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économie; livrets; épargne

Macro-économie / Taux / Trésor / Patrimoine / Financier

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Trésor / Patrimoine / Financier

Les Français ne font pas de folie avec leur patrimoine financier / Des ménages détenant essentiellement des placements situés en Europe

La somme est plus que conséquente. Les près de 6 600 milliards d’euros constituant l’épargne des Français ont attiré les convoitises d’une partie de la classe politique ces derniers mois. Un document élaboré sous la responsabilité de la direction générale du Trésor vient de dévoiler la répartition de ce patrimoine financier. Il s’avère qu’il est majoritairement placé dans des produits proches géographiquement ; 60 % sont situés en France et 80 % dans la zone euro.
Livret A. Photo by Nicolas Guyonnet / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP
Livret A. Photo by Nicolas Guyonnet / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP

Les bas de laine des Français soutiennent largement l’économie nationale. L’exercice auquel se sont prêtés Thomas Faria, adjoint au chef du pôle d’analyse économique du secteur financier à la Direction générale du Trésor, et Alisée Koch, adjointe également au sein de la même institution pour le bureau industrie, économie de la connaissance, innovation, révèle le lien entre le patrimoine financier des ménages et la façon dont il sert l’économie tricolore.

Les deux auteurs avancent que lorsqu’on raisonne en proportion, c’est près de 40 % de ce patrimoine qui est alloué aux fonds propres d’entreprises, 30 % aux obligations – dont un tiers pour la dette des administrations françaises - et 20 % aux prêts destinés aux ménages et entreprises. Les choix effectués sont perçus comme le signe de "l’appétence traditionnelle des ménages pour la garantie et la liquidité ", de quoi largement bénéficier à l’épargne financière.

 

Équilibre

 

Celle-ci se répartit dans des proportions similaires entre "dépôts bancaires (2 127 milliards d’euros au T2 2025), qui représentent 40 % des dépôts totaux des banques, produits d’assurances (2 246 milliards d’euros) et titres (2 167 milliards d’euros) ". Conséquence de la prudence des Français, on constate que "deux tiers des placements (dépôts et assurances) correspondent principalement à des produits de taux contre un tiers à des produits de fonds propres, détenus directement ou auprès d’intermédiaires financiers ".

C’est essentiellement le recours à ces derniers qui explique que l’épargne des ménages finance l’économie tricolore. Un véritable biais domestique existant puisque les placements effectués auprès de ces acteurs - 4 770 milliards d’euros au T2 2025 – "sont placés en majorité en France (58 %) puis ailleurs en zone euro (19 %) et hors zone euro (23 %)". Les banques allant même jusqu’à accorder plus de prêts en France qu’elles n’y reçoivent de dépôts. Un phénomène qui dure avec le temps à en croire les deux auteurs ; ils expliquent que malgré "l’évolution des comportements d’épargne et des supports choisis par les ménages, les emplois finaux de cette épargne dans l’économie demeurent globalement stables dans le temps ".

 

Changement

 

Il faudra peut-être attendre avant de voir des évolutions se produire, cependant on peut discerner d’où elles proviendront. Les dynamiques émergentes sont notamment en lien avec le développement des néocourtiers, considérés comme témoignant d’une évolution des comportements d’investissement des ménages et ce "même si les encours restent pour l’instant limités". L’analyse des flux est plébiscitée par les deux économistes afin d’obtenir une meilleure compréhension de l’allocation future de l’épargne. Pour l’heure, les livrets réglementés ainsi que l’assurance vie sont toujours les placements favoris dans l’Hexagone avec 15 et 20 % des encours.

L’appétence des Français pour l’épargne financière future est d’autant plus importante que le flux a considérablement augmenté atteignant 10,5 % du revenu disponible brut au deuxième trimestre 2025. Ce qui est nettement supérieur - de l’ordre de 4 points de pourcentage - à la moyenne lors de la période 2015-2019. Les auteurs soulignant que "pour la première fois depuis l’année 2000 le taux des ménages allemands" est inférieur à celui des Français. Pour autant l’appétence au risque reste mesurée chez les ménages tricolores, ceux-ci détenant certes à la date du deuxième trimestre 874 milliards d’euros d’actions via les institutions financières tout en affichant leur préférence pour les obligations avec 2 022 milliards d’euros détenus par ce même canal.

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