millions de barils journaliers supplémentaires évoqués précédemment sont pour l’analyste à attendre dans un horizon de temps encore plus lointain étant donné que même avec "des investissements chiffrés en dizaines de milliards de dollars, le redressement serait progressif, compte tenu de l’état des infrastructures, du caractère extra-lourd du brut et des contraintes techniques". Des sommes qui devraient être investies alors même que la stabilité du pays demeure sujette à caution, tout comme celle des relations diplomatiques entre Caracas et bon nombre de pays du globe.
Débouchés
Reste à savoir quelle sera l’orientation politique des dirigeants du Venezuela lors des prochains mois et années, chez les équipes du Franklin Templeton Institute, on souligne que la majeure partie des exportations récentes de l’or noir vénézuélien ont eu comme destination la Chine. D’éventuelles réallocations sur ce plan-là pourraient nécessiter quelques ajustements pour le marché. Cependant une baisse à très court terme des exportations vénézuéliennes pourrait "être moins importante que ne le suggèrent les chiffres globaux (1,1 million de barils par jour)" arguent les économistes de Natixis CIB et ce précisément "car la majeure partie de ce brut est destinée à la Chine, qui ne fonctionne pas comme un importateur de pétrole classique (disposant d’un large choix d’options de brut sanctionnées et d’une accumulation importante de réserves stratégiques de pétrole ces dernières années afin d’éviter les achats forcés ou sous pression)".
Des experts qui constatent également que "les positions courtes sur le Brent sont actuellement élevées (représentant 30 % et 28 % de l’exposition spéculative totale au cours des deux dernières semaines, soit le niveau le plus élevé depuis 2020) ", de quoi limiter le potentiel de baisse dans un futur immédiat et ce en raison de ces positions déjà prises.
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