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Macro-économie / Taux

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Les premiers pas compliqués de l’IA chez France Travail / La Cour des comptes appelle à changer d’échelle et de méthode

Dans un rapport, les Sages de la rue Cambon dressent un bilan nuancé du recours à l’intelligence artificielle par France Travail. Si les outils déployés depuis près de dix ans ont permis des gains d’efficience réels et parfois significatifs, leur gouvernance, leur encadrement juridique et leur intégration stratégique restent largement perfectibles.
Carine Schmitt / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP
Carine Schmitt / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP

L’intelligence artificielle (IA) progresse à France Travail, mais sans véritable boussole. C’est ce qu’on ressent à la lecture d’un rapport de la Cour des compte sur la question. Depuis 2015, l’opérateur public de l’emploi expérimente et déploie des outils d’intelligence artificielle pour mieux accompagner demandeurs d’emploi et entreprises. Ce mouvement s’est accéléré à partir de 2019 avec le programme Intelligence emploi, puis, depuis 2024, avec le programme Data IA, conçu pour intégrer les technologies d’IA générative et renforcer le pilotage de la donnée. À ce jour, 27 cas d’usage sont déployés à grande échelle, principalement au bénéfice des conseillers.

Selon une enquête interne menée en mars 2025, plus d’un agent sur deux déclare utiliser l’IA, dont près de 30 % de façon régulière. Les outils les plus efficaces - analyse automatique de CV, détection d’offres illégales ou assistance à la relation avec les entreprises - ont permis de réduire les tâches répétitives et de libérer du temps pour des missions à plus forte valeur ajoutée. La Cour estime les gains cumulés à 120 millions d’euros entre 2017 et 2025, un montant légèrement supérieur aux coûts engagés.

Sur plusieurs dizaines de cas d’usage testés depuis 2017, 17 ont été abandonnés ou jugés peu utiles. Surtout, l’IA demeure quasi exclusivement cantonnée à l’accompagnement, laissant de côté les fonctions support, pourtant identifiées comme un important gisement de gains d’efficience. La Cour invite également France Travail à accélérer le développement d’outils d’information sur l’indemnisation du chômage, un sujet central dans les échanges avec les usagers.

Le rapport pointe des faiblesses structurelles, jugeant que le pilotage de la donnée reste insuffisant, les informations étant dispersées et parfois obsolètes. Le conseil d’administration, peu mobilisé jusqu’en 2025, n’a été informé que tardivement des principaux programmes, tandis que la stratégie IA manque d’objectifs clairs, d’indicateurs précis et de calendrier.

Les critiques sont plus sévères encore sur un autre terrain, celui juridique et éthique. Analyses d’impact sur la protection des données quasi inexistantes, préparation insuffisante à l’entrée en vigueur du règlement européen sur l’IA, charte éthique peu appliquée : pour la Cour des comptes, la promesse d’une "IA de confiance" n'est pas tenue. Un plan d’actions a bien été engagé au printemps 2025, mais il devra se traduire rapidement par des contrôles systématiques et une gouvernance renforcée.

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